CAMPAGNE DE FRANCE 1814 (2 a)
1er - 14 février 1814
Vous pouvez cliquer sur les panoramas pour les agrandir !
Attention, si vous voulez les voir à leur véritable grandeur (95 cm!), n'oubliez
pas d'adapter dans
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Campagne de France (1) :
novembre 1813- janvier 1814
Campagne
de France (2 a) : 1er- 14 février 1814
Campagne de France (2 b) : 15-28 février 1814
Campagne de France (3 a) : 1er - 15 mars
1814
Campagne de France (3 b) : 16-31 mars 1814
Campagne de
France (4) : avril 1814
Ce qui précède : Campagne de
France (1) : novembre 1813- janvier 1814
01/02/1814
La Rothière
01/02/1814
Dienville
01/02/1814
Bruxelles
01/02/1814
Anvers
02/02/1814
Rosnay-l'Hôpital
02/02/1814
Lesmont
02/02/1814
Piney
03/02/1814
La Chaussée
03-05/02/1814
Clérey
03-08/02/1814
Châtillon
04/02/1814 Saint-Thiébault
04/02/1814
Châlons-sur-Marne
08/02/1814
Chalon-sur-Saône
07-09/02/1814
Nogent-sur-Seine
08/02/1814 Tournai
09/02/1814 La
Ferté-sous-Jouarre
09/02/1814 Avesnes
10/02/1814
Champaubert
11/02/1814
Montmirail
11/02/1814
Sens
11/02/1814
Nogent-sur-Seine
11/02/1814 Sens
12/02/1814
Château-Thierry
13/02/1814
Château-Thierry
13/02/1814 Cuterelles
14/02/1814
Vauchamps
14/02/1814 Soissons
15/02/1814 Meaux
Carte (cliquable) globale pour la campagne de France de 1814

Si vous cliquez sur le nom de la ville sur la carte, vous irez directement à cet endroit.
1er février 1814 : Bataille de LA ROTHIÈRE

Napoléon n'a que 32.000 hommes (et 128 canons) à opposer aux 106
000 hommes et 286 canons des alliés.
st au centre, au village de La Rothière. L'engagement commence à une heure de
l'après-midi et ne cesse qu'à minuit. Napoléon ordonne la retraite vers le
nord-est, sur Troyes pour éviter d'être écrasé par les alliés le lendemain. Les
Français perdent à La Rothière 4.200 tués et blessés et 73 canons (!). En
plus, ils perdent 1 000 prisonniers. La bataille de La Rothière, première
défaite personnelle de Napoléon en France, affecte le moral de l'armée
française, et déclenche des désertions, 4.000 dans les jours qui suivent. Les
alliés ont environ 7.000 pertes.

La bataille de la Rothière.
https://youtu.be/Dw4Pc22dw8c?si=-F8jihtJIvC5e85R
TRANNES
Stèle 10 :
1er février 1814, l’Armée de Silésie mène l’attaque vers La Rothière depuis Trannes.
D18, devant l’ Eglise, à côté du
Monument aux morts (en coordonnées : N48.30124°- E4.58616° ou
48°18'4.46" N 4° 35' 10.17")
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LA ROTHIÈRE

Panorama à l'entrée nord de la Rothière. On a peine à imaginer plus de 100.000
hommes sur cette plaine aujourd'hui si calme...
(Cliquez pour agrandir.)
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BATAILLE
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Le monument commémoratif de la bataille. Il associe les combattants de 1870-71 et de 1914-1918 à ceux de 1814. À son inauguration, en 1923, il était entouré de 4 canons, hélas enlevés par l'occupant en 1942, comme tant de statues.
Étape n°9 du
circuit :
Bataille de La Rothière :
1er
février 1814
Rue Haute, square devant le monument (en coordonnées GPS :
N48.34580°- E4.55690°
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Pour le 190ème anniversaire de la bataille, le 1er février 2004, l'Association Passepoil apposa une plaque commémorative à la mémoire du général Marguet dans l'ancien lavoir de La Rothière.

Morvilliers
À Morvilliers à l'est de Brienne, on trouve
un des rares monuments de la bataille de La Rothière. Cette croix, dite
"de Sainte-Élisabeth" ou, plus clairement, "des Cosaques" marque l'emplacement
d'une tombe commune de la bataille. Elle fut érigée en 1854, mais aucune
inscription ne rappelle les combats.

Vue du nord vers le sud. Les Bavarois venaient donc de
la gauche de l'image, les Français étaient plus ou moins sur une ligne suivant
la route à droite.
Morvilliers fut âprement disputé entre les troupes de Marmont et les anciens
alliés qu'étaient les Bavarois de von Wrede.
1er février 1814, les combats de Morvilliers
Croix des Cosaques, vers Beauvoir, en bordure de
la D2 (en coordonnées : N48.37199°- E4.62057° ou
48°22'18.76"N 4°37'14.14"E)


Détail de la carte.
Vue panoramique sur Morvilliers, du sud vers le nord. La croix est à l'entrée du village, vers le milieu de la photo.
Vue vers l'ouest, vers le carrefour de la
ferme de Beauvoir.

Vue vers la Giberie, axe de l'attaque des troupes de Würtemberg.

Charge des cavaliers wurtembourgeois à La Rothière, le 1er février 1814, par
Knötel.

L'église de Chaumesnil. Contrairement à bon nombre de ses semblables, elle ne
porte pas de traces de la bataille, ce qui est sans doute dû aux restaurations
récentes...
Étape n°8 :
1er février 1814, Chaumesnil.
D11, près de la fontaine à côté de l’église (en coordonnées : N48.35948°-
E4.59643° ou 48°21'34.17"N
4°35'47.13"E)
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Dienville
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Stèle 11 : Dienville
1er février 1814, la défense de Dienville
D11, rue Paul Girard, au chevet de l’église, parvis de la Mairie (en coordonnées : N48.34891°- E4.53204° ou 48°20'55.93"N 4°31'55.28"E)
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- À l'angle de l'avenue Paul Girard (D11) et de la rue du Moulin, calvaire en pierre érigé en 1824 sur une tombe commune de la bataille.
Téléchargez ici la carte du circuit Napoléon 1814, mentionnant les 25 stèles de la campagne de 1814 dans l'Aube : http://musee-napoleon-brienne.fr/sites/default/files/circuit_napoleon_1814.pdf
Vues du champ de bataille de La Rothière du 1er février 1814.
1. Sud de Morvilliers
2. Est de la Ferme de Beauvoir
3. Est de la Giberie
4. Sud de La Rothière vers le Nord
5. Sud de La Rothière vers le Sud
6. Dienville

Le bouclier symbolisant la bataille de La Rothière dans la Befreiungshalle de
Kelheim. Assez bizarrement, le bataille est appelée "bataille de Brienne" !
Stèle 12 : Brienne-la-Vieille
1er février 1814, le pont de
Brienne-la-Vieille
Défaites à La Rothière, les troupes françaises se
replient vers Brienne-le-Château.
Près du pont,établi sur l’Aube, sur la rive ouest. Accès par la D 11b,
sortie ouest de Brienne-la-Vieille, vers Radonvilliers (en coordonnées : N48.37314°- E4.52165°
ou
48°22'23.37"N 4°31'18.23"E)
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La rive ouest de l'Aube, vers le nord
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... et vers le nord.

Peu de temps après la pose de la stèle, un imbécile avait déjà essayé d'arracher la pierre portant le N.

1er février 1814 : chute de Bruxelles
2 février 1814 : Combat de
Rosnay-l'Hôpital
Rosnay-l'Hôpital
Je laisse la parole au Commandant Lachouque :
"Le plateau sur lequel ont pris pied les Bavarois n'a
point changé d'aspect. De là, vous comprendrez ce qui s'est passé sous la neige
le 2 février 1814 au soir, et vous saluerez la poignée de braves du 1er régiment
d'Artillerie de Marine, des 70e et 182e* de Ligne, des 4e et 7e de Cuirassiers
et surtout le major Prost et ses fusiliers du 121e** qui ont ici supporté le
poids des négligences et des fautes avec tant de froide bravoure et de farouche
héroïsme, et permis ensuite, derrière un maréchal de France ayant retrouvé son
ardeur, le repli vers Dampierre des 4.800 fantassins du 6e Corps, sans que les
25.000 Bavarois chargés de les poursuivre, leur chef, les souverains alliés
anxieux, accourus au bruit du canon, se fussent aperçus de leur départ !
Ayant laissé devant Rosnay les cadavres de 53 officiers et 1.045 hommes, de
Wrède est en effet retourné à Brienne... livrant le passage à Blücher dont la
cavalerie franchit pendant la nuit le pont de Rosnay, en route vers Vitry. "
* Il doit s'agir du 132e de Ligne, il n'y eut jamais de 182e de Ligne sous
l'Empire !
** Il s'agit en fait du 131e de Ligne.

