CAMPAGNE DE FRANCE 1814 (1)
Novembre - décembre 1813 - janvier 1814


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16 novembre 1813 : proposition de Francfort

Négociations sur base  des frontières "naturelles" de 1799.

Napoléon accepte le 30 novembre.

Les Alliés refusent et exigent les frontières de 1792 !

 

24-31 décembre 1813 : Combats de Ste-Croix-en-Plaine

Nous commencerons cette campagne de 1814... en 1813.  En effet, le premier combat de cette campagne eut lieu la veille de la Noël à Sainte-Croix-en-Plaine, dans le Haut-Rhin, à quelques kilomètres au sud de Colmar.

Après l'investissement d'Huningue et de Neuf-Brisach et la capture de Colmar par un corps d'armée de l'Armée de Bohème, le Maréchal Victor envoie le 5ème Corps de Cavalerie de Milhaud pour les contrer. Il réussit à reprendre Colmar le 23 décembre. Le lendemain, les 2ème, 6ème et 11ème Dragons (Division Briche) rencontrent l'ennemi, composé des hussards autrichiens du colonel Scheibler, des cosaques d'Elmorsin et de chevau-légers bavarois. Les dragons tuent ou blessent 400 hommes et font 150 prisonniers. Ils repoussent l'ennemi au-delà de Sainte-Croix-en-Plaine.

Le 31 décembre 1813, les Alliés attaquent à nouveau le village, mais il est victorieusement défendu, cette fois par les 19ème, 20ème et 22ème et 25ème Régiments de Dragons (Division Lhéritier).

Pour le centenaire de ces combats, en 1913, un régiment bavarois -alors caserné à Colmar- érigea une stèle à la mémoire des combattants bavarois, autrichiens et russes. On choisit le "Kosakenloch" - trou des cosaques, emplacement présumé d'une fosse commune de 300 victimes des combats, au nord de l’agglomération de Sainte-Croix-en-Plaine, à  l'ouest de la N 422 et du chemin de fer. Les Français érigèrent à côté un monument aux dragons, apparemment également en 1913. Ces monuments furent restaurés en 1985 par l'A.A.C.M.N..

On notera, sur base des données ci-dessus, qu'il semble y avoir eu une confusion entre la date du 24 décembre (1er combat) et la mention des unités qui ont combattu lors du 2ème combat, le 31 décembre.

Sur le monument de gauche, on reconnaît le profil d'un chevau-léger bavarois, avec le casque à chenille typique.

Le monument bavarois ne porte aucune inscription, ce qui s'explique par le fait qu'elles furent martelées en 1945.

En-dessous, l'écusson bavarois aux losanges bleus et blancs.

À LA MÉMOIRE  DES

 DRAGONS VICTORIEUX

 DU GÉNÉRAL

 MILHAUD

STE CROIX 24.12.1813

 19e - 20e - 22e - 25e

REGTS DE DRAGONS

AACMN - 21.9.1985."

 

M. Michel Schaffner, président de l'Union nationale des Combattants de Sainte-Croix-en-Plaine, a eu l'amabilité de nous communiquer quelques précisions intéressantes au sujet de ce monument.

En se basant sur une source de M. Léon Rohn , documentaliste des Archives départementales du Haut-Rhin aujourd'hui décédé, il peut nous donner les éléments suivants.

Le monument a été érigé en décembre 1915 par des soldats bavarois.  Il portait à l'origine l'inscription suivante :

" Hier liegen, gefallen im Reitergefecht bei Heiligkreuz am 24. Dezember 1813, neben Oesterreichern und Kosaken, 21 tapfere Bayern vom 7. Chev. Regiment."

Traduction : "Ici reposent, tombés au combat de cavalerie dans la localité de Sainte Croix en Plaine, le 24 décembre 1813, aux côtés d'Autrichiens et de Cosaques, 21 vaillants Bavarois du 7ème Régiment de Chevau-légers."

Les auteurs de la mise en place du monument en 1915 n'oublièrent pas de signer leur œuvre du souvenir.  Ils firent tailler au dos de la pierre l'inscription suivante :

" In ihrem Gedenken errichteten diesen Gedenkstein im Dezember 1915 die Kameraden der Bayr. Res. Art. Mun. Kolonne Nr 8 der König Bayr. 8 Res. Div."

Traduction : "  Les camarades de la colonne n°8 de la Réserve bavaroise des munitions d'artillerie appartenant à la 8ème Division de Réserve ont érigé ce monument en leur souvenir en décembre 1915."

