CAMPAGNE DE FRANCE 1814 (2 a)
1er - 14 février 1814

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Campagne de France (1) : novembre 1813- janvier 1814
Campagne de France (2 a) : 1er- 14 février 1814
Campagne de France (2 b) : 15-28 février 1814
Campagne de France (3 a) : 1er - 15 mars 1814
Campagne de France (3 b) : 16-31 mars 1814
Campagne de France (4) : avril 1814
Campagne de France dans le Sud-Est
Campagne de France dans le Sud-Ouest


Ce qui précède : Campagne de France (1) : novembre 1813- janvier 1814

01/02/1814 La Rothière
01/02/1814 Dienville
02/02/1814 Rosnay-l'Hôpital
02/02/1814 Lesmont
02/02/1814 Piney
03-05/02/1814 Clérey
03-08/02/1814 Châtillon
08/02/1814 Chalon-sur-Saône
07-09/02/1814 Nogent-sur-Seine
08/02/1814 Tournai
10/02/1814 Champaubert  
11/02/1814 Montmirail
11/02/1814 Sens
11/02/1814 Nogent-sur-Seine
11/02/1814 Sens
12/02/1814 Château-Thierry
13/02/1814 Château-Thierry
13/02/1814 Cuterelles
14/02/1814 Vauchamps
14/02/1814 Soissons

 

Carte (cliquable) globale pour la campagne de France de 1814

11/02 Montmirail 14/02 Vauchamps 10/02 Champaubert 30/03 Paris 20-21/03 Arcis-sur-Aube 01/02 La Rothière 29/01 Brienne-le-Château 26-27/02 Bar-sur-Aube 03/03 Laubressel 25/03 Fère-Champenoise 26/03 St-Dizier 18/02 Montereau 16-17/02 Guignes-Valjouan-Mormant 20-22/02 Nogent-sur-Seine 13/03 Reims 09-10/03 Laon 07/03 Craonne 08-09/03 Chavignon 12/02 Château-Thierry 27/02 Meaux 08/03 Chaumont 02/03 Bar-sur-Seine

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1er février 1814 : Bataille de LA ROTHIÈRE

Napoléon n'a que 32.000 hommes et 128 canons à opposer aux 106 000 hommes et 286 canons des coalisés.
Au centre, au village de La Rothière. L'engagement commence à une heure de l'après-midi et ne cesse qu'à minuit. Napoléon ordonne la retraite vers le nord-est, sur Troyes pour éviter d'être écrasé par les coalisés le lendemain. Les Français perdent à La Rothière 4.200 tués et blessés et  73 canons (!). En plus, ils perdent 1 000 prisonniers. La bataille de La Rothière, première défaite personnelle de Napoléon en France, affecte le moral de l'armée française, et déclenche des désertions, 4.000 dans les jours qui suivent. Les coalisés ont environ 7.000 pertes.

 

La bataille de Leipzig (18 octobre), si funeste à l'armée française, l'avait contrainte à se replier derrière le Rhin pour se refaire des pertes énormes qu'elle venait d'éprouver dans la désastreuse campagne de Saxe; mais cette barrière fut bientôt impuissante contre les armées alliées, qui, sur tous les points, comme nous l'avons vu à la bataille de Brienne (29 janvier), franchirent ce fleuve et couvrirent nos provinces du nord et de l'est de leurs innombrables bataillons.  Nos troupes, numériquement trop faibles pour lutter avec avantage contre des forces décuples, se retirèrent successivement devant elles, et vinrent, vers la fin de janvier, se concentrer sur la Marne et la Seine, afin de couvrir la capitale de l'empire français.

Les armées alliées étaient divisées en trois corps principaux, sous le commandement du prince de Schwartzenberg, généralissime. L'armée du Nord, forte de quarante mille hommes, commandée par le prince royal de Suède, envahit sans résistance la Hollande, dépourvue de troupes françaises, et où l'insurrection des habitants favorisa ses progrès ; elle s'avança alors du Waal vers la Belgique.  Le feld-maréchal Blücher, commandant l'armée de Silésie, composée de Russes et de Prussiens, et forte de cent trente mille hommes, marchait sur Paris par la grande route de Mayence. Le corps austro-russe dit la grande armée alliée, fort de cent cinquante mille hommes, sous les ordres immédiats du prince de Schwartzenberg, après avoir détaché vers Genève et Lyon un corps de troupes sous le comte de Bubna, ayant passé le Rhin à Baie, s'avançait par la Bourgogne et la Champagne. Ces trois corps principaux recevaient chaque jour de nombreux renforts de l'Allemagne, et vers le milieu de janvier, ils formaient un total de près de cinq cent mille hommes. A la même époque, une armée de cent mille Espagnols, Anglais et Portugais sous les ordres du duc de Wellington, laissant derrière elle les Pyrénées, poussait le maréchal Soult, duc de Dalmatie, dont l'infériorité numérique nécessitait la retraite. Cinquante mille anglo-espagnols étaient opposés au maréchal Suchet, qui se maintenait avec peine aux frontières de la Catalogne. Quatre-vingt mille Autrichiens s'avançaient sur l'Adige, malgré les efforts du prince Eugène, vice-roi d'Italie, obligé de lutter en même temps contre eux et contre l'armée napolitaine , qui venait de s'unir à la coalition. Dans le même temps, une flotte anglaise débarquait des troupes en Hollande, et coopérait aux opérations des alliés sur Anvers.

Indépendamment de cet immense déploiement de forces qui agissaient toutes en première ligne, cent mille alliés, sous les ordres des généraux Bennigsen et Tauenzien, étaient employés aux blocus et sièges des places fortes que les Français tenaient encore sur l'Elbe, l'Oder et la Vistule ; tandis que les réserves russe et autrichienne, estimées ensemble à cent-mille hommes, se réunissaient en Pologne et sur l'Inn : de sorte que, d'après les calculs les plus modérés, les souverains coalisés n'avaient pas mis en action moins de neuf cent cinquante mille hommes pour renverser le génie extraordinaire qui, pendant quinze ans, les avait fait trembler. L'histoire n'offre point d'exemple d'une telle masse d'hommes armés contre un seul adversaire.

Les débris de l'armée française, échappés aux revers inouïs qui l'accablèrent dans deux campagnes consécutives, étaient loin de suffire à la défense du sol de la patrie. Quels qu'eussent été les efforts de l'empereur Napoléon pour résister à la coalition européenne, le défaut de temps nécessaire à l'organisation et à l'armement des levées considérables qu'il avait ordonnées, ne lui permit pas d'utiliser toutes les ressources que possédait encore la France, et qui l'eussent sauvée s'il eût pu les réunir et les employer simultanément. Deux cent soixante mille Français étaient encore, il est vrai, sous les armes, mais dispersés pour ainsi dire sur la surface de l'Europe, ils ne pouvaient s'opposer utilement à l'invasion de la France vers le Rhin. Cinquante mille hommes défendaient les Pyrénées; trente mille étaient en Italie avec le vice-roi; quatre-vingt mille occupaient les forteresses de l'Allemagne, de la Hollande, de la Dalmatie et de l'Italie; il en restait à peine cent mille pour défendre nos frontières du nord et de l'est de l'irruption de cinq cent mille ennemis. Il fallait tout le magnanime dévouement des soldats français, tout le talent de leur général, pour balancer les destins durant une campagne de trois mois.

Napoléon avait aussi divisé ses forces en trois corps principaux. Le général comte Maison fut chargé de défendre la Belgique avec un corps d'abord peu considérable, mais qui devait se recruter des soldats de nouvelle levée ; le maréchal Augereau, avec quinze à vingt mille hommes, dut s'opposer aux progrès de l'ennemi, vers la Provence et le Dauphiné. Soixante mille hommes d'infanterie et huit mille hommes de cavalerie se concentrèrent sur la Marne et la Seine de Châlons à Troyes. Ce fut avec cette poignée de combattants que Napoléon conçut le hardi projet de se placer entre les deux armées ennemies qui s'avançaient par la Lorraine et la Champagne, d'empêcher leur jonction , et de les attaquer alternativement l'une et l'autre, selon que la fortune lui offrirait les occasions favorables.

Nous avons déjà dit (29 janvier), que quoique vainqueur de l'armée de Silésie, Napoléon avait échoué dans son plan dès le début de la campagne. En effet, le feld-maréchal Blücher, qui marchait sur l'Aube vers Troyes, pour s'y réunir à la grande armée, attaqué à l'improviste par son flanc, après avoir soutenu l'effort des Français dans la position de Brienne, quitta sa première direction, et se retira vers Bar-sur-Aube, communiquant par la route de Langres avec le prince de Schwartzenberg qui se portait de cette ville sur Troyes Celui-ci, instruit que l'armée de Silésie courait risque d'être écrasée par l'armée française , se hâta de lui envoyer des renforts considérables; et Blücher, certain d'être fortement appuyé, prit position à Trannes , à l'extrémité de la plaine de Brienne, décidé à livrer bataille à son ennemi.