La photo est prise du côté bavarois du pont au sud-est de Rosnay, les Français étant retranchés sur l'autre rive. L'église du village, dont parle Lachouque est derrière le bosquet, à gauche de la maison blanche.
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Et voici la vue du côté français, vers le sud
:

Les plaques commémoratives se trouvent sur le mur de gauche :
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Etape 13
2 février 1814, les combats de Rosnay
Terre-plein entre les ponts du village, établi sur la Voire. Accès par la D24
vers Perthes-lès-Brienne (en coordonnées : N48.45691°- E4.50553° ou
48°27'25.09"N 4°30'19.66"E)

Si la plaque au 131e de Ligne se trouve sur les lieux des combats de ce régiment, le 132e de Ligne combattit en fait sur l'autre pont, au sud-ouest du village, près de la ferme de la Garenne. La plaque devrait d'ailleurs être déplacée, mais en mai 2009, cela n'avait toujours pas été fait.

Vue du sud (côté bavarois) vers le nord (positions françaises) au pont où
s'illustra le 132e de Ligne. La ferme de la Garenne est à la gauche de la photo.
A l'arrière-plan, on peut voir les hauteurs où l'artillerie française avait pris
position,
prenant en enfilade le pont. Le village de Rosnay se trouve dans le lointain,
sur la droite de la photo. (Etape
14 du magnifique circuit "Napoléon en 1814" installé par le Parc
naturel régional de la Forêt d'Orient)
Stèle 14 :
Lassicourt
2 février 1814, le site stratégique du pont de la Garenne
Terre-plein à côté du pont, sur la rive sud de la Voire, entre Lassicourt et Rosnay-l’Hôpital, sur la D396
(en coordonnées : N48.44845°- E4.49273° ou
48°26'54.41"N 4°29'33.16"E)

Vue vers le nord, de la rive nord. La ferme de la Garenne est cachée au
centre-gauche, à peu près derrière le bouleau, à un peu plus de 500.
(Cliquez pour agrandir.)
Autre vue vers le nord, de la rive sud
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Stèle 15 :
Lesmont
2 février 1814, le pont de Lesmont
Le dépliant mentionne : D960, chemin qui longe l’Aube au fond du jardin de la Mairie, sous la halle. (en coordonnées : N48.42716°- E4.41200°
ou
48° 26' 11.36")
Nous avons photographié la stèle au bord de l'Aube, près de l'emplacement du pont historique en 1814, en coordonnées 48°25'35.90"N 4°24'41.55"E. Le premier emplacement était peut-être celui prévu à l'origine, ou bien la stèle a été déplacée après notre passage en 2009.

L'emplacement du pont de bois qui existait en 1814.

Stèle 16 : Piney
2 février 1814, coup de main de Piney.
Devant la halle, à côté de la fontaine
(en coordonnées : N48.36343°- E4.33271° ou
48°21'48.12"N 4°19'57.46"E)

Les magnifiques halles de Piney.

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Les halles, la fontaine et la stèle N°16. A l'arrière-plan, la maison habitée par l'Empereur dans la nuit du 2 au 3 février 1814.
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2 Février 1814, Thennelières (suivre le lien)
03/02/1814 La Chaussée-sur-Marne
Le combat de la Chaussée oppose la cavalerie française des généraux Dommanget et
Thiry aux 2 500 hommes de Yorck. L'affrontement se solde par une victoire
prussienne.
3 février 1814 : Début du Congrès de Châtillon
Le 3 février, un nouveau congrès s'ouvre à Châtillon (Côte-d'Or) entre les quatre grandes puissances alliées et la France. Les Alliés sont représentés par le comte Stadion, pour l'Autriche, le baron Humboldt, pour la Prusse, le comte Rasumowsky, pour la Russie et par les lords Aberdeen et Callicart et le général Charles Stewart pour le Royaume-Uni. Le ministre Castlereagh est également présent. Le général Caulaincourt, duc de Vicence, ministre des Relations étrangères, représente la France et a obtenu de Napoléon carte blanche pour signer un traité de paix. Les Alliés déclarent n'accepter que les frontières de la France d'avant 1792 comme seule base des négociations, et refusent qu'elle prenne part à la future réorganisation de l'Europe, mettant ainsi fin au rôle de Napoléon en Europe. Quand Napoléon apprend ces conditions, le maréchal Berthier et Maret, duc de Bassano, qui se trouvent auprès de l'Empereur, lui conseillent de les accepter, mais il refuse.

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DANS CET
HÔTEL S’EST TENU
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Les négociations sont interrompues le 8 février. Il y a des rencontres le 17,
puis le 28 février. Le 10 mars est fixé comme date butoir. Le congrès prendra fin le
19 mars.
3 février 1814 : pont de la Guillotière
Stèle 20 : Clérey
3, 4 et 5 février 1814, les affrontements de
Clérey
Intersection N 71 et D1, près de l’ancienne gare
(en coordonnées 48°11'41.48"N 4°10'45.81"E
ou 48°11'41.48"N 4°10'45.81"E)
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Panorama du champ de bataille de Clérey.
Cliquez pour agrandir.

Carte du combat de Clérey.
04/02/1814 Saint-Thiébault
Les troupes du général Claude Étienne Michel, appuyées par la cavalerie du général Briche, repoussent l'assaut de troupes autrichiennes du prince de Liechtenstein et du comte Colloredo.
7-9 février 1814 : Napoléon est à Nogent-sur-Seine
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Dans cette maison |
Cette maison a été magnifiquement restaurée et est devenue la "Maison à
remonter le temps". Visitez son site Internet
http://la-maison-a-remonter-le-temps.fr/
Toutes les photos de Nogent-sur-Seine sont © La
Maison à remonter le temps.
L'Empereur y logera également du 20 au 22 février 1814.
8 février 1814
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9 février 1814 :
Combat
de La Ferté-sous-Jouarre
Le 9 février, le maréchal Macdonald, qui arrivait de Maëstricht, constamment
serré de près par l’ennemi, se retira tout en combattant sur La
Ferté-sous-Jouarre avec son arrière-garde. L’armée renforcée d’environ deux
mille hommes de nouvelle recrue jetés dans les cadres de trois bataillons aux
ordres du général Minot, occupait déjà la ville.
Soudain l’avant-garde des Russes du général Sacken, qui espérait y entrer le
premier, déboucha par la route de Montmirail et assaillit avec tant
d’impétuosité les divisions Brayer et Molitor, postées à quatre kilomètres en
avant de la ville, qu’elles furent obligées d’abord de se replier.
Mais bientôt la division Albert, qui bivouaquait sur la route de Meaux, s’élança
à leur secours et vint rétablir le combat. Après plusieurs charges énergiques où
les brigades Bigarré, Schœfer et Beauvais luttèrent de valeur, les Russes furent
repoussés avec une perte de quatre cents hommes.
Le lendemain, 10 février, Macdonald fit sauter le pont de La Ferté-sous-Jouarre
et se retira sur Meaux par Trilport, dont il rompit également le pont. A Meaux,
il trouva un camp de huit mille gardes nationaux et s’occupa immédiatement de
réorganiser, avec ces auxiliaires, son corps d’armée qui comprenait à peine neuf
mille hommes.
Frédéric Humbert, L’invasion de 1814 en Seine-et-Marne ,1885.
9 février 1814 : Prise d'Avesnes
Le 9 février 1814, le général Wintzingerode pénètre dans cette place, dont les portes sont ouvertes aux Russes par des femmes armées de pioches. Le corps d'armée de Stroganov s'arrête dans la ville, avec 30.000 hommes et 80 canons, tandis que l'avant-garde, commandée par Tchernitschev se dirige sur Chauny et Laon. Après les Russes, le 3e corps d'armée prussien, sous les ordres du général Bülow, traverse le pays.
Max Bruchet, L'invasion et l'occupation du département du Nord par les Alliés (1814-1818), Revue du Nord, 1920 p. 269. (Nous avons corrigé les noms)
10 février 1814 : Bataille de CHAMPAUBERT