Pour être complet, une deuxième précision s'impose : signe du temps, dans l'euphorie de la libération, le 5 février 1945, la stèle fut renversée. Elle gisait quelques années dans la brousaille du bosquet, alors en cuvette. Elle fut ensuite relevée mais les inscriptions précitée ont été martelées après la Libération.

UN grand merci à M. Schaffner pour ces précisions intéressantes.

 

Janvier 1814 : St-Marcel

Au nord-est du village de St-Marcel, en Meurthe-et-Moselle, plus précisément au nord-est du hameau de Caulre (à un coup de fusil du champ de bataille de Mars-la-Tour), on trouvera, à l'orée d'un bois, ce qui est marqué sur les cartes IGN comme la "croix des Soldats".

Ici

sont tombés

3 soldats français

victimes de la retraite

de 1814

Je n'ai aucune précision quant à la date, aux faits ou à l'identité des soldats concernés, mais le lieu géographique laisse à penser qu'il doit s'agir de victimes d'une escarmouche en janvier 1814. Toute information serait la bienvenue.

11 janvier 1814 : Epinal

11 janvier 1814 : bataille de Hoogstraten

Une (modeste) plaque existe, le tout est de savoir où et quand elle sera placée !

18 janvier 1814 : Choignes

Choignes ?  Un combat oublié, en fait, si peu connu que beaucoup de sources ne mentionnent même pas (il n'y a rien chez Lachouque, ni chez Tranié), et que celles qui le font, ne mentionne pas de date ou une date erronée ! Ainsi Victoires, défaites, etc....  (tome 23), ne mentionne pas de date, mais Pigeard (dans son Dictionnaire des batailles), qui a manifestement repris les termes de cet ouvrage, a fait une déduction (erronée) sur base de la dernière date mentionnée et donne le 20 ! Vaudoncourt en parle, également sans date.  Par contre, Koch, lui donne.. le 19.  Nous devons à l'érudition de M.  L. Fontaine de ce combat, et à son amabilité de pouvoir reproduire ces deux photos. (Je ne peux que recommander son site très intéressant,  La Haute-Marne sous l'Aigle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pont de Choignes (près de Chaumont), théâtre d'un combat le 18 janvier 1814 entre les grenadiers à pied de la Garde du  maréchal Mortier et les troupes wurtembergeoises. Aucun monument ni aucune plaque pour perpétuer le souvenir de ce succès.

Photo aimablement communiquée par M. L. Fontaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre vue du pont de Choignes. C'est par ce versant boisé que les Wurtembergeois, venant de la  route Bourbonne-les-Bains - Montigny-le-Roi - Chaumont, sont arrivés pour s'emparer du pont, avant
d'en être chassés.

Photo aimablement communiquée par M. L. Fontaine.

20 janvier 1814 : Bülow entre dans Liège


23 janvier
1814 : Tournus - Mâcon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 23 janvier 1814, une colonne française part de Tournus et se dirige vers Macon, occupé par les troupes autrichiennes.  La porte nord de cette ville est occupée par un poste autrichien. Le général Legrand de Mercey, qui commande la colonne française, ordonne le feu des tirailleurs.  Les troupes françaises reconquièrent la ville et en chassent les Autrichiens, qui subissent de lourdes pertes : 10 tués, 40 blessés et 37 prisonniers. Les Français n'ont que quelques blessés.

 

À LA MÉMOIRE
DES GARDES NATIONAUX ET DE TOUS LES BRAVES
QUI SUR L’INITIATIVE DES CITOYENS
L. BIDAT
CHAUSSIER, A. GAUTHIER, L.-G. DE MONTCROC
 ET A. PIOT
J.-FR. DUNAND ÉTANT MAIRE
REPRIRENT MACON AUX AUTRICHIENS
LE 23 JANVIER 1814
 SOUS LA CONDUITE DU GÉNÉRAL LEGRAND DE MERCEY
ET DU COMMANDANT D’ÉTAT-MAJOR CH. BIDAT
FAIT D’ARMES
QUI VALUT À LA VILLE DE TOURNUS
LA CROIX DE LA LÉGION D’HONNEUR
ET CETTE GLORIEUSE CITATION
DU MINISTRE DE LA GUERRE
A L’ORDRE DU JOUR DE LA NATION
EN DATE DU 3 MAI 1815