TRANNES
Stèle 10 :
1er février 1814, l’Armée de Silésie mène l’attaque vers La Rothière depuis Trannes.
D18, devant l’ Eglise, à côté du Monument aux morts
(en coordonnées : N48.30124°- E4.58616° ou 48°18'4.46" N 4° 35' 10.17")

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'empereur, qui voyait s'évanouir l'espoir de manœuvrer contre une des deux armées isolées, suivit cependant l'armée de Silésie dans sa retraite. Pendant la journée du 30 janvier, notre avant-garde, aux ordres du général Grouchy, échangea plusieurs volées de coups de canon jusqu'à la nuit. Le 31, Napoléon, étonné de ne pas voir le feld-maréchal Blücher continuer sa retraite, disposa ses troupes pour une affaire générale, soit qu'il fût attaqué, soit qu'il devînt assaillant; de la droite à la gauche elles occupaient Dienville, la Rothière, Petit-Mesnil, la Giberie et la Chaise, et en arrière, à droite de ce dernier village, celui de Morvilliers.

Le feld-maréchal Blücher, prévenu que les renforts qu'on lui envoyait arriveraient à Trannes dans la matinée du 1er février, fixa son attaque pour ce jour-là, à midi, et resta immobile toute la journée du 31. Napoléon ne se méfia point de cette inaction. Ayant été faussement informé que la grande armée alliée se montrait en force sur la route d'Auxerre, il resta en présence de l'armée de Silésie avec l'espoir de l'entamer, si elle venait à continuer sa marche rétrograde. Le mouvement continuel qu'il aperçut toute la matinée du  1er février dans l'armée ennemie commença toutefois à lui donner quelque inquiétude; il devait supposer, en effet, que le général prussien l'attaquerait dès le matin, ou que, décidé à se réunir au prince de Schwartzenberg, il continuerait son mouvement de retraite. Il soupçonna dès-lors qu'on l'avait trompé sur la direction prise par la grande armée, et que Blücher ne cherchait qu'à le tenir en échec pendant qu'elle marchait sur Troyes pour le déborder. Il prit donc le parti de retourner en toute hâte sur cette ville, où se trouvait le duc de Trévise:  déjà même le corps du maréchal Ney, prince de la Moskowa, était en route pour le pont de Lesmont, lorsqu'il fut instruit vers midi, par le général Grouchy, qu'il s'opérait de grands mouvements dans la ligne ennemie. Il monta aussitôt à cheval, parcourut les avant-postes, et jugeant que Blücher s'était enfin décidé à reprendre l'offensive, il rappela le prince de la Moskowa, et ordonna à la division Rottembourg, bivouaquée à hauteur de Brienne depuis la veille, de se tenir prête à se porter en avant.

La jonction de l'armée de Silésie avec la grande armée alliée porta les forces ennemies concentrées à la Rothière à cent six mille hommes; les troupes avec lesquelles Napoléon attaquait le feld-maréchal Blücher ne s'élevaient pas au-delà de trente-six mille par suite des divers détachements postés sur la Marne ou à Troyes.

Vers une heure, les colonnes ennemies parurent en vue des avant-postes dans la plaine de la Rothière et dans le bois de Beaulieu. L'action s'engagea aussitôt sur toute la ligne.

Le comte de Giulay, qui se trouvait à la gauche avec un corps autrichien, attaqua notre droite, où se trouvait le général comte Gérard. Il tenta vainement de forcer le pont de Dienville, défendu par les brigades Boudin, Pelleport et la division Dufour. Le général Gérard fit de si bonnes dispositions, que l'ennemi échoua dans ses projets, et fut constamment repoussé par nos jeunes soldats, qui voyaient le feu pour la première fois.

Dienville

On notera encore de nombreux impacts dans la façade de l'église Saint-Quentin de Dienville. Entourés de bleu : les impacts. Entourées de rouge : quelques balles incrustées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stèle 11 : Dienville
1er février 1814, la défense de Dienville
D11, rue Paul Girard, au chevet de l’église, parvis de la Mairie (en coordonnées : N48.34891°- E4.53204° ou 48°20'55.93"N   4°31'55.28"E)

 

- À l'angle de l'avenue Paul Girard (D11) et de la rue du Moulin, calvaire en pierre érigé en 1824 sur une tombe commune de la bataille.

Au centre, le village de la Rothière fut attaqué par le corps russe du général Sacken. Mais accueilli par un feu roulant dirigé des jardins et des maisons, chargé à plusieurs reprises par les divisions de cavalerie Piré, Colbert et Guyot. Cette colonne était entamée, et commençait un mouvement rétrograde, lorsqu'elle fut secourue par un corps de cavalerie de réserve du général Vassiltschikow. La cavalerie ennemie tomba sur la cavalerie française au moment où celle-ci, désunie par l'effet de plusieurs charges consécutives, se ralliait. Le choc fut rude, nos escadrons furent enfoncés et ramenés jusqu'auprès de Brienne-la-Vieille, malgré les efforts des divisions Lefebvre-Desnouettes, Pac et Briche, qui tentèrent de prendre cette cavalerie en flanc. Vingt-quatre pièces d'artillerie restèrent au pouvoir de l'ennemi.

Encouragée parce premier succès, l'infanterie russe marcha de nouveau sur la Rothière. Presque toute la division Duhesme, qui défendait ce village, fut enlevée, les débris se réfugièrent dans Petit-Mesnil ; quelques vieux soldats se retranchèrent dans les maisons, et y vendirent chèrement leur vie.

LA ROTHIÈRE


Panorama à l'entrée nord de la Rothière. On a peine à imaginer plus de 100.000 hommes sur cette plaine aujourd'hui si calme...
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BATAILLE
DE
LA ROTHIERE
1ER FEVRIER 1814
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A
LA
MEMOIRE
DES
ENFANTS DE L'AUBE
MORTS
POUR
LA
PATRIE
EN
1814
1870-1871
1914-1918
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A
SES
VAILLANTS
DEFENSEURS
LA
CHAMPAGNE
RECONNAISSANTE

Le monument commémoratif de la bataille. Il associe les combattants de 1870-71 et de 1914-1918 à ceux de 1814. À son inauguration, en 1923, il était entouré de 4 canons, hélas enlevés par l'occupant en 1942, comme tant de statues.

Étape n°9 du circuit :
Bataille de La Rothière :
1er février 1814
Rue Haute, square devant le monument (en coordonnées GPS : N48.34580°- E4.55690° ou
48°18'4.46" N 4° 35' 10.17" ).

 

 


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Peut-être le seul témoin des combats de ce triste 1er février 1814 : l'église de La Rothière. Située au N.E. du village, à l'emplacement du corps de Victor, elle subit de graves dégâts lors des combats, mais fut restaurée sans trop de transformations.

 

Pour le 190ème anniversaire de la bataille, le 1er février 2004, l'Association Passepoil apposa une plaque commémorative à la mémoire du général Marguet dans l'ancien lavoir de La Rothière. Elle a maintenant été déplacée sous le porche de l'église.

Notre gauche, où commandait le maréchal Victor, fut abordée par le prince royal de Wurtemberg. Nos tirailleurs, dépostés du bois de Beaulieu, se retirèrent sur la Giberie. L'ennemi les y suivit et s'empara du village, mais il ne le garda qu'un instant. Le maréchal Victor le reprit, et le prince royal ne renouvela pas son attaque.

Dans le même temps le comte de Wrede, avec un corps austro-bavarois, cherchait à déborder notre extrême gauche. Ayant débouché de la forêt de Soulaine devant le village de la Chaise, sous le feu du corps du maréchal Marmont, duc de Raguse, il s'avança en deux colonnes sur Chaumesnil et Morvilliers. L'ennemi, qui attaquait avec des forces quintuples, surmonta tous les obstacles que lui opposèrent nos troupes, et vint aborder Chaumesnil, que défendait la brigade Joubert. Ce village fut emporté. Le duc de Raguse, voyant ainsi sa droite découverte, fut contraint d'évacuer Morvilliers, où il avait tenu jusqu'alors sous la protection de son artillerie, et de rejoindre sa première brigade en avant du bois d'Anjou.

Morvilliers
À Morvilliers à l'est de Brienne, on trouve un des rares monuments de la bataille de La Rothière.  Cette croix, dite "de Sainte-Élisabeth" ou, plus clairement, "des Cosaques" marque l'emplacement d'une tombe commune de la bataille. Elle fut érigée en 1854, mais aucune inscription ne rappelle les combats.

Vue du nord vers le sud. Les Bavarois venaient donc de la gauche de l'image, les Français étaient plus ou moins sur une ligne suivant la route à droite.
Morvilliers fut âprement disputé entre les troupes de Marmont et les anciens coalisés qu'étaient les Bavarois de von Wrede.