Lorsqu'à la fin de décembre la coalition européenne passa le Rhin et pénétra en France, le plan des alliés était, comme nous l'avons dit à la bataille de la Rothière (1er février), de réunir sur l'Aube la grande armée aux ordres immédiats du généralissime prince de Schwartzenberg, et l'armée dite de Silésie, commandée par le général Blücher, pour de là se porter en masse sur Paris par la route de Troyes. Ce plan, sagement conçu, eût infailliblement amené l'occupation de la capitale de l'Empire français dès le milieu de février, s'il eût été rigoureusement exécuté. Mais timides lorsqu'il fallait de l'audace; audacieux où la prudence était nécessaire; irrésolus pour saisir l'occasion ; opiniâtres quand il fallait céder à la nécessité; les généraux alliés ne surent dans cette mémorable campagne ni attaquer, ni se défendre; et par la mobilité de leurs plans, l'incohérence de leurs mouvements, et tour-à-tour par leur folle sécurité et leur terreur panique, ils se placèrent plus d'une fois dans la honteuse position , avec des forces décuples , d'évacuer le territoire français devant leur faible ennemi, dont leurs nombreuses fautes étaient le plus puissant auxiliaire. Ils réussirent sans doute; car à la longue le nombre finit toujours par l'emporter; mais si l'habileté leur eût été indispensable , ils eussent immanquablement échoué.
Ce n'était qu'après de grands risques que l'armée de Silésie avait effectué sa jonction avec la grande armée austro-russe, près de Bar-sur-Aube, ainsi que nous l'avons vu à la bataille de Brienne (29 janvier) Cependant ce but si vivement désiré, une fois atteint , sembla avoir perdu toute son importance. Au lieu de profiter du désordre qu'avait introduit dans l'armée française la perte de la bataille de la Rothière, et de son affaiblissement , de la forcer à Troyes, où elle s'était retirée, de l'écraser par les masses énormes dont on pouvait disposer, ou de la pousser à outrance sous les murs de Paris, les alliés ne l'inquiétèrent seulement point dans sa retraite. Abandonnant leur premier plan au moment d'en recueillir tous les avantages, les souverains étrangers tinrent un conseil de guerre au château de Brienne, et il y fut décidé que les deux armées austro-russe et de Silésie se sépareraient, que la première continuerait à opérer sur les deux rives de la Seine, et que la seconde retournerait vers Châlons pour arriver sur Paris en longeant la Marne. Le général Blücher se dirigea donc vers Fère-Champenoise ; et dès lors agissant isolément, il n'était plus de communication avec le prince de Schwartzenberg. Celui-ci se porta devant Troyes. Après quelques jours d'inaction, voyant que l'armée française paraissait vouloir tenir dans cette position , le généralissime, n'osant l'aborder de front, résolut de la tourner par la route de Bar-sur- Seine, espérant que cette manœuvre, qui menaçait sa ligne de retraite, la déciderait à se reployer.
L'empereur Napoléon, qui effectivement était décidé à recevoir une seconde bataille sous les murs de Troyes, ne s'inquiéta guère de ce mouvement, qui du reste se faisait avec une extrême lenteur, et se contenta de le faire observer. Mais ayant reçu dans la soirée du 5 février la nouvelle de l'évacuation de Châlons (4 février) par le maréchal Macdonald, ses projets furent entièrement changés par cette- circonstance. Voyant l'armée de Silésie s'avancer isolément sur la Marne, il jugea pouvoir tirer un grand parti de sa marche décousue en se reployant sur Nogent, d'où il serait à même de choisir l'instant de se jeter sur son flanc gauche, si elle continuait à pousser imprudemment le maréchal Macdonald sur la Marne.
En conséquence, toute l'armée se mit en mouvement le 6 février sur Nogent, et sa retraite ne fut point troublée. Arrivé dans cette ville, Napoléon, qui y avait reçu quelques renforts venant de Paris et de l'armée d'Espagne, fit ses dispositions pour défendre les approches de Paris sur les deux rives de la Seine contre l'armée austro-russe, pendant qu'il opérerait sur celle de Silésie. Il laissa vingt mille hommes sous les ordres des maréchaux Oudinot et Victor, qui furent chargés de garder les lignes de l'Yonne et du Loing, les ponts de Nogent et de Montereau. Avec le reste de ses forces disponibles, montant à vingt-cinq mille hommes, il marcha le 9 février sur la Marne, afin de dégager le maréchal Macdonald.
Pour arriver sur le flanc gauche de l'armée de Silésie, Napoléon avait suivi la route transversale qui va de Nogent à Épernay par Villenoxe , Sézanne et Montmirail. Ce chemin, tracé au milieu d'un terrain marécageux, était des plus difficiles, surtout pour l'artillerie ; mais Napoléon s'étant assuré qu'il n'était pas tout-à-fait impraticable, s'y engagea au risque d'y laisser quelques pièces. La Garde impériale, après une marche des plus pénibles , parvint dans la nuit à Sézanne, où elle trouva les corps des maréchaux Ney et Marmont, qui venaient aussi de s'y réunir.
L'armée de Silésie était composée de quatre corps principaux, Kleist, Langeron, Yorck et Sacken, formant un total de quatre-vingt- huit mille combattants. Lorsque le général Blücher s'approcha de la Marne pour agir contre le maréchal Macdonald, il ne pouvait disposer que des deux derniers et de la division Olsoufiev, appartenant au corps de Langeron, occupé encore en grande partie autour des places sur la Moselle. Celui de Kleist venant de Nancy s'approchait de Châlons-sur-Marne, ainsi que la division Kapzewitsch, du corps de Langeron. Toutefois, comme le corps du maréchal Macdonald ne s'élevait pas à huit mille hommes, Blücher n'attendit pas d'avoir toutes ses forces réunies pour marcher contre lui. Dès qu'il fut instruit que le général Yorck était entré à Châlons', il lui prescrivit de pousser le maréchal par la grande route de Château-Thierry, tandis que lui, avec les corps de Sacken et la division Olsoufiev, lui couperait sa retraite sur Meaux par la route qui venant de Châlons passe par Vertus et Montmirail, et joint celle de Château-Thierry à la Ferté-sous-Jouarre. Le général Yorck exécuta ces ordres; mais Blücher mit tant de nonchalance dans son mouvement, que les Français occupaient déjà la Ferté-sous-Jouarre lorsque le 9 février au matin le général Sacken s'y présenta. Ayant été repoussé ce jour-là, il remit au lendemain une nouvelle attaque. Pendant ce temps Blücher était resté à Vertus, attendant le corps de Kleist et la division Kaptsevitch, qui, arrivés à Châlons le 8 au soir, en repartirent le lendemain matin. La division d'Olsoufiev, qui eût été mieux employée à seconder l'attaque de Sacken sur la Ferté, était seule en position à Champaubert. Les divers corps de l'armée de Silésie, ainsi dispersés et séparés par au moins une journée de marche, étaient dans l'impossibilité de se prêter un prompt et mutuel secours , et pouvaient être facilement battus en détail. Toutes les grandes combinaisons du général Blücher, qui avait fait trop ou trop peu contre le maréchal Macdonald, se réduisirent donc à la perte d'un temps précieux, qui ne fut toutefois pas perdu pour son ennemi, et à l'occupation d'une position dangereuse. Il devait payer cher la témérité de sa marche sur Paris, et l'incurie avec laquelle il l'avait dirigée.
Dans la nuit du 9 au 10 février, le comte de Pahlen qui, avec un corps de cavalerie légère battait la campagne entre les deux armées alliées, informa le général Blücher que Napoléon avec le gros de ses forces, ayant quitté la Seine pour marcher sur la Marne, s'avançait vers Sézanne. Il était trop tard pour que l'armée de Silésie pût se concentrer tout entière et faire tête à l'orage; mais Blücher pouvait encore replier sur Montmirail la division Olsoufiev, en l'air à Champaubert, et la réunir là au corps de Sacken, auquel venait se joindre celui d'Yorck. Ce mouvement n'aurait point empêché sans doute l'armée française de déboucher; mais au lieu d'un corps ennemi elle en eût trouvé trois, ce qui eût bien changé les affaires. Loin d'exécuter ce mouvement si simple, Blücher resta stupidement à son quartier-général de Vertus, laissa Olsoufiev à Champaubert, se contenta de rappeler Sacken de la Ferté à Montmirail, et d'ordonner à Yorck de passer la Marne à Château-Thierry pour se réunir à Sacken. Comme s'il eût eu déjà trop de troupes pour résister à l'attaque imminente de son ennemi, le général prussien, loin de faire accourir sur Montmirail les corps de Kleist et de la division Kapzewitsch, les dirigea sur la Fère Champenoise, dans l'intention vague et bien oiseuse de se lier à la grande armée, et de tenir peut-être par-là Napoléon en échec s'il n'avait point encore dépassé Sézanne. Blücher accumulait ainsi faute sur faute, puisqu'il morcelait encore dans ce dernier moment les forces qu'il eût dû réunir autant qu'il dépendait encore de lui. Tous ces ordres de mouvement se donnaient dans la nuit du 9 au 10.
Le 10 février, à dix heures du matin, l'armée française déboucha, ayant en tête le corps du maréchal Marmont, duc de Raguse, que précédait la cavalerie du général Doumerc, et découvrit la division russe d'Olsoufiev en position sur la rivière du Petit-Morin, au pont de Saint-Prix. L'ennemi, qui pouvait encore effectuer sa retraite, préféra défendre le passage. L'empereur ordonna de suite l'attaque.
Les divisions Lagrange et Ricard traversèrent le marais de Saint-Gond, forcèrent le pont de Saint-Prix et poussèrent les Russes jusque sous Baye, où tout le corps se déploya. Mais attaqué de front et de flanc, le général Olsoufiev se retira insensiblement de Baye, s'étendant dans la plaine de Bannay, qu'il occupait fortement. Le duc dé Raguse fit attaquer ces deux villages. Le 4e léger emporta celui de Baye; mais la brigade Pelleport fut repoussée devant Bannay. Dans cet instant, Napoléon dirigea toute son artillerie sur ce point, et fit en même temps soutenir le duc de Raguse par le corps du maréchal Ney, prince de la Moskowa. Le général ennemi, effrayé de la supériorité des forces qui l'attaquaient et inquiet pour sa droite, que menaçait le comte de Girardin, aide-de-camp du prince de Neuchâtel, à la tête des deux escadrons de service, se décida à une prompte retraite, qu'il exécuta sur Champaubert.
Comme les Russes atteignaient ce village, la division Ricard, qui avait longé la lisière d'un bois à droite, rabattit par la route de Châlons, et entrant au pas de charge dans Champaubert, ôta à l'ennemi tout espoir de retraite sur Épernay ou Étoges. Olsoufiev cherche alors à gagner la route de Montmirail. Ce changement de direction occasionne de l'hésitation et du flottement dans les carrés russes; les cuirassiers du général Bordesoulle en profitent; ils chargent avec impétuosité, les acculent aux bois et aux étangs du Désert, et mettent dans une épouvantable déroute le corps entier, qui ne trouve plus de salut que dans la fuite.
Dès lors le combat ne fut plus qu'un horrible carnage; car dans la première chaleur de l'action on fit peu de prisonniers. Douze cents hommes seulement parvinrent à s'échapper à la faveur des bois; douze cents restèrent sur le champ de bataille; plus de trois cents se noyèrent dans les étangs du Désert, et deux mille trois cents furent faits prisonniers. Parmi ceux-ci se trouvait le général Olsoufiev et deux autres généraux ; vingt-et-une bouches à feu, de vingt-quatre qu'avait la division russe, restèrent en notre pouvoir. Notre perte ne s'éleva pas au-delà de six cents tués ou blessés; le général Lagrange fut du nombre de ces derniers.
Tels furent les trophées de cette brillante journée, dont le succès relevant le courage de nos jeunes soldats, abattu par les revers éprouvés dix jours auparavant à la Rothière. Ce terrible échec pour l'armée de Silésie, ne fut que le prélude de la série de revers que devait éprouver le présomptueux et inhabile Blucher. Le lendemain, l'armée française se porta sur les corps de Sacken et d'Yorck. Montmirail et Château-Thierry furent aussi funestes à ces deux corps que Champaubert l'avait été à la division Olsoufiev.
BAYE