QUE L’EXEMPLE DE TOURNUS ENFLAMME L’ÉMULATION
DE TOUTES LES CITÉS QUE TOUTES SOIENT DISPOSÉES
À MÉRITER AU BESOIN LES MÊMES ÉLOGES DU SOUVERAIN,
LA MÊME RECONNAISSANCE DE LA PATRIE.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ICI REPOSE
CHARLES BIDAT
CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR
ANCIEN CHEF DE BATAILLON À L’ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL
DE LA GRANDE ARMÉE
NÉ LE 22 MARS 1770
DÉCÉDÉ LE 26 8BRE 1865

 

 

 

 

Charles Bidat, commandant d'état-major, mentionné sur le monument de la ville, repose au cimetière de Tournus, non loin de l'entrée, à droite.  Toute information biographique sur lui ou sur Louis Bidat,  capitaine de la garde nationale de Tournus, serait la bienvenue. Idem pour le Docteur Jean-François Dunand, maire de la ville en 1814.

 

Docteur Dunand

            Maire de

            Tournus

1814                    

 

27 janvier 1814 : combat de Saint-Dizier

Premiers contacts entre l'Armée commandée par l'Empereur en personne et  l'avant-garde de Blücher, qui est repoussée à Saint-Dizier. Napoléon veut empêcher la jonction de Blücher avec Schwarzenberg.


28 janvier
1814 : Droyes

Pas un monument, mais certainement un lieu napoléonien !  En effet, ici, la terre porte encore les traces du passage de l'Empereur.

Sur le territoire de la commune de Droyes (52), au bord de la D12/D13, on trouve le "Carré de l'Empereur". C'est l'endroit qui avait été choisi, le 28 janvier, pour établir la tente de l'Empereur. Les troupes, en marche pour Brienne-le-Château, y passèrent. Finalement, l'Empereur n'y resta pas et passa la nuit à Montier-en-Der, chez le général Rémy Vincent, maire de la ville. L'endroit est émouvant, car on distingue encore nettement les traces des tranchées creusées autour de la tente (visibles sur la photo au pied de la plaque).

 

CARRÉ DE L’EMPEREUR
Au cours de la campagne de France
le 28 janvier 1814, l’Empereur Napoléon 1er
se dirigeant sur Brienne-le-Château a
fait dresser ICI sa tente.

 

29 janvier 1814 : Bataille de Brienne-le-Château

 

Brienne-le-Château

Le tombeau de l'amiral Baste, dans le cimetière de Brienne-le-Château.

ICI

EST MORT POUR LA DÉFENSE DE LA PATRIE

 LE 29 JANVIER 1814,

AU PREMIER COMBAT DE BRIENNE

 LE CTE PIERRE BASTE

 CONTRE-AMIRAL ET GÉNÉRAL COMMANDANT

 UNE BRIGADE DE LA JEUNE GARDE IMPÉRIALE

 

Le général Decouz sera mortellement blessé à Brienne, où il commandait la 3ème division de la Jeune Garde, et décédera à Paris le 28 février 1814.

Il repose dans la 22ème division du Père-Lachaise.

Il est possible de télécharger un dépliant reprenant les 25 nouvelle stèles-pupitres du circuit Napoléon 1814 sur le site de la ville de Brienne :

http://www.ville-brienne-le-chateau.fr/pdf/brochures-ot/pnrfo_depliant_napoleon.pdf

Félicitons-les pour cette excellente initiative !

Rances

Autre témoin des combats de ce 29 janvier 1814 : l'église de Rances, à 10 km au nord de Brienne.  On peut encore clairement y voir les traces des balles et des biscaïens.


Emouvantes traces de ces combats oubliés. Il y a quelques années, on a cru intelligent de les boucher au ciment : heureusement, le ciment est tombé et les glorieuses cicatrices ont reparu !

29 janvier 1814 : Maizières-lès-Brienne

Le 29, jour de la bataille de Brienne, Napoléon rencontre  un de ses anciens professeurs à l’École militaire de Brienne, le père Henrion -et non Henriot-, alors curé de Maizières.  Le soir, il couche dans une maison située route d’Épothémont, (maintenant 3 rue aux Chênes) appartenant à l'époque à M. Bouillevaux, maire de la commune.

Selon Lachouque, il couche au presbytère (aujourd'hui détruit).

















 

 

 

 

Le tombe du père Henrion, ancien professeur du futur Empereur et curé de Maizières-lès-Brienne en 1814, (avec celles des autres prêtres) à gauche de la porte de l'église du village.

 

SUITE : Campagne de France (2) : 1er- 14 février 1814

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