1er février 1814, les combats de Morvilliers
Croix des Cosaques, vers Beauvoir, en bordure de la D2 (en coordonnées : N48.37199°- E4.62057° ou 48°22'18.76"N   4°37'14.14"E)

 


Détail de la carte.

 

Vue panoramique sur Morvilliers, du sud vers le nord. La croix est à l'entrée du village, vers le milieu de la photo.

Instruit de cet échec, Napoléon, qui appréhendait que l'ennemi ne dirigeât ses masses sur ce point pour prendre sa ligne à revers et acculer ainsi l'armée française à l'Aube, accourut avec la division de cavalerie du général Guyot, et une batterie soutenue d'une brigade de la division Meunier. Mais ce renfort ne rétablit pas l'équilibre. Notre artillerie, contrebattue par l'artillerie ennemie, fut bientôt réduite au silence. La cavalerie austro-bavaroise en profita pour exécuter une charge dans laquelle elle enleva sept pièces et une centaine d'hommes.

Les progrès décisifs du comte de Wrede, coïncidant avec la grande charge du centre, Napoléon jugea la bataille perdue, et dès ce moment disposa tout pour la retraite. Toutefois, pour opérer une diversion qui la lui facilitât, il prescrivit au maréchal Oudinot, duc de Reggio, de marcher sur la Rothière avec la division Rottembourg, et de chercher à y rentrer.

Cette division arriva devant le village à la chute du jour, au moment où le général Colbert, par une charge heureuse, venait d'y refouler les Russes. Saisissant l'à-propos, le général Rottembourg y pénétra avec la première brigade, divisée en trois colonnes; celles de droite et du centre aux ordres du général Marguet et du colonel Trapier, à travers une grêle de balles et de mitraille, parvinrent jusqu'à l'église.  Mais là, ayant été chargées par deux divisions russes et une brigade autrichienne, conduite par le général Blücher en personne, elles furent ramenées jusqu'au bout du village.

Pendant ce temps, le général Rottembourg, avec sa colonne de gauche, rencontra inopinément une colonne russe qui débouchait de la Rothière. Nos conscrits, peu accoutumés à de semblables rencontres, font une décharge mal dirigée, et se pelotonnent de manière à ne pouvoir ni avancer, ni reculer, ni recharger leurs armes. L'officier commandant le corps russe, attribuant leur immobilité à l'intention de se rendre, s'avance vers le général Rottembourg, qui les exhortait à le suivre, et lui propose de mettre bas les armes. Celui-ci, croyant, au contraire, que l'officier russe, qu'il croyait coupé par ses deux autres colonnes, voulait parlementer, s'approche de lui, reconnaît son erreur et cherche à le faire prisonnier. Une lutte s'engage entre eux et suspend un instant les coups des deux partis. L'officier russe s'échappe enfin, et donne aux siens l'ordre d'avancer. Les Français, revenus de leur première surprise, soutiennent vigoureusement le choc, et le général Rottembourg, faisant mitrailler à bout portant l'ennemi, le force à rétrograder. Il parvint alors à rallier les débris de ces deux premières colonnes à quelque distance en arrière du village.

Tandis que ceci avait lieu au centre, le prince royal de Wurtemberg ayant été renforcé par une division d'infanterie et deux de cavalerie, renouvela son attaque sur la Giberie. Le poste fut vaillamment défendu, mais forcé de céder au nombre, le maréchal Victor se retira entre Petit-Mesnil et Chaumesnil, vivement poursuivi par l'ennemi, qui emporta le premier de ces deux postes. Mettant à profit ce succès, le prince royal fit filer sa cavalerie vers la Rothière, qui, chargeant à l'improviste et dans l'obscurité la cavalerie du général Milhaud, prise de flanc, la mit en désordre et la poussa jusque sous la ferme de Beugné, où elle se rallia. Six pièces d'artillerie légère restèrent aux mains de la cavalerie ennemie.


CHAUMESNIL


Vue vers l'ouest, vers le carrefour de la ferme de Beauvoir.

 


Vue vers la Giberie, axe de l'attaque des troupes de Würtemberg.


Charge des cavaliers wurtembourgeois à La Rothière, le 1er février 1814, par Knötel.


L'église de Chaumesnil. Contrairement à bon nombre de ses semblables, elle ne porte pas de traces de la bataille, ce qui est sans doute dû aux restaurations récentes...

Étape n°8 :
1er février 1814, Chaumesnil.

D11, près de la fontaine à côté de l’église (en coordonnées : N48.35948°- E4.59643° ou 48°21'34.17"N  4°35'47.13"E)

 

Tel était l'état des choses vers huit heures, lorsque Napoléon, informé de l'issue peu heureuse de la diversion sur la Rothière et des progrès de l'ennemi sur la gauche, ordonna au général Drouot d'incendier la Rothière afin de contenir les alliés sur ce point pendant que l'armée opérerait sa retraite sur Brienne. Déjà le maréchal Ney, prince de la Moskowa et la cavalerie de la garde avaient repris le chemin du pont de Lesmont.

La retraite s'effectua de la gauche à la droite avec un ordre qu'on n'aurait osé attendre de troupes neuves, exténuées de fatigue et de faim. Le duc de Raguse commença le mouvement et alla se former à l'embranchement des deux chemins. Le duc de Bellune bivouaqua en arrière de la ferme de Beugné. Le duc de Reggio ne se retira de devant la Rothière qu'après l'avoir vu en flammes, et retourna dans les bivouacs qu'il avait occupés la nuit précédente. Quant au général comte Gérard, il ne céda le pont de Dienville qu'à minuit. La cavalerie du général Milhaud couvrit la plaine.

Les diverses attaques qui eurent lieu dans l'armée française vers la fin de la journée, l'ordre et le calme avec lesquels sa retraite s'effectua, firent longtemps douter le général Blücher que l'empereur Napoléon se tînt pour battu. Satisfait d'avoir gagné le champ de bataille, il ne poursuivit pas les Français, et bivouaqua un peu en avant de la ligne qu'il avait défendue.

Dans cette malheureuse affaire, la perte des Français fut énorme ; elle s'éleva à cinquante-quatre bouches à feu et à près de six mille hommes, dont deux mille quatre cents prisonniers. Le général Marguet fut tué et le général Forestier grièvement blessé. La perte des alliés dépassa huit mille hommes, mais ils eurent peu de prisonniers.

Quoiqu'heureuse de n'être pas poursuivie, l'armée française était dans une situation trop inquiétante, pour que son chef lui accordât sur la rive droite de l'Aube un repos dont elle avait si grand besoin. Après une courte halte à Brienne, elle se mit en marche le 2 février, de grand matin, sur Lesmont, à l'exception du duc de Raguse et du premier corps de cavalerie, qui eurent ordre de se porter sur Rosnay.

Vers huit heures du matin, l'ennemi fit avancer sa droite et entra dans Brienne après une courte canonnade; mais il était trop tard pour inquiéter la retraite de l'armée française ; elle avait déjà passé l'Aube, en partie, et le maréchal Ney, qui formait l'arrière-garde, fit si bonne contenance, que les alliés s'arrêtèrent tout court devant le pont de Lesmont. L'armée bivouaqua aux environs de Piney et le lendemain elle arriva à Troyes, où elle trouva le corps du duc de Trévise.

Si une discussion critique sur les opérations militaires que nous décrivons entrait dans le plan de notre ouvrage, il nous serait facile de démontrer que le feld-maréchal Blücher ne tira, dans cette circonstance, nullement parti de son immense supériorité numérique, ni des vices de la position de l'armée française, ni des succès qu'il obtint malgré ses fautes. Nous nous contenterons de poser en fait que si un général médiocre se fût trouvé à la place du feld-maréchal Blücher, il ne se serait point acharné à la position de la Rothière, ce qui était prendre le taureau par les cornes. Il aurait porté ses principales forces sur la gauche de son ennemi, surtout lorsque le succès obtenu par le général Wrede lui eut fait connaître que c'était là le point faible. Par-là il contraignait l'armée française, pour n'être point tournée, à un changement de front en arrière sur Brienne, dont vraisemblablement sa ruine devenait la conséquence immédiate. Ce général médiocre, disons-nous, ayant à sa disposition des forces trois fois plus considérables que les Français, n'aurait pas manqué, dès qu'à minuit il eût été maître du pont de Dienville, de faire filer sur Piney un corps de troupes, de couper par ce mouvement la route de Troyes à l'armée battue, et de l'isoler par-là du duc de Trévise, auquel dans sa détresse elle fut heureuse de s'appuyer. Dans tout état de cause, ce général médiocre, voyant qu'il ,ne restait à l'armée française enfermée entre l'Aube, la Voire et les marais de Valentigney, d'autre retraite que la route de Troyes par Lesmont, et celle de Vitry par Rosnay, n'eût pas manqué de couper de suite celle-ci, comme il n'avait qu'à le vouloir, et.de pousser vivement son ennemi sur l'autre', afin du moins d'atteindre son arrière-garde au pont de Lesmont, où il l'eût immanquablement entamée, et pris une partie de son artillerie. Voilà ce qu'un général médiocre eût assurément entrepris, et ce que le feld-maréchal Blücher ne sut ou n'osa entreprendre. Nous aurons plus d'une fois l'occasion, dans le mois de février et dans celui de mars, de revenir sur les fautes multipliées de ce général, dont la réputation bruyante doit être mise par esprit de justice au rang des réputations usurpées.