Vue au sud de Baye, du sud (à droite) au nord (à gauche), axe de l'attaque de la
division Ricard.
Cliquez sur l'image pour agrandir.
![]()
LE 10
FÉVRIER 1814 |
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Vue panoramique du château de Baye. La tour est à droite.
Cliquez sur l'image pour agrandir.
Ferme de la Hannoterie, au nord de Baye, lieu de combats entre les Russes fuyant
Baye vers Champaubert, et la division Ricard les poursuivant..
BANNAY
Entrée sud du village de Bannay (vers le nord). Tandis que la
division Ricard attaquait les Russes à Baye, la division Lagrange (brigades
Joubert et Pelleport) prenait Bannay.
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«
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Champ de bataille de Champaubert.
Sortie ouest de Champaubert, vue d'ouest en est en passant
par le nord.

Les Gardes d'Honneur saluant l'Empereur à Champaubert.

Sortie nord de Champaubert, d'ouest en est, en passant par le nord.
CHAMPAUBERT
Cliquez pour agrandir la photo ci-dessus.
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de Bordesoulle, de Nansouty. |
Généraux : Ricard, Lagrange, Pelleport, Doumerc, de Girardin, Piquet. |
bataille de Champaubert commandée par l'Empereur Napoléon |
10 |
À la |
MONTMIRAIL |
Monument |

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11 février 1814 : Bataille de MONTMIRAIL
MONTMIRAIL
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Une dernière photo de l'allée devant le château, en 2008.

La même, en 2010. Les arbres bicentenaires qui avaient vu passer l'Empereur ont
hélas été abattus, parce que malades.

Par la victoire de Champaubert (10 février) l'empereur Napoléon avait coupé l'armée de Silésie par le centre, et se plaçant ainsi entre les deux ailes, il les obligeait à fuir devant lui, ou à accepter alternativement un combat dont toutes les chances devaient être à son avantage. Dès que le succès fut décidé , il avait envoyé au maréchal Macdonald, qui s'était retiré à Meaux, l'ordre de reprendre vivement l'offensive, et de pousser, à son tour les corps ennemis qui l'avaient poursuivi, attendu qu'ils allaient dans peu être aux prises avec le gros de l'armée impériale. Le même jour, à minuit, il dirigea sur Montmirail une brigade de la division Ricard, les dragons et lanciers de la Garde, que commandaient les généraux Colbert (Edouard) et Laferrière, sous les ordres du général Nansouty. Ces troupes trouvèrent dans la ville cinq à six cents Cosaques , qu'ils prirent ou mirent en fuite.
Le 11 février, vers cinq heures, Napoléon laissa le maréchal Marmont avec la cavalerie du général Grouchy et la division Lagrange à Étoges pour y observer les deux corps de l'armée de Silésie, qui pourraient déboucher de Vertus, où était le quartier-général de Blücher, cruellement puni de son imprévoyance. Avec le reste de ses troupes, il se mit en mouvement sur Montmirail, où étant arrivé de sa personne à dix heures, il trouva le général Nansouty manœuvrant pour retarder la marche du général Sacken.
En décrivant le combat de Champaubert nous avons dit que le général Sacken avait reçu l'ordre de Blucher de revenir en toute hâte de la Ferté-sous-Jouarre à Montmirail, et que le général Yorck devait également se porter sur cette ville en passant la Marne à Château-Thierry. Le général Sacken, arrivé à Vieux- Maison, s'aperçut qu'il était prévenu à Montmirail. Il était alors prudent de se jeter à gauche pour joindre le corps d'Yorck qui s'approchait; mais le général russe, qui avait avec lui seize mille combattants, pensa pouvoir forcer le corps français, dont il ignorait la force, et il continua son mouvement pour exécuter les ordres de son général en chef. Le combat s'engagea sur les hauteurs entre Vieux-Maisons et Montmirail, près de la ferme de la Haute-Épine, mais sans succès de la part des Russes, qui avaient pris position des deux côtés de la route de la Ferté. A deux heures, la division de la Garde commandée par le général Michel arriva, ayant le maréchal Mortier, duc de Trévise, à sa tête. Napoléon la dirigea vers la Haute-Épine, point sur lequel l'ennemi avait accumulé ses principaux moyens de défense. Il fallut détourner son attention de cette attaque pour la faire réussir. Le général Nansouty se prolongea vers la droite pour lui donner de l'inquiétude sur sa gauche, tandis que le général Ricard, cédant le village de Pomessone à notre gauche, enhardit l'agression de la droite des Russes.
Le général Sacken donna dans le piège; il dégarnit le point important pour renforcer à la fois sa gauche menacée et sa droite victorieuse. Tout-à-coup le maréchal Ney, prince du la Moskowa, à la tête de quatre bataillons de la Vieille Garde commandés par le général Friant, se jette comme un lion dans la ferme de la Haute-Épine. Les tirailleurs, épouvantés, s'enfuient sur leurs masses, l'artillerie se tait, la fusillade est aussi bientôt éteinte, la baïonnette les remplace, et la position est enlevée. Le général Sacken reconnaissant alors sa méprise, sentit qu'il ne lui restait de salut qu'en quittant la route de la Ferté pour s'appuyer au corps d'Yorck, dont les coureurs se présentaient déjà sur la route de Fontenelle. Il commença donc à replier une partie de son aile droite pour traverser la route.
Napoléon, qui était placé à droite de la route, avec ses réserves, voyant les dispositions de l'ennemi, ordonna au général Guyot, commandant la division de cavalerie de la Vieille Garde, qui venait d'être rappelée de l'extrême droite, de faire charger les dragons sur la grande route. Ce brave régiment, commandé alors par le général Dautancourt, part au grand trot, tombe impétueusement sur deux brigades ennemies au moment qu'elles traversaient la route, les enfonce, en fait un horrible carnage, et prend position sur la gauche, où il se reforme, coupant ainsi en deux la ligne russe.
Dans ce moment le corps d'Yorck débouchait de Fontenelle et s'avançait sur la droite des Français. Le duc de Trévise, avec six bataillons de la division Michel, prévient ce mouvement et pénètre dans Fontenelle, où il enlève la plus grande partie du parc ennemi.
Malgré l’échec éprouvé par l'ennemi sur sa gauche et son centre, la division russe Bernodosow, qui tenait l'extrême droite, s'opiniâtrait au village de Marchais sur les divisions Ricard et Meunier, continuant étourdiment à vouloir gagner du terrain. Napoléon se disposa à terminer la journée par la destruction de cette division.
car notre cavalerie avait montré un grand acharnement et fait peu de prisonniers ;il dépassa quatre mille. Ainsi donc, victimes des fautes du général Blücher, les corps d'Olsoufiev et de Sacken venaient d'être complètement défaits. Restait encore celui du général Yorck. Le 12 au matin, Napoléon se mit à sa poursuite vers Château-Thierry, voulant aussi s'en défaire avant de retourner sur ses pas pour faire partager à Blücher le sort de ses lieutenants.

Cette magnifique image de Google Earth donne une bonne idée du champ de
bataille. Les numéros que j'ai placés indiquent l'endroit d'où les photos sont
prises. La ville de Montmirail est dans le coin inférieur droit.

1


1814
11 FEVRIER
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MONTMIRAIL
MARCHAIS
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1814 12 FEVRIER -------- les caquerets nesle château-thierry |
1866 15 AOÛT
CE MONUMENT A été élevé par les ordres de L'EMPEREUR NAPOLéon III --- C'est de cette place que L'EMPEREUR NAPOLEON Ier commanda son armée le 11 février 1814 |
1814 10 FEVRIER CHAMPAUBERT ------- 14 FEVRIER VAUCHAMPS |
2 Une vue vers l'ouest,
à partir du point de vue de l'Empereur, ce 11 février. A gauche de la route, on
distingue le hameau du Tremblay, plus loin, Marchais-en-Brie.
A droite de la route, derrière le bosquet, mais plus loin, la ferme des Grénaux.
Cliquez sur l'image pour zoomer.
3 Vue à partir du Tremblay (parfois écrit Le
Tremblet) en direction de Marchais. L'axe des attaques répétées
de la Division Ricard est indiqué par la flêche.
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AUX GLORIEUX
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Le hameau du Tremblay, qui, comme on peut le constater ici, commence à être défiguré par les nouvelles constriuctions.
Division Ricard (selon
1814, la Campagne de France, de Hourtoulle) effectifs au début de la
campagne :
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- Brigade Boudin - 6e Léger (197 h.) - 9e Léger (130 h.) - 16e Léger (199 h.) - 138e de Ligne (le 3e Bon, 108 h.) - 142e de Ligne ( 95 h.) - 145e de Ligne (261 h.) |
- Brigade Fournier - 2e Léger (112 h.) - 4e Léger (136 h.) - 22e de Ligne (281 h.) - 40e de Ligne (223 h.) - 50e de Ligne (190 h.) - 69e de Ligne (le 3e Bon, 97 h.) - 136e de Ligne (582 h.) - 144e de Ligne (306 h.) |
-
Brigade Clavel - 2e Régiment d'Artillerie de Marine (29 Offr et 205 h.) - 4e Régiment d'Artillerie de Marine (19 Offr et 153 h.) - 132e de Ligne (380 h.) - 142e de Ligne ( 95 h.)
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Elle subit d'énormes pertes durant la bataille, 50 % de ses effectif, soit 800 sur 1600. Huit cents hommes pour cette seule division, alors que les pertes de toute l'armée françaises s'élevèrent, pour cette bataille, à 2000.
5' L'entrée est de Marchais en Brie. C'est ce combat qui a été immortalisé par Horace Vernet.
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BATAILLE DE MARCHAIS
CETTE FERME JADIS NOMMÉE |
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La ferme vue du nord. La plaque est entourée d'un cercle. Les témoins de l'époque disent que l'on retira, après la bataille, 400 corps de ce lieu.
L'église de Marchais fut également le théâtre de durs combats. Le clocher fut criblé d'obus durant la bataille. C'est peut-être pourquoi il n'y en a plus ! Des soldats russes s'y étaient réfugiés.

5 Vue panoramique à plus de 180° du nord vers le sud, à partir de la sortie sud
de Marchais (l'entrée sud du village est visible à gauche sur la photo), avec vue sur le ravin de Coulgis.
De nombreux morts des combats
furent, paraît-il, enterrés en ces lieux. Aucun monument ne marque leur tombe.
Cliquez sur l'image pour
agrandir.

La même vue, un peu plus au sud.
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8 Vue sur la ferme des Grénaux, à partir du nord. Les attaques françaises venaient
de la gauche de la photo. A gauche, route menant plein nord à Chateau-Thierry.
A droite, chemin des Grénaux à la ferme de Plénois. Cliquez sur l'image pour
agrandir.

9
Un autre panorama, cette fois à partir de la ferme des Grénaux. L'ouest et le
sud sont indiqués. La route de Montmirail à Vieils-Maisons va de gauche à droite
de l'image.
Cliquez sur l'image pour
agrandir.
10 L'entrée de la ferme de Plénois. C'était
ici l’aile droite de l'armée française pendant la bataille de Montmirail. Il
fallait à tout prix préserver l'armée d'une arrivée offensive de York.
11 Panorama de la route de la ferme de Plénois
vers la ferme des Grénaux : une des parties les plus disputées du champ de bataille.
Cliquez sur l'image pour
agrandir.
Visite du champ de bataille
Montmirail - Le Tremblay - Marchais - ravin de Coulgis - ferme des Grenaux -
ferme de Plénois - ferme de Courmont.
COURMONT
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AUX DRAGONS APN 2005 |
L'ÉPINE-AUX-BOIS
Il ordonna au général Defrance, commandant la division des Gardes d'honneur, de se porter sur la route de la Ferté jusqu'à hauteur de l'Épine-au-Bois, et là de faire un à gauche pour couper la retraite aux Russes, qui tenaient encore à Marchais. Au moment où les Gardes d'honneur défilaient devant lui, Napoléon leur dit: « Jeunes gens, voilà l'ennemi; il prétend aller à Paris, je vous charge de l'en empêcher. » Cette brave jeunesse, à qui il ne manquait que de l'expérience pour rivaliser avec l'élite de notre cavalerie , jugeant de l'avenir par son courage, s'écria par acclamation: « Il n'ira pas! il n'ira pas! » et s'élança pleine d'enthousiasme. Au même instant deux bataillons de chasseurs de la Vieille Garde, conduits, l'un par le maréchal Lefebvre, duc de Dantzig, l'autre par le grand-maréchal du palais Bertrand, appuyant les divisions Ricard et Meunier, marchent baïonnette croisée sur le village de Marchais, et y pénètrent. Les Russes le défendent d'abord avec fermeté, mais enfin ils en sont chassés. Ils effectuaient leur retraite vers la route avec assez d'ordre, lorsque notre cavalerie tombant sur eux les rompt, les disperse, en sabre un grand nombre , et poursuit le reste jusqu'à la lisière de la forêt de Nogent, dans laquelle la division Ricard pénétrant, fit un grand nombre de prisonniers. La nuit, qui arrêta l'ardente poursuite des vainqueurs, sauva le corps de Sacken d'une destruction totale. Ce général abandonna la route de la Ferté-sous-Jouarre, sur laquelle il craignait de rencontrer le maréchal Macdonald, et se retira pendant la nuit sur Château-Thierry avec le corps d'Yorck , auquel il se rallia.
Quinze cents prisonniers, six drapeaux, vingt-six bouches à feu, et deux cents voitures de bagages, tombèrent en notre pouvoir. Le nombre des morts et des blessés fut considérable ,

Le village, vu du sud.
LA HAUTE-ÉPINE
![]()
Ferme de la Haute-Epine, Quartier-Général Impérial au soir du 11 février
1814.
Bataille de ACMN |
![]() |
La ferme de la Meulière.
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![]() La Haute-Epine, hameau de la Meulière, stèle des APN (2008) aux cavaliers de la Division Defrance. |
![]() |
AUX |

Extrémité occidentale du champ de bataille, au nord de la D933, entre la
Haute-Epine, à gauche, et le hameau de La Meulière, à droite.
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11 février 1814 : Bataille et reddition de Sens
Le même jour où les armes françaises triomphaient sur la Marne, la ville de Sens tombait au pouvoir de l'ennemi.
Le général Alix, après avoir défendu cette ville contre le corps allié du prince de Wurtemberg pendant douze jours, dont deux de bombardement, près d'être forcé, l'évacué et se retire derrière l'Yonne avec la poignée de braves qu'il commandait. Irrité d'avoir perdu tant de monde et de temps devant une ville ouverte et dépourvue de fortifications régulières, le prince de Wurtemberg livra la ville au pillage, et, comme à Château-Thierry, la fureur de l'ennemi ne pouvant atteindre les troupes françaises, retomba sur les innocents habitants ! ! !