 

Téléchargez ici la carte du circuit Napoléon 1814, mentionnant les 25 stèles de la campagne de 1814 dans l'Aube : http://musee-napoleon-brienne.fr/sites/default/files/circuit_napoleon_1814.pdf

 
Vues du champ de bataille de La Rothière du 1er février 1814.
1. Sud de Morvilliers
2. Est de la Ferme de Beauvoir
3. Est de la Giberie
4. Sud de La Rothière vers le Nord
5. Sud de La Rothière vers le Sud
6. Dienville


Le bouclier symbolisant la bataille de La Rothière dans la Befreiungshalle de Kelheim. Assez bizarrement, le bataille est appelée "bataille de Brienne" !

Stèle 12 : Brienne-la-Vieille
1er février 1814, le pont de Brienne-la-Vieille
Défaites à La Rothière, les troupes françaises se replient vers Brienne-le-Château.
Près du pont,établi sur l’Aube, sur la rive ouest. Accès par la D 11b, sortie ouest de Brienne-la-Vieille, vers Radonvilliers (en coordonnées : N48.37314°- E4.52165° ou 48°22'23.37"N   4°31'18.23"E)

 

La rive ouest de l'Aube, vers le nord

 

                                                              ... et vers le nord.

Peu de temps après la pose de la stèle, un imbécile avait déjà essayé d'arracher la pierre portant le N.

1er février 1814 : chute de Bruxelles

Le 1er février 1814 :  BOMBARDEMENT D'ANVERS

Pendant que les principales forces des coalisés battaient l'armée française sur l'Aube, les troupes alliées dans la Hollande étant entrées en Belgique, tentaient de s'emparer d'Anvers. Le 1er février, après un combat sanglant, l'ennemi occupa successivement les différends villages qui défendaient les approches de cette ville, et en chassa nos troupes. Le lendemain, il continua son offensive et emporta le village de Merksem. Il établit alors diverses batteries dans la nuit du 2 au 3, et au jour il commença son bombardement.

Ce fut au moment du feu le plus violent et lorsqu'on commençait à craindre que les alliés ne parvinssent à se rendre maîtres d'Anvers, que le général Carnot (1)  

Ce général patriote, qui rendit de si grands services à la patrie lorsque la première coalition envahit nos frontières , écrivit dans cette circonstance à Napoléon: « C'est peu de chose, sans doute, que l'offre d'un bras sexagénaire; mais j'ai pensé que l'offre d'un soldat dont les sentiments patriotiques sont connus, pourrait rallier à vos aigles beaucoup de gens incertains du parti qu'ils doivent prendre, et qui peuvent se laisser persuader que se serait sauver leur pays que de les abandonner. »

Napoléon, qui se connaissait en hommes, fut touché de ce dévouement. «Dès que Carnot offre ses services, dit-il, il » sera fidèle au poste que je lui confierai; je le nomme gouverneur d'Anvers M. Le général Carnot fit effectivement une défense qui illustra son patriotisme, et confirma de nouveau sa haute réputation militaire.

arriva et prit le commandement de la place, où avait jusqu'alors commandé le duc de Plaisance. Dès cet instant la garnison sentit ranimer son ardeur, et les dispositions furent si bien prises, les attaques si bien dirigées contre les assaillants, que leur feu devint moins vif. Après avoir épuisé toutes leurs munitions, dans l'impossibilité d'entreprendre un siège en règle, les alliés furent obligés de décamper le 6 février.

 


2 février 1814 : Combat de Rosnay-l'Hôpital

Nous avons dit, à la bataille de la Rothière (1er février), que le maréchal Marmont, duc de Raguse, marcha avec son corps d'armée vers Rosnay, sur la route de Vitry, tandis que le reste de l'armée française, sous l'empereur Napoléon, se portait sur Troyes par Lesmont. Ce maréchal arriva sur la Voire sans avoir été atteint par le comte de Wrede, qui le suivait depuis le matin, passa le premier pont, qu'il fit couper aussitôt pendant qu'il achevait son passage par le second, et s'établit avec son infanterie et quatre pièces sur la hauteur, en face du pont, qu'elle enfilait.

Le comte de Wrede, après s'être d'abord contenté de canonner, essaya s'il ne pourrait pas forcer le passage de la Voire. Les officiers du génie français n'ayant fait enlever que les poutrelles du premier pont, quatre à cinq cents Bavarois passèrent sur la rive droite, où, chargés par la brigade de cavalerie du général Curto, tout ce qui ne fut pas sabré demeura prisonnier. Des masses plus considérables passèrent alors le premier pont ; mais elles furent si bien reçues par le feu meurtrier que la division Lagrange dirigea sur elles des maisons et de l'église voisine, où elles s'étaient embusquées, que l'ennemi ne put déboucher pendant deux heures d'un combat opiniâtre. Il commençait déjà à renoncer à son projet et à se retirer, lorsqu'un parti de hulans ayant passé la Voire à gué au-dessus de Rancé, se montra sur la gauche de Rosnay. Cet incident ranima l'ardeur des Bavarois, et le duc de Raguse se voyant menacé sur son flanc, profita d'un brouillard épais pour se retirer sur Rameru, où il s'établit. 

 

Rosnay-l'Hôpital

Laissons la parole au Commandant Lachouque :

"Le plateau sur lequel ont pris pied les Bavarois n'a point changé d'aspect. De là, vous comprendrez ce qui s'est passé sous la neige le 2 février 1814 au soir, et vous saluerez la poignée de braves du 1er régiment d'Artillerie de Marine, des 70e et 182e* de Ligne, des 4e et 7e de Cuirassiers et surtout le major Prost et ses fusiliers du 121e** qui ont ici supporté le poids des négligences et des fautes avec tant de froide bravoure et de farouche héroïsme, et permis ensuite, derrière un maréchal de France ayant retrouvé son ardeur, le repli vers Dampierre des 4.800 fantassins du 6e Corps, sans que les 25.000 Bavarois chargés de les poursuivre, leur chef, les souverains coalisés anxieux, accourus au bruit du canon, se fussent aperçus de leur départ !

Ayant laissé devant Rosnay les cadavres de 53 officiers et 1.045 hommes, de Wrède est en effet retourné à Brienne... livrant le passage à Blücher dont la cavalerie franchit pendant la nuit le pont de Rosnay, en route vers Vitry.
"

*  Il doit s'agir du 132e de Ligne, il n'y eut jamais de 182e de Ligne sous l'Empire !
** Il s'agit en fait du 131e de Ligne.
 

La photo est prise du côté bavarois du pont au sud-est de Rosnay, les Français étant retranchés sur l'autre rive. L'église du village, dont parle Lachouque est derrière le bosquet, à gauche de la maison blanche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici l'aval de la Voire, vu du pont. 














 

 

 

 

 

 

 

 

Et l'amont (vers Rances) :


Et voici la vue du côté français, vers le sud :
 

Les plaques commémoratives se trouvent sur le mur de gauche :

Celle au 131e de Ligne.

Et celle au 132e de Ligne.

Etape 13
2 février 1814, les combats de Rosnay

Terre-plein entre les ponts du village, établi sur la Voire. Accès par la D24 vers Perthes-lès-Brienne (en coordonnées : N48.45691°- E4.50553° ou 48°27'25.09"N  4°30'19.66"E)


Cliquez pour agrandir.

Si la plaque au 131e de Ligne se trouve sur les lieux des combats de ce régiment, le 132e de Ligne combattit en fait sur l'autre pont, au sud-ouest du village, près de la ferme de la Garenne. La plaque devrait d'ailleurs être déplacée, mais en mai 2009, cela n'avait toujours pas été fait.

Vue du sud (côté bavarois) vers le nord (positions françaises) au pont où s'illustra le 132e de Ligne. La ferme de la Garenne est à la gauche de la photo. A l'arrière-plan, on peut voir les hauteurs où l'artillerie française avait pris position,
prenant en enfilade le pont. Le village de Rosnay se trouve dans le lointain, sur la droite de la photo. (Etape 14 du magnifique circuit "Napoléon en 1814" installé par le Parc naturel régional de la Forêt d'Orient)

Stèle 14 :  Lassicourt
2 février 1814, le site stratégique du pont de la Garenne
Terre-plein à côté du pont, sur la rive sud de la Voire, entre Lassicourt et Rosnay-l’Hôpital, sur la D396 (en coordonnées : N48.44845°- E4.49273° ou 48°26'54.41"N  4°29'33.16"E)



Vue vers le nord, de la rive nord. La ferme de la Garenne est cachée au centre-gauche, à peu près derrière le bouleau, à un peu plus de 500.
(Cliquez pour agrandir.)