Bas-relief représentant la bataille de Sens du 11 février 1814 sur le socle de
la colonne au roi Guillaume de Wurtemberg, sur la grand-place de Stuttgart. Il
commandait les troupes wurtembergeoises en 1814, alors qu'il était Prince
héritier.
(Cliquez pour agrandir.)
11 février 1814 : ATTAQUE DE NOGENT-SUR- SEINE.
Ainsi que nous venons de le voir, en se portant sur la Marne contre l'armée aux ordres du général Blücher, Napoléon avait laissé pour défendre les passages de la Seine les maréchaux Oudinot et Victor, qui devaient retarder la marche de l'armée austro-russe. Dès que le prince de Schwartzenberg eut appris le mouvement de Napoléon, il reprit son offensive sur Paris.
Le maréchal Victor rétrogradant lentement prit position sur la rive droite de la Seine, et laissa pour défendre Nogent le général Bourmont avec les cadres des 11e et 29e légers et ceux du 18e de ligne. Cette ville, accessible de toutes parts, est sans défense contre une incursion; le général Bourmont prit cependant des mesures pour s'y maintenir. On barricada toutes les rues qui aboutissent au pont, et quelques maisons furent crénelées.
Le 11 au matin, le général russe Pahlen se présenta pour entrer dans Nogent ; il fut si vigoureusement accueilli qu'il rebroussa chemin; mais il reparut bientôt, soutenu de la division Hardegg. Trois attaques consécutives échouèrent, et l'ennemi fut contenu hors de la ville. A minuit, le général Bourmont fut blessé au genou ; le colonel Voirol du 18e prit le commandement, et la fusillade continua toute la nuit. Au jour, l'ennemi parvint à enlever les maisons avancées, mais les mêmes obstacles l'attendaient dans l'intérieur. Ce fut vainement qu'il mit le feu dans plusieurs endroits, ses progrès n'en furent pas plus rapides et il n'avança que pied à pied.
Le colonel Voirol eût prolongé encore quelque temps sa résistance, si le maréchal Victor, ayant appris que les Bavarois passaient la Seine à Bray, dont ils s'étaient rendus maîtres, ne lui eût donné l'ordre d'évacuer Nogent. Il effectua donc sa retraite en bon ordre et fit sauter le pont, qui engloutit sous ses décombres un officier et une cinquantaine de Russes qui poursuivaient son arrière-garde avec plus d'ardeur que de prudence.
La conquête de Nogent coûta à l'ennemi plus de dix-huit cents hommes, tandis que les Français en perdirent à peine quatre cents. Le général Bourmont fut récompensé de cette belle défense par le grade de général de division. Nous ignorons si le colonel Voirol obtint aussi quelque récompense.
12 février 1814 : Bataille de
CHÂTEAU-THIERRY
Les journées de Champaubert et de Montmirail (10 et 11 février) si funestes pour l'armée alliée, dite de Silésie, devaient être suivies de journées plus rudes encore. Nous avons dit à Champaubert par quelles fautes le général Blücher se fit entamer, et à Montmirail comment fut battu le corps du général Sacken. L'empereur Napoléon, voyant après ce dernier combat que Sacken s'était rallié au corps d'Yorck, et que ces deux corps opéraient leur retraite sur Château-Thierry, résolut de les poursuivre. Son intention était de revenir sur Blucher resté à Vertus; mais il lui parut possible, en faisant diligence, d'entamer ces deux corps au passage de la Marne, dont il supposait que les habitants de Château-Thierry pouvaient bien avoir détruit le pont. Le 12, au matin, il se mit donc en mouvement avec lès mêmes troupes qui avaient combattu à Montmirail, excepté la division Ricard, qui, fort affaiblie, fut laissée dans cette petite ville à la garde des prisonniers, et la division Friant, qui resta à Vieux- Maisons avec la cavalerie du général Saint - Germain, arrivant de Meaux, dans le but d'observer le débouché de Sézanne.
Toute la route était couverte de débris que l'ennemi laissait après lui pour hâter-sa retraite : des pièces d'artillerie, des caissons, des voitures de bagages, une grande quantité de havresacs, furent recueillis par nos éclaireurs. A moitié chemin de Montmirail à Château-Thierry, nos colonnes atteignirent l'ennemi, qui prenait position sur le plateau en arrière du ruisseau des Caquerets, couvert par un défilé ; la canonnade s'engagea aussitôt, L'infanterie du maréchal Mortier, duc de Trévise, franchit le défilé sous le feu des Prussiens et se déploie à cheval sur la chaussée. Les divisions de cavalerie Laferrière, Lefebvre-Desnouettes, Colbert et Defrance arrivent également sur le plateau ; le maréchal Ney, prince de la Moskowa, en prend le commandement et manœuvre pour tourner la gauche de l'ennemi. Le général Yorck, pour s'opposer à ce mouvement, fait avancer sa cavalerie de réserve encore intacte et forte de trois mille chevaux. Les deux partis se rencontrent entre les fermes du Petit-Bulloy et de la Motte. La première ligne des Prussiens est enfoncée et culbutée sur la seconde, qu'elle entraîne dans sa déroute. L'une et l'autre sont dissipées en un clin d’œil.
Pendant ce temps l'infanterie française, soutenue des escadrons de service, poussait l'infanterie ennemie, qui se repliait rapidement dans le vallon de Château-Thierry. Une seule brigade, qui tenait l'extrême droite, résistait encore; le général Belliard, aide-major-général de la cavalerie de l'armée, se met à la tête des escadrons de service, tourne cette troupe qui, voyant le danger qui la menace, se forme en carré, et la charge de front et en flanc. Malgré leur vive fusillade, les Prussiens ne résistent point à ce double choc, les carrés sont enfoncés, et tout ce qui n'est pas sabré ou pris ne parvient à s'échapper qu'en se jetant à travers un bois, dans une déroute complète.
Dès ce moment l'armée française continua, sans obstacle, son mouvement sur Château- Thierry. En arrivant sur la côte de Nesle, elle aperçut tout le désordre et la confusion de l'armée ennemie, à laquelle il ne restait de salut que de l'autre côté de la Marne; car la route d'Épernay lui était coupée par les dragons de la Garde, qui menaçaient de l'acculer au pont de Château-Thierry, si elle ne se hâtait de le passer.
Cependant, comme en descendant la côte de Nesle, il n'y a de praticable qu'une chaussée étroite à travers des marais, nos troupes ne purent pousser vivement l'ennemi et l'encombrer sur le pont. Le prince Guillaume de Prusse, qui depuis plusieurs jours était à Château-Thierry, sortit de la ville avec deux bataillons pour protéger les fuyards. Napoléon envoya contre eux le général Petit avec deux bataillons des grenadiers de la Vieille Garde, qui les rompit et les poursuivit jusqu'au pont. Le prince ne s'échappa qu'en y faisant mettre le feu. Quatre cents hommes de cette réserve furent faits prisonniers. L'ennemi démasqua alors une batterie de douze pièces placée sur la rive droite, et le feu, de part et d'autre, ne fut éteint qu'à huit heures.
Napoléon établit son quartier-général au château de Nesle, au milieu de la Garde. Pendant la nuit les corps d'Yorck et de Sacken continuèrent leur retraite sur la route de Soissons.
Mais avant d'évacuer Château-Thierry ces barbares étrangers se vengèrent de leur défaite sur les paisibles habitants. Cette malheureuse ville, depuis huit jours était en proie à tous les maux qu'enfante la guerre. Au moment du départ de l'ennemi, elle fut traitée comme une place prise d'assaut, et saccagée. Beaucoup d'habitants périrent; les femmes qui ne purent se cacher, furent livrées à toute la brutalité d'une soldatesque effrénée, plusieurs succombèrent aux excès dont elles avaient été victimes. L'incendie seul manqua à cette atroce et lâche vengeance qu'aucun acte des infortunés citoyens n'avait provoquée. S'il faut en croire le rapport de plusieurs habitants dignes de foi, de telles horreurs ne furent pas seulement le fait de l'indiscipline des soldats; les chefs les ordonnèrent!! !
Soi-disant alliés de la France, vantez-vous ensuite de votre modération, de votre loyauté! Si dans l'histoire des guerres qui depuis vingt-cinq ans ont désolé l'Europe, on veut trouver la violation des conventions les plus sacrées, des promesses les plus solennelles; le meurtre, la dévastation et l'incendie, sans provocation comme sans nécessité; c'est dans vos rangs qu'il faut les chercher. La seule campagne de 1814 n'en offre que trop d'exemples. La générosité française a souvent atténué les calamités de la guerre, votre barbarie les a presque toujours aggravées.
Le lendemain, le pont ayant été rétabli, le maréchal Mortier passa la Marne et se mit à la poursuite de l'ennemi, auquel il fit encore quatre à cinq cents prisonniers. Les fuyards qui s'étaient jetés dans les bois tombèrent entre les mains des habitants du pays" qui, exaspérés de tous les maux qu'ils souffraient, les immolèrent sans pitié. Il périt ainsi plus de deux mille hommes.
Ces deux journées, qui ne coûtèrent pas quatre cents hommes aux Français, causèrent aux alliés une perte de plus de neuf mille hommes , dont quatre mille prisonniers. Elles eussent été plus décisives encore si le maréchal Macdonald, marchant directement de Meaux à Château-Thierry, ainsi qu'il en avait reçu l'ordre, eût tombé sur les vaincus par la rive droite de la Marne, pendant qu'ils étaient poussés sur la rive gauche; mais ce maréchal n'arriva point à temps, et ne put atteindre que l'arrière-garde de Sacken, à laquelle il fit une cinquantaine de prisonniers.
Ainsi débarrassé d'Yorck et de Sacken, Napoléon retourna sur ses pas le 14 février pour compléter la défaite de l'armée de Silésie en traitant le général Blücher lui-même comme ses lieutenants. Ce fut ce même jour, à Vauchamps, que le général français exécuta pleinement ses projets.
La Couture (lieu-dit sur la route de Château-Thierry à Montfaucon), pont sur le Dolloir

Le pont sur le Dolloir vu du sud vers le nord, en direction de l'attaque des troupes de Mortier.
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Bataille de Château-Thierry ------------------ Lors des combats du 12 février 1814 ce pont et ce ru appelé le Dolloir défendus par des Tirailleurs des puissances coalisées furent les premières positions ennemies enlevées par l'infanterie française du maréchal MORTIER Duc de Trévise |
viffort
Vue sur Viffort, d'ouest vers l'est.
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BATAILLE DE CHÂTEAU-THIERRY |
Le capitaine Carabène, avec 50 gardes du 3ème Régiment, traverse Viffort au grand galop et s'empare un peu plus loin de plusieurs pièces d'artillerie fortement défendues.
MONTFAUCON
L'Empereur passa à Montfaucon le 12 février 1814, et il y eut des combats ce
jour-là. Pourtant, le monument commémore un fait d'armes du
4 mars 1814.
ESSISES (à 10 km au sud de Château-Thierry)
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Vous trouverez également sur le site Internet d'Essises de belles photos aériennes qui vous permettront de situer l'endroit et les combats, ainsi qu'un résumé des batailles : La bataille de Montmirail
Ne manquez pas de visiter le musée de la bataille ! Vous trouverez un avant-goût ici : Musée d'Essises.
Et pour visiter le champ de bataille : Randonnées
Les CAQUERETS (hameau dominant le village d'Essises, au nord de celui-ci)
Le monument se trouve sur la place Napoléon. Au moins une
supériorité de ce hameau sur Paris...
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BATAILLE DE LE 12 FÉVRIER 1814
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Ce petit hameau se trouvait au centre du dispositif de von Katzler, couvrant la retraite alliée vers Château-Thierry. Profitant d'une faille dans le dispositif allié, les grenadiers de la Vielle Garde franchissent le Dolloir, escaladent les hauteurs et en chassent les Prussiens. Le hameau fut le théâtre de furieux corps-à-corps. Un diorama au musée d'Essises montre cette phase de la bataille.
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Le plateau de Nesle. A droite, la ferme du Lumeron.
Cliquez sur l'image pour
agrandir.
Nogentel (La Boudinotte)
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BATAILLE DE CHÂTEAU-THIERRY |
Nesles-la-montagne (au SE de Château-Thierry)
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Au soir de la bataille de Château-Thierry, le Quartier-Général Impérial s'établit au château de Nesles. L'Empereur lui-même préféra la ferme du Lumeron.
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CHÂTEAU-THIERRY (lieu-dit les Garats)
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13 février 1814 : Combat de CUTERELLES
Pendant que l'empereur Napoléon manœuvrait sur la Marne contre l'armée alliée dite de Silésie, l'armée austro-russe s'avançait sur la Seine. Le maréchal Oudinot, resté avec le maréchal Victor pour défendre ce fleuve, ayant appris que l'ennemi attaquait Bray, se porta en toute hâte vers cette ville, par la route de Donnemarie, avec la division Rothembourg et la brigade Gauthier, dans l'intention de disputer le passage de la Seine, s'il en était encore temps, ou du moins de combattre les troupes qui pourraient déjà être passées.
Ayant pris position sur les hauteurs du village de Cuterelles , lorsqu'il eut reconnu que le passage était effectué, il y fut attaqué par le corps bavarois commandé par le général de Wrede. Quoique le nombre de l'ennemi fût quintuple de celui des Français, leur position était si bonne, et leur résistance fut si opiniâtre, que de toute la journée ils ne purent être forcés. Toutefois le maréchal Oudinot, qui avait eu six cents hommes et le général Gauthier hors de combat, ne croyant pas pouvoir résister le lendemain à un nouveau choc, effectua sa retraite pendant la nuit, et se replia sur Nangis.
14 février 1814 : Bataille de VAUCHAMPS