Autre vue vers le nord, de la rive sud

 

Stèle 15 : Lesmont
2 février 1814, le pont de Lesmont
Le dépliant mentionne : D960, chemin qui longe l’Aube au fond du jardin de la Mairie, sous la halle. (en coordonnées : N48.42716°- E4.41200° ou 48° 26' 11.36")

Nous avons photographié la stèle au bord de l'Aube, près de l'emplacement du pont historique en 1814, en  coordonnées 48°25'35.90"N  4°24'41.55"E. Le premier emplacement était peut-être celui prévu à l'origine, ou bien la stèle a été déplacée après notre passage en 2009.



L'emplacement du pont de bois qui existait en 1814.

Stèle 16 : Piney
2 février 1814, coup de main de Piney.
Devant la halle, à côté de la fontaine (en coordonnées : N48.36343°- E4.33271° ou 48°21'48.12"N  4°19'57.46"E)


Les magnifiques halles de Piney.

Les halles, la fontaine et la stèle N°16. A l'arrière-plan, la maison habitée par l'Empereur dans la nuit du 2 au 3 février 1814.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 Février 1814, Thennelières (suivre le lien)

Le 3 février 1814 : COMBAT DE LA CHAUSSÉE.

Pendant que le feld-maréchal Blücher, après la bataille de la Rothière (1er février), poussait l'armée française sur Troyes, le général prussien Yorck, détaché de l'armée dite de Silésie, marchait sur Châlons que couvrait le corps aux ordres du maréchal Macdonald, duc de Tarente. Le 3 février, le général Yorck tournant Vitry, déboucha sur Aulnay. La brigade de cavalerie du général Dommanget (En 1820, maréchal de camp en disponibilité) et la division d'infanterie du général Molitor, abordées par des forces supérieures, se retirèrent en combattant sur la Chaussée, où il y eut un engagement vigoureux dans lequel elles perdirent quelques centaines d'hommes, trois pièces de canon et sept caissons. L'avant-garde prussienne s'établit en avant du village, échelonnée par le reste du corps d'armée jusqu'à Vitry, qu'une brigade observait.

Le maréchal Macdonald ne se croyant pas en état de soutenir l'attaque dont il était menacé pour le lendemain, ordonna la retraite sur Châlons. 

- Éphémérides militaires depuis 1792 jusqu'en 1815, ou Anniversaires de la valeur française. Février. par une société de militaires et de gens de lettres, 1820 Pillet aîné (Paris), (1818-1820).

Après la bataille de La Rothière, Napoléon ordonne la retraite sur Troyes.
Le corps du maréchal Macdonald, qui se retire, laisse en arrière-garde le 2ème corps de cavalerie afin de couvrir sa retraite d'une éventuelle attaque ennemie. Le corps du général York qui a suivi les Français, repère ces derniers à la Chaussée, où ils se sont positionnés.
Les Français disposent de la division Jean-Baptiste Dommanget (1er hussards, 2ème chasseurs et 3ème lanciers) soit environ 1. 300 hommes. Ils disposent en outre de la division Nicolas Marin Thiry (4ème et 5ème cuirassiers), soit environ 500 hommes, pour un total d'environ 1.800 hommes.
Face à eux, le général York est en supériorité numérique, disposant de la moitié de la cavalerie de son corps, soit 22 escadrons qui forment un total d'environ 2.500 cavaliers.

Le 3 février, la cavalerie prussienne contourne Aulnay et tombe nez-à-nez sur les cavaliers français en arrière-garde qui se sont déployés sur une colline. La cavalerie du général von Jürgass qui arrive la première sur le champ de bataille, est bientôt rattrapée par les escadrons de von Katzler ainsi que par un bataillon d'infanterie. Une batterie d'artillerie prussienne prend position et ouvre le feu pour contrer le tir des canons français et pour soutenir l'attaque des cavaliers prussiens, qui se sont lancés à l'assaut des lignes ennemies.
Les Français reçoivent bien le choc et parviennent même, dans un premier temps, à repousser les dragons et les hussards de York qui se replient avec des pertes.
Cependant, le reste de la cavalerie ennemie charge à son tour et met en déroute les chasseurs à cheval, puis les cuirassiers, s'emparant au cours de la mêlée de trois pièces d'artillerie.
Le 3ème lanciers est repoussé en arrière du village de la Chaussée, tandis que les fantassins prussiens s'emparent des hauteurs environnantes.
Les cuirassiers essayent tant bien que mal de limiter les dégâts, mais ils doivent battre en retraite jusqu'à la Chaussée, poursuivis par les Prussiens, qui ne seront arrêtés que par les soldats du général Molitor qui recueillent les cavaliers français.
Les quelques compagnies d'infanterie en soutien des cuirassiers et des chasseurs défendent le village, avant d'être rejetés et d'être obligées à défendre le pont de la Moivre où s'effectue la retraite des Français.

Les Français perdent au cours de la bataille environ 100 tués ou blessés, et surtout plusieurs centaines de prisonniers ainsi que 3 canons. Les pertes de Yorck s’élèvent à 150 morts ou blessés.
Même si les Prussiens remportent une très belle victoire tactique, le maréchal Macdonald peut gagner Châlons sans être inquiété d'une attaque sur ses arrières.
Mission accomplie pour le 2ème corps de cavalerie qui devait protéger le mouvement de repli de l'armée française !
Jean Tranié et Juan-Carlos Carmigniani, Napoléon 1814-La Campagne de France, Pygmalion, 1989.

 

3 février 1814 : pont de la Guillotière

Stèle 20 : Clérey
3, 4 et 5 février 1814, les affrontements de Clérey
Intersection N 71 et D1, près de l’ancienne gare (en coordonnées  48°11'41.48"N  4°10'45.81"E ou 48°11'41.48"N  4°10'45.81"E)

 
 


Panorama du champ de bataille de Clérey.
Cliquez pour agrandir.


Carte du combat de Clérey.

3 février 1814 : Début du Congrès de Châtillon

Le 3 février, un nouveau congrès s'ouvre à Châtillon (Côte-d'Or) entre les quatre grandes puissances alliées et la France. Les Coalisés sont représentés par le comte Stadion, pour l'Autriche, le baron Humboldt, pour la Prusse, le comte Rasumowsky, pour la Russie et par les lords Aberdeen et Callicart et le général Charles Stewart  pour le Royaume-Uni.  Le ministre Castlereagh est également présent.  Le général Caulaincourt, duc de Vicence, ministre des Relations étrangères, représente la France et a obtenu de Napoléon carte blanche pour signer un traité de paix.  Les Coalisés déclarent n'accepter que les frontières de la France d'avant 1792 comme seule base des négociations, et refusent qu'elle prenne part à la future réorganisation de l'Europe, mettant ainsi fin au rôle de Napoléon en Europe.  Quand Napoléon apprend ces conditions, le maréchal Berthier et Maret, duc de Bassano, qui se trouvent auprès de l'Empereur, lui conseillent de les accepter, mais il refuse.


DANS CET HÔTEL S’EST TENU
EN FÉVRIER 1814
LE CÉLÈBRE CONGRÈS
ENTRE LA FRANCE
ET LES PUISSANCES COALISÉES

 

 

Ce bel hôtel particulier de la fin du xviiie siècle se trouve au n° 3 de la rue du Congrès.

 

Les négociations sont interrompues le 8 février. Il y a des rencontres le 17, puis le 28 février. Le 10 mars est fixé comme date butoir.  Le congrès prendra fin le 19 mars.

Le 4 février 1814 :  COMBAT DE SAINT-THIÉBAULT.

Après la bataille de la Rothière (1er février), l'empereur Napoléon s'était retiré à Troyes avec l'armée sous ses ordres. Là, son intention était de tenir jusqu'à ce que l'armée coalisée prononçât son mouvement offensif.

En conséquence le 4 février, pour éclairer la route de Bar-sur-Seine, le général Michel, avec une division de la garde impériale soutenue des dragons du général Briche, s'avança à la rencontre des corps autrichiens de Colloredo et de Lichtenstein, qui occupaient les hauteurs de Saint-Thiébault. L'ennemi surpris n'eut que le temps nécessaire de prendre ses dispositions pour contenir cette faible colonne, qu'il aurait dû écraser, et fut repoussé jusqu'à Saint-Parres-lès-Vaudes, où la nuit arrêta la poursuite des Français.