Nous avons vu au combat de Champaubert (10 février) comment le général Blücher, commandant l'armée alliée dite de Silésie, causa la défaite successive de ses divers corps, mal adroitement disséminés. Ce général, loin de chercher à réparer ses fautes après que la déroute de la division Olsoufiev lui eut fait connaître les projets de l'empereur Napoléon, ne fit pas seulement éclairer la marche de l'armée française; et avec une imperturbable et sotte sécurité, il resta encore trois jours à son quartier-général de Vertus, de sorte que les corps de Sacken et de Yorck étaient écrasés à Montmirail et Château-Thierry (11 et 12 février), qu'il les croyait encore intacts et réunis tenant en échec le général français qui, selon lui, devait être retourné sur Sézanne, intimidé par les mouvements de l'armée austro-russe sur la Seine. Cependant le 13 février au matin, ne recevant point de nouvelles de ses lieutenants, il résolut de se porter sur Montmirail, pour savoir enfin à quoi s'en tenir.
En conséquence, il se mit en mouvement sur la route de la Ferté-sous-Jouarre, avec les corps de Kleist et de Kapzewitsch, forts de vingt-huit mille hommes. Le maréchal Marmont duc de Raguse, qui, ainsi que nous l'avons dit au 11février, était resté à Étoges avec la cavalerie du général Grouchy, pour observer la route de Châlons, trop faible devant un corps si nombreux, se replia lentement sur Montmirail, et fit prévenir Napoléon , qui venait d'entrer à Château-Thierry. Celui-ci, qui connaissait mieux que Blücher tout le prix du temps , ne balança pas à faire volte-face, pour donner une nouvelle leçon de vigilance au général prussien. Laissant le maréchal Mortier, duc de Trévise, à Château-Thierry, avec les divisions Christiani, Defrance et Colbert, en observation devant les débris des corps de Sacken et de Yorck , il partit le 14, dans la nuit, avec la Garde impériale, le corps du maréchal Ney, prince de la Moskowa, et arriva à huit heures du matin à Montmirail, au moment où le duc de Raguse s'y retirait, poussé par l'avant-garde prussienne. Le mouvement rétrograde s'arrêta aussitôt, et l'ordre de reprendre l'offensive fut donné sur-le-champ.
VAUCHAMPS
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Le duc de Raguse attaqua de front le village de Vauchamps qu'occupaient les Prussiens, tandis que le général Grouchy avec sa cavalerie , à la faveur des bois de l'Échelle, de Hautefeuille et de Sarrechamp, tournait leur position par la droite; l'infanterie et la cavalerie de la Garde étaient placées en réserve sur la route. La réunion de ces divers corps présentait un effectif de dix-huit mille hommes, mais notre cavalerie était plus nombreuse que celle de l'ennemi.
FERME DE SARRECHAMPS (NO de Janvilliers)
Comme on peut encore le voir, cette ferme était un véritable fortin comparable
-toutes proportions gardées- au grenier d'Essling.
Le bataillon de la 10ème brigade prussienne qui la défendait, oublié -
volontairement ou non-pendant la retraite alliée, résista pendant deux
heures avant de se rendre.
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AUX HÉROÏQUES |
Après deux heures d'attaques successives et simultanées sur le village et la gauche de la ligne ennemie, dans lesquelles nous fîmes un millier de prisonniers, le général Blücher céda le terrain et commença sa retraite. Elle s'exécuta en assez bon ordre jusqu'à Janvilliers. Mais à peine les colonnes prussiennes eurent- elles dépassé ce village, que dans un vaste champ à gauche de la route le général Grouchy, avec le premier corps de cavalerie, tombe sur leurs derrières, et accule de fortes masses aux bois entre Sint-Martin d'Ablois et Étoges. Dix-huit cents hommes, coupés par cette charge, mettent bas les armes; deux bataillons qui rentrent dans le village sont cernés et pris, quatre pièces sont enlevées. Dans le même temps notre infanterie, qui suivait l'ennemi, entre au pas de charge dans Fromentière et fait bon nombre de prisonniers. Profitant du désordre, le général Laferrière, à la tête des escadrons de service, charge à son tour plusieurs carrés ; deux tiennent ferme, mais un est enfoncé, et cinq cents hommes sont pris.
JAnvilliers
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PENDANT LA BATAILLE
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Cependant le général Blücher avait rallié ses colonnes, et faisait sa retraite en échiquier, profitant de tous les accidents du terrain, qui facilitaient les chicanes. Napoléon ordonne au général Drouot de faire avancer toute l'artillerie de la Garde ; ce qui fut exécuté avec un tel succès, que pendant deux heures les masses ennemies furent suivies et mitraillées par cinquante bouches à feu, sans pouvoir en mettre plus de six en action.
Quelque meurtrière que fut cette nouvelle attaque, le général Grouchy préparait une plus terrible catastrophe à l'armée de Silésie. Dès qu'il eut exécuté si heureusement sa première charge, prévoyant que l'ennemi allait continuer sa retraite sur Étoges, il partit en diligence, et faisant un circuit il vint à travers bois se placer à cheval sur la grande route en avant de Champaubert. Il avait donné l'ordre au général Coin, commandant l'artillerie, de suivre avec douze pièces légères ; malheureusement la difficulté des chemins les retarda: si elles "-fussent arrivées à temps, c'en était fait de l'armée de Silésie.
Le jour tombait, et le général Blücher continuait péniblement sa marche, lorsque le général Grouchy, qui l'attendait à la tête des divisions Doumerc, Bordesoulle et Saint-Germain , se précipite comme la foudre sur ses derrières. Cette charge, poussée à fond, rompt les lignes, enfonce les carrés, et les met dans le plus affreux désordre. La cavalerie de la gardé arrive avec Napoléon et prenant l'ennemi en queue, achève de porter dans ses rangs la terreur et la mort. Le prince Auguste de Prusse, le général Blücher, les généraux Kleist et Kapzewitsch, entraînés par les fuyards, sont foulés aux pieds des chevaux ; ils restent quelque temps au milieu des Français, mais parviennent à s'échapper à la faveur du désordre et de l'obscurité. Nos cuirassiers sabrant sans résistance au milieu des ennemis dispersés, eussent probablement passé au fil du sabre ou pris jusqu'au dernier homme d'infanterie, si le prince de la Moskowa, craignant de les voir s'égarer dans les bois, n'eût fait sonner le ralliement.
Trois régiments de cavalerie prussienne et quelques bataillons russes étant parvenus à se faire jour, le général Blücher espéra pouvoir rallier les débris de son armée en arrière d'Étoges, mais le duc de Raguse ne lui en donna pas le temps. Malgré l'obscurité, il culbuta l'arrière-garde, qui voulait défendre Étoges, lui fit six cents prisonniers parmi lesquels se trouva le prince Uwarow, qui la commandait, prit huit pièces de canon, et contraignit Blücher à fuir en toute hâte. Là seulement s'arrêta la poursuite; et l'armée française, exténuée de fatigue, prit enfin quelque repos. Les tristes débris de l'armée de Silésie continuèrent pendant la nuit leur fuite sur Châlons, arrosant la route de leur sang, et la jalonnant de blessés. Le lendemain, ils passèrent la Marne, et prirent des cantonnements où les corps de Sacken et d'Yorck se réunirent enfin le 16; mais de quelque jours Blücher, trop maltraité, ne put rien entreprendre.
Ainsi ce général malencontreux, après avoir été stupidement témoin passif du désastre de trois de ses lieutenants, accumulant faute sur faute, vint se faire écraser lui-même par une attaque étourdiment intempestive.
Tel fut le combat de Vauchamps, dans lequel , sans avoir perdu plus de six cents hommes , l'armée française prit vingt pièces de canon, dix drapeaux, cinq mille prisonniers, et mit hors de combat plus de neuf mille hommes. Cette journée fit le plus grand honneur à notre cavalerie, surtout au général Grouchy, dont les manœuvres serrées pour tourner deux fois la ligne ennemie décidèrent la victoire.
Le lendemain du combat de Vauchamps, Napoléon ne craignant plus rien pour le moment de l'armée de Silésie, laissa le duc de Raguse à Étoges, quelques corps volants sur la Marne, et partit avec la Garde impériale et le prince de la Moskowa pour retourner sur la Seine s'opposer aux progrès que l'armée austro- russe faisait sur Paris.
Ainsi, dans le court espace de cinq jours l'empereur Napoléon avait écrasé successivement les cinq corps de l'armée de Silésie, qui marchaient sur Paris par la Marne comme à une conquête assurée. Cette armée perdit dans les quatre combats de Champaubert, Montmirail , Château - Thierry et Vauchamps, trente- deux mille hommes tués, blessés ou prisonniers, et soixante-sept pièces de canon. La perte totale des Français ne fut pas de trois mille hommes.
S'il faut en croire M. Koch (dans ses Mémoires sur la campagne de 1814), dont les assertions paraissent généralement fondées, ces succès, dus en grande partie aux' savantes combinaisons du chef de l'armée française, lui furent plus funestes que favorables. Selon lui, Napoléon, après la bataille de la Rothière (1erfévrier), envisageant avec effroi sa position, et calculant ses ressources, jugea que le destin de l'Italie était attaché à celui de la France. Il prescrivit en conséquence au prince Eugène, vice-roi, de jeter des garnisons dans les grandes places, de repasser les Alpes avec son armée, et d'entrer de suite en action sur la base d’opération des alliés. Cette sage mesure, qui aurait eu d'importants résultats, fut contremandée après Vauchamps. Ce retour de la fortune lui donna l'espoir de la fixer encore, et il révoqua ses ordres.
Extrait de Éphémérides militaires depuis 1792 jusqu'en 1815, ou Anniversaires de la valeur française. Février. par une société de militaires et de gens de lettres, 1820 Pillet aîné (Paris) 1818-1820.
Nous avons modernisé l'orthographe et les noms des lieux, ainsi que quelques autres éléments trop datés de 1820. Nous avons également fait quelques ajouts.
14/02/1814 Siège et prise de Soissons
Pendant que les armées alliées s'avançaient sur Paris par la Seine et la Marne , le général russe Wintzingerode, avec trente mille hommes, marchait aussi sur la capitale de l’Empire français par la route de Laon. Le 14 février, il se présente devant Soissons, défendu seulement par douze cents hommes, et tente de l'escalader. Le général Rusca, qui y commandait, repousse une première attaque, mais il est tué. L'ennemi s'empare de la porte de Laon, pénètre dans la ville et en chasse la garnison, qui y perdit six cents hommes.
15-16/02/1814 l'Empereur est à Meaux
• 5, Place Charles de Gaulle, palais épiscopal. Napoléon arrive tard le soir du 15 février à l’évêché de Meaux. Il est reçu par le vicaire général, l’abbé Lambert. Il est saisi d’une violente colère contre le général Guyot, commandant la deuxième division de cavalerie de la Garde impériale, qu’il accuse d’avoir laissé prendre deux pièces d’artillerie.
Cartes (sauf mention contraire) :Johnston, Alex. Keith, Atlas to Alison's History of Europe, William Blackwood and Sons, Edinburgh and London, 1848.
SUITE : Campagne de France (2 b) : 15-28 février 1814
Campagne de France (1) : novembre 1813- janvier 1814
Campagne de France (2 a) : 1er- 14 février 1814
Campagne de France (2 b) : 15-28 février 1814
Campagne de France (3 a) : 1er - 15 mars 1814
Campagne de France (3 b) : 16-31 mars 1814
Campagne de France (4) : avril 1814