A dix heures du soir, l'ennemi fit une tentative au pont de Clercy, gardé par un simple poste de grenadiers flanqueurs. Mais cette poignée de braves tint ferme; et les dragons du général Briche tombant sur les Autrichiens en tuèrent une centaine, et firent cent cinquante prisonniers. 

Le 4 février 1814. ATTAQUE ET REDDITION DE CHÂLONS-SUR-MARNE.

Pendant que les forces principales de l'armée française, sous les ordres immédiats de l'empereur Napoléon, se mesuraient avec les alliés sur l'Aube, à Brienne et à la Rothière (29 janvier et 1er février), le maréchal Macdonald, duc de Tarente, avec son corps d'armée, se retirait sur Châlons, cherchant à retarder la marche du corps prussien aux ordres du général Yorck. Déposté de la Chaussée (3 février), le maréchal se retira le même jour à Châlons, décidé à défendre cette ville, bien qu'elle fût peu susceptible de résister à une attaque vigoureuse; car elle n'a pour enceinte qu'une chemise en maçonnerie écroulée en plusieurs endroits.

Le 4 février, notre cavalerie légère laissée en avant de Châlons ayant été attaquée, tirailla jusqu'à neuf heures, que menacée d'être enveloppée par les nombreux escadrons qui s'avançaient elle passa sur la rive gauche de la Marne. L'ennemi reconnut alors la place; ayant découvert une forte brèche entre les portes de Reims et de Verdun, il fixa son attaque sur ce point, où il établit une batterie, et fit déployer sa ligne.

La canonnade s'engagea de part et d'autre avec chaleur; à onze heures l'action était générale. Le général Yorck faisant jouer plus de quarante bouches à feu, incendia bientôt plusieurs maisons; toutefois le combat se soutint avec assez d'égalité jusqu'à la chute du jour. Mais alors l'ennemi étant parvenu à s'emparer du faubourg embrasé de Sainte-Memmie, sa cavalerie s'avança dans la plaine à droite de Compartrix, et de fortes masses d'infanterie menacèrent la porte Saint-Jean.

Les magistrats éplorés, voyant que la valeur des troupes françaises était insuffisante devant un ennemi trois fois plus nombreux, et ne pouvait garantir leur malheureuse cité de l'invasion étrangère, conjurèrent le maréchal de ne pas l'exposer à une ruine certaine par une plus longue résistance. Le duc de Tarente ayant épuisé tous ses moyens de défense, leur permit d'envoyer une députation au général ennemi. Elle fut accueillie; une suspension d'armes eut lieu sur-le-champ, et l'on convint que la ville serait évacuée le lendemain à six heures du matin; ce qui fut exécuté.

Le 5 février, le maréchal Macdonald ayant fait sauter le pont, se retira par la route d'Épernay, et l'ennemi entra à midi dans Châlons.

7-9 février 1814 : Napoléon est à Nogent-sur-Seine

 

 

 

 

 

Il loge au 20 de la Grande Rue St-Laurent, dans une maison appartenant à l'époque à M. Charles Bertin, marchand de grain originaire de Sézanne. L’historienne Madeleine Tartary, dont la famille était nogentaise, y a fait apposer une plaque commémorative en 1938.

 

Dans cette maison
NAPOLEON
demeura à deux reprises
pendant la campagne de France
7-9 février 1814
20-22 février 1814
.

Cette maison a été magnifiquement restaurée et est devenue la "Maison à remonter le temps". Visitez son site Internet http://la-maison-a-remonter-le-temps.fr/
Toutes les photos de Nogent-sur-Seine sont © La Maison à remonter le temps.

L'Empereur y logera également du 20 au 22 février 1814.

8 février 1814 : Chalon-sur-Saône

 

Avenue de la République, un magnifique monument commémore le sacrifice des "Enfants de l'arrondissement" en 1814 et 1870-71.

Notons que le cuirassier pourrait aussi bien dater de 1814 que de 1870.

 

 

 

 

 

 

 


Le 9 février 1814 : COMBAT DE LA FERTÉ-SOUS-JOUARRE

Après l'évacuation de Châlons-sur-Marne (4 février), le maréchal Macdonald, duc de Tarente, se replia sur Château-Thierry. Pendant qu'il était poussé de front par le général prussien Yorck, le général Sacken cherchait à lui couper sa retraite sur Meaux, arrivant sur cette route par celle de Montmirail; mais ce général russe mit tant de lenteur dans sa marche, que les Français étaient déjà en position à la Ferté-sous-Jouarre lorsque, croyant les y prévenir, il déboucha sur ce point.

Les divisions Molitor et Brayer, postées en avant de la ville, furent d'abord assaillies avec tant d'impétuosité qu'elles y furent ramenées en désordre; mais bientôt la division Albert étant accourue à leur secours de ses bivouacs sur la routé de Meaux, le combat se rétablit, et après plusieurs charges, où les brigades Bigarré, Schoefer et Beauvais rivalisèrent d'ardeur, les Russes furent repoussés avec perte d'environ quatre cents prisonniers.

Le 9 février 1814 :  REDDITION D'AVESNES.

Le même jour, au nord de la France, le général russe Wintzingerode se présenta devant Avesnes. Cette place n'avait pour garnison qu'une faible compagnie de vétérans. La population, effrayée à l'apparition de l'ennemi, exposée par le manque de troupes et le mauvais état des fortifications aux suites d'un assaut, ne fit aucune résistance, et le corps russe prit, sans coup férir, la seule de nos anciennes places fortes qui, dans cette direction, lui fermait la route de Paris. 

 

10 février 1814 : Bataille de CHAMPAUBERT

Lorsqu'à la fin de décembre, la coalition européenne passa le Rhin et pénétra en France, le plan des coalisés était, comme nous l'avons dit à la bataille de la Rothière (1er février), de réunir sur l'Aube la grande armée (en fait, l'Armée de Bohème) aux ordres immédiats du généralissime prince de Schwartzenberg, et l'armée dite de Silésie, commandée par le général Blücher, pour de là se porter en masse sur Paris par la route de Troyes.  Ce plan, sagement conçu, eût infailliblement amené l'occupation de la capitale de l'empire français dès le milieu de février, s'il eût été rigoureusement exécuté.  Mais timides lorsqu'il fallait de l'audace ; audacieux où la prudence était nécessaire ; irrésolus pour saisir l'occasion ; opiniâtres quand il fallait céder à la nécessité; les généraux coalisés ne surent dans cette mémorable campagne ni attaquer, ni se défendre; et par la mobilité de leurs plans, l'incohérence de leurs mouvements, et tour-à-tour par leur folle sécurité et leur terreur panique, ils se placèrent plus d'une fois dans la honteuse position , avec des forces décuples , d'évacuer le territoire français devant leur faible ennemi, dont leurs nombreuses fautes étaient le plus puissant auxiliaire. Ils réussirent sans doute; car à la longue le nombre finit toujours par l'emporter; mais si l'habileté leur eût été indispensable, ils eussent immanquablement échoué.

Ce n'était qu'après de grands risques que l'armée de Silésie avait effectué sa jonction avec la grande armée (Armée de Bohème) austro-russe, près de Bar-sur-Aube, ainsi que nous l'avons vu à la bataille de Brienne (29 janvier) Cependant ce but si vivement désiré, une fois atteint, sembla avoir perdu toute son importance.  Au lieu de profiter du désordre qu'avait introduit dans l'armée française la perte de la bataille de la Rothière, et de son affaiblissement, de la forcer à Troyes, où elle s'était- retirée, de l'écraser par les masses énormes dont on pouvait disposer, ou de la pousser à outrance sous les murs de Paris, les coalisés ne l'inquiétèrent seulement point dans sa retraite.  Abandonnant leur premier plan au moment d'en recueillir tous les avantages, les souverains étrangers tinrent un conseil de guerre au château de Brienne, et il y fut décidé que les deux armées austro-russe et de Silésie se sépareraient, que la première continuerait à opérer sur les deux rives de la Seine, et que la seconde retournerait vers Châlons pour arriver sur Paris en longeant la Marne.  Le général Blücher se dirigea donc vers la Fère-Champenoise; et dès lors agissant isolément, il n'était plus de communication avec le prince de Schwartzenberg. Celui-ci se porta devant Troyes.  Après quelques jours d'inaction, voyant que l'armée française paraissait vouloir tenir dans cette position, le généralissime, n'osant l'aborder de front, résolut de la tourner par la route de Bar-sur- Seine, espérant que cette manœuvre, qui menaçait sa ligne de retraite, la déciderait à se reployer.

L'empereur Napoléon, qui effectivement était décidé à recevoir une seconde bataille sous les murs de Troyes, ne s'inquiéta guère de ce mouvement, qui du reste se faisait avec une extrême lenteur, et se contenta de le faire observer.  Mais ayant reçu dans la soirée du 5 février la nouvelle de l'évacuation de Châlons (4 février) par le maréchal Macdonald, ses projets furent entièrement changés par cette circonstance.  Voyant l'armée de Silésie s'avancer isolément sur la Marne, il jugea pouvoir tirer un grand parti de sa marche décousue en se reployant sur Nogent, d'où il serait à même de choisir l'instant de se jeter sur son flanc gauche, si elle continuait à pousser imprudemment le maréchal Macdonald sur la Marne.

En conséquence, toute l'armée se mit en mouvement le 6 février sur Nogent, et sa retraite ne fut point troublée.  Arrivé dans cette ville, Napoléon, qui y avait reçu quelques renforts venant de Paris et de l'armée d'Espagne, fit -ses dispositions pour défendre les approches de Paris sur les deux rives de la Seine contre l'armée austro-russe, pendant qu'il opérerait sur celle de Silésie.  Il laissa vingt mille hommes sous les ordres des maréchaux Oudinot et Victor, qui furent chargés de garder les lignes de l'Yonne et du Loing, les ponts de Nogent et de Montereau.  Avec le reste de ses forces disponibles, montant à vingt-cinq mille hommes, il marcha le 9 février sur la Marne, afin de dégager le maréchal Macdonald.

Pour arriver sur le flanc gauche de l'armée de Silésie, Napoléon avait suivi la route transversale qui va de Nogent à Épernay par Villenoxe, Sézanne et Montmirail.  Ce chemin, tracé au milieu d'un terrain marécageux, était des plus difficiles, surtout pour l'artillerie ; mais Napoléon s'étant assuré qu'il n'était pas tout-à-fait impraticable, s'y engagea au risque d'y laisser quelques pièces.  La garde impériale, après une marche des plus pénibles, parvint dans la nuit à Sézanne, où elle trouva les corps des maréchaux Ney et Marmont, qui venaient aussi de s'y réunir.

L'armée de Silésie était composée de quatre corps principaux, Kleist, Langeron, Yorck et Sacken, formant un total de quatre-vingt-huit mille combattants.  Lorsque le général Blücher s'approcha de la Marne pour agir contre le maréchal Macdonald, il ne pouvait disposer que des deux derniers et de la division Olsufiev, appartenant au corps de Langeron, occupé encore en grande partie autour des places sur la Moselle.  Celui de Kleist venant de Nancy s'approchait de Châlons-sur-Marne, ainsi que la division Kapzewitsch, du corps de Langeron.  Toutefois, comme le corps du maréchal Macdonald ne s'élevait pas à huit mille hommes, Blücher n'attendit pas d'avoir toutes ses forces réunies pour marcher contre lui.  Dès qu'il fut instruit que le général Yorck était entré à Châlons', il lui prescrivit de pousser le maréchal par la grande route de Château- Thierry, tandis que lui, avec les corps de Sacken et la division Olsufiev, lui couperait sa retraite sur Meaux par la route qui venant de Châlons passe par Vertus et Montmirail, et joint celle de Château-Thierry à la Ferté-sous-Jouarre.  Le général Yorck exécuta ces ordres; mais Blücher mit tant de nonchalance dans son mouvement, que les Français occupaient déjà la Ferté-sous-Jouarre lorsque le 9 février au matin le général Sacken s'y présenta.  Ayant été repoussé ce jour-là, il remit au lendemain une nouvelle attaque.  Pendant ce temps Blücher était resté à Vertus attendant le corps de Kleist et la division Kapzewitsch, qui, arrivés à Châlons le 8 au soir, en repartirent le lendemain matin.  La division d'Olsufiev, qui eût été mieux employée à seconder l'attaque de Sacken sur la Ferté, était seule en position à Champaubert.  Les divers corps de l'armée de Silésie, ainsi dispersés et séparés par au moins une journée de marche, étaient dans l'impossibilité de se prêter un prompt et mutuel secours, et pouvaient être facilement battus en détail.  Toutes les grandes combinaisons du général Blücher, qui avait fait trop ou trop peu contre le maréchal Macdonald, se réduisirent donc à la perte d'un temps précieux, qui ne fut toutefois pas perdu pour son ennemi, et à l'occupation d'une position dangereuse.  Il devait payer cher la témérité de sa marche sur Paris, et l'incurie avec laquelle il l'avait dirigée.

Dans la nuit du 9 au 10 février, le comte de Pahlen qui, avec un corps de cavalerie légère battait la campagne entre les deux armées alliées, informa le général Blücher que Napoléon avec le gros de ses forces, ayant quitté la Seine pour marcher sur la Marne, s'avançait vers Sézanne.  Il était trop tard pour que l'armée de Silésie pût se concentrer tout entière et faire tête à l'orage; mais Blücher pouvait encore replier sur Montmirail la division Olsufiev, en l'air à Champaubert, et la réunir là au corps de Sacken, auquel venait se joindre celui d'Yorck.  Ce mouvement n'aurait point empêché sans doute l'armée française de déboucher; mais au lieu d'un corps ennemi elle en eût trouvé trois, « ce qui eût bien changé les affaires.  Loin d'exécuter ce mouvement si simple, Blücher resta stupidement à son quartier-général de Vertus, laissa Olsufiev à Champaubert, se contenta de rappeler Sacken de la Ferté à Montmirail, et d'ordonner à Yorck de passer la Marne à Château-Thierry pour se réunir à Sacken.  Comme s'il eût eu déjà trop de troupes pour résister à l'attaque imminente de son ennemi, le général prussien, loin de faire accourir sur Montmirail les corps de Kleist et de la division Kapzewitsch, les dirigea sur la Fère Champenoise, dans l'intention vague et bien oiseuse de se lier à la grande armée (Armée de Bohème), et de tenir peut-être par-là Napoléon en échec s'il n'avait point encore dépassé Sézanne. Blücher accumulait ainsi faute sur faute, puisqu'il morcelait encore dans ce dernier moment les forces qu'il eût dû réunir autant qu'il dépendait encore de lui.  Tous ces ordres de mouvement se donnaient dans la nuit du 9 au 10.

Le 10 février, à dix heures du matin, l'armée française déboucha, ayant en tête le corps du maréchal Marmont, duc de Raguse, que précédait la cavalerie du général Doumerc, et découvrit la division russe d'Olsufiev en position sur la rivière du Petit-Morin, au pont de Saint-Prix.  L'ennemi, qui pouvait encore effectuer sa retraite, préféra défendre le passage.  L'empereur ordonna de suite l'attaque.

Les divisions Lagrange et Ricard traversèrent le marais de Saint-Gond, forcèrent le pont de Saint-Prix et poussèrent les Russes jusque sous Baye, où tout le corps se déploya. 

BAYE


Vue au sud de Baye, du sud (à droite) au nord (à gauche), axe de l'attaque de la division Ricard.
Cliquez sur l'image pour agrandir.
 

LE 10 FÉVRIER 1814
CE CHÂTEAU
ET LE VILLAGE
FURENT REPRIS AUX
TROUPES COALISÉES
PAR LES FANTASSINS
DE LA BRIGADE
FOURNIER
DIVISION RICARD. 


Vue panoramique du château de Baye.  La tour est à droite.
Cliquez sur l'image pour agrandir.


Ferme de la Hannoterie, au nord de Baye, lieu de combats entre les Russes fuyant Baye vers Champaubert, et la division Ricard les poursuivant.

 

Mais attaqué de front et de flanc, le général Olsufiev se retira insensiblement de Baye, s'étendant dans la plaine de Bannay, qu'il occupait fortement.  Le duc de Raguse fit attaquer ces deux villages.  Le 4e léger emporta celui de Baye; mais la brigade Pelleport fut repoussée devant Bannay. Dans cet instant, Napoléon dirigea toute son artillerie sur ce point, et fit en même temps soutenir le duc de Raguse par le corps du maréchal Ney, prince de la Moskowa.  Le général ennemi, effrayé de la supériorité des forces qui l'attaquaient et inquiet pour sa droite, que menaçait le comte de Girardin, aide-de-camp du prince de Neuchâtel, à la tête des deux escadrons de service se décida à une prompte retraite, qu'il exécuta sur Champaubert.

BANNAY


Entrée sud du village de Bannay (vers le nord). Tandis que la division Ricard attaquait les Russes à Baye, la division Lagrange (brigades Joubert et Pelleport) prenait Bannay.

« 






















10 février 1814
-----------------
AUX
HÉROS
DE LA
DIVISION
LAGRANGE





 

 

 

 

 

 Cette stèle est due à l’initiative de l’association Mémoire 1814, et a été inaugurée le 12 mars 1995. Le général Lagrange, un ancien d'Égypte, où il avait été nommé général, sera blessé à l'assaut du village de Bannay, puis une nouvelle fois à Vauchamps.

Comme les Russes atteignaient ce village, la division Ricard, qui avait longé la lisière d'un bois à droite, rabattit par la route de Châlons, et entrant au pas de charge dans Champaubert, ôta à l'ennemi tout espoir de retraite sur Épernay ou Étoges.  Olsufiev cherche alors à gagner la route de Montmirail.  Ce changement de direction occasionne de l'hésitation et du flottement dans les carrés russes; les cuirassiers du général Bordessoulle en profitent; ils chargent avec impétuosité, les acculent aux bois et aux étangs du Désert, et mettent dans une épouvantable déroute le corps entier, qui ne trouve plus de salut que dans la fuite.

 

Champ de bataille de Champaubert, d'ouest en est en passant par le nord.
Photo prise à la sortie ouest de Champaubert.
Si la photo n'apparaît pas bien, cliquez sur "affichage de compatibilité" ou suivez le lien vers extrazoom.

http://extrazoom.com/image-9482.html?s=huln50x50
 
Sortie nord de Champaubert, d'ouest en est, en passant par le nord.

 

Dès lors le combat ne fut plus qu'un horrible carnage; car dans la première chaleur de l'action on fit peu de prisonniers.  Douze cents hommes seulement parvinrent à s'échapper à la faveur des bois; douze cents restèrent sur le champ de bataille; plus de trois cents se noyèrent dans les étangs du Désert, et deux mille trois cents furent faits prisonniers.  Parmi ceux-ci se trouvait le général Olsufiev et deux autres généraux ; vingt-et-une bouches à feu, de vingt-quatre qu'avait la division russe, restèrent en notre pouvoir.  Notre perte ne s'éleva pas au-delà de six cents tués ou blessés; le général Lagrange fut du nombre de ces derniers.  Tels furent les trophées de cette brillante journée, dont le succès relevant le courage de nos jeunes soldats, abattu par les revers éprouvés dix jours auparavant à la Rothière.  Ce terrible échec pour l'armée de Silésie ne fut que le prélude de la série de revers que devait éprouver le présomptueux et inhabile Blücher.  Le lendemain, l'armée française se porta sur les corps de Sacken et d'Yorck.  Montmirail et Château-Thierry furent aussi funestes à ces deux corps que Champaubert l'avait été à la division Olsufiev.

http://extrazoom.com/image-9481.html?s=huln50x50

CHAMPAUBERT

            


Fin des années 80.

                                                                                                                  Cliquez pour agrandir la photo ci-dessus.


En 2008.

de Bordesoulle,
de Nansouty.



 
Généraux :
Ricard, Lagrange,
Pelleport, Doumerc,
de Girardin,
Piquet.
 
bataille
de Champaubert
commandée par
l'Empereur
Napoléon
 

10
février
1814

À la
mémoire
des braves
morts
à Champaubert
 

MONTMIRAIL
ET MARCHAIS
11 FÉVRIER 1814.
VAUCHAMPS
14 FÉVRIER
 

Monument
élevé

par
souscription
nationale
 

 

Au carrefour de la D933 et de la D951, Maison bleue ou maison au boulet, où Napoléon établit ses quartiers le soir de la bataille de Champaubert, le 10 février 1814. Il y invita à sa table le général russe Olsoufiev et son état-major, qui venaient d'être faits prisonniers. Le boulet incrusté dans la façade est entouré d'un cercle.

Contrairement à ce qui est souvent dit ou écrit, les boulet incrustés dans les façades des maison ne sont pas arrivés là par l'action de la bataille.  Il y ont été placés ultérieurement en souvenir -parfois, il est vrai, à un endroit où un boulet avait frappé.  D'habitude, les boulets tiennent grâce à un arceau métallique.

 

Le 7 février 2010, un plaque commémorative y a été inaugurée par les APN. Elle porte l'inscription suivante :

 


Le soir du 10 février 1814

NAPOLEON 1er

coucha dans cette maison

après y avoir convié à dîner

le général russe

Olsufiev

et les généraux coalisés

qu'il venait de vaincre.

Les Amis du Patrimoine Napoléonien - 2010

 

 

 

11 février 1814 : Bataille de MONTMIRAIL


Cette magnifique image de Google Earth donne une bonne idée du champ de bataille. Les numéros que j'ai placés indiquent l'endroit d'où les photos sont prises. La ville de Montmirail est dans le coin inférieur droit.
Carte cliquable.

Par la victoire de Champaubert (10 février), l'empereur Napoléon avait coupé l'armée de Silésie par le centre, et se plaçant ainsi entre les deux ailes, il les obligeait à fuir devant lui, ou à accepter alternativement un combat dont toutes les chances devaient être à son avantage.  Dès que le succès fut décidé, il avait envoyé au maréchal Macdonald, qui s'était retiré à Meaux, l'ordre de reprendre vivement l'offensive, et de pousser, à son tour les corps ennemis qui l'avaient poursuivi, attendu qu'ils allaient dans peu être aux prises avec le gros de l'armée impériale.  Le même jour, à minuit, il dirigea sur Montmirail une brigade de la division Ricard, les dragons et lanciers de la garde, que commandaient les généraux Colbert (Edouard) et Laferrière, sous les ordres du général Nansouty.  Ces troupes trouvèrent dans la ville cinq à six cents Cosaques, qu'ils prirent ou mirent en fuite.

MONTMIRAIL

Château du duc de La Rochefoucauld à Montmirail. Napoléon y déjeuna le matin de la bataille

                                                                                                                                                                                                                                    Une dernière photo de l'allée devant le château, en 2008.


La même, en 2010. Les arbres bicentenaires qui avaient vu passer l'Empereur ont hélas été abattus, parce que malades.

Le 11 février, vers cinq heures, Napoléon laissa le maréchal Marmont avec la cavalerie du général Grouchy et la division Lagrange à Étoges pour y observer les deux corps de l'armée de Silésie, qui pourraient déboucher de Vertus, où était le quartier-général de Blücher, cruellement puni de son imprévoyance.  Avec le reste de ses troupes, il se mit en mouvement sur Montmirail, où étant arrivé de sa personne à dix heures, il trouva le général Nansouty manœuvrant pour retarder la marche du général Sacken.

En décrivant le combat de Champaubert nous avons dit que le général Sacken avait reçu l'ordre de Blücher de revenir en toute hâte de la Ferté-sous-Jouarre à Montmirail, et que le général Yorck devait également se porter sur cette ville en passant la Marne à Château-Thierry.  Le général Sacken, arrivé à Vieux- Maison, s'aperçut qu'il était prévenu à Montmirail.  Il était alors prudent de se jeter à gauche pour joindre le corps d'Yorck qui s'approchait; mais le général russe, qui avait avec lui seize mille combattants, pensa pouvoir forcer le corps français, dont il ignorait la force, et il continua son mouvement pour exécuter les ordres de son général en chef.  Le combat s'engagea sur les hauteurs entre Vieux- Maisons et Montmirail, près de la ferme de la Haute-Épine, mais sans succès de la part des Russes, qui avaient pris position des deux côtés de la route de la Ferté.  A deux heures, la division de la garde commandée par le général Michel arriva, ayant le maréchal Mortier, duc de Trévise, à sa tête.  Napoléon la dirigea vers la Haute-Épine, point sur lequel l'ennemi avait accumulé ses principaux moyens de défense.  Il fallut détourner son attention de cette attaque pour la faire réussir.  Le général Nansouty se prolongea vers la droite pour lui donner de l'inquiétude sur sa gauche, tandis que le général Ricard, cédant le village de Pomessone à notre gauche, enhardit l'agression de la droite des Russes.

Le général Sacken donna dans le piège; il dégarnit le point important pour renforcer à la fois sa gauche menacée et sa droite victorieuse.  Tout-à-coup le maréchal Ney, prince du la Moskowa, à la tête de quatre bataillons de la vieille garde commandés par le général Friant, se jette comme un lion dans la ferme de la Haute-Épine. 

LA HAUTE-ÉPINE

Ferme de la Haute-Epine, Quartier-Général Impérial au soir du 11 février 1814.
Plaque commémorative ACMN.

Bataille de
Marchais
Montmirail
----------
C'est dans cette ferme
que s'établit
le Grand Quartier
Général Impérial
au soir du
11 février 1814

ACMN

Les tirailleurs, épouvantés, s'enfuient sur leurs masses, l'artillerie se tait, la fusillade est aussi bientôt éteinte, la baïonnette les remplace, et la position est enlevée.  Le général Sacken reconnaissant alors sa méprise, sentit qu'il ne lui restait de salut qu'en quittant la route de la Ferté pour s'appuyer au corps d'Yorck, dont les coureurs se présentaient déjà sur la route de Fontenelle.  Il commença donc à replier une partie de son aile droite pour traverser la route.

Napoléon, qui était placé à droite de la route, avec ses réserves, voyant les dispositions de l'ennemi, ordonna au général Guyot, commandant la division de cavalerie de la vieille garde, qui venait d'être rappelée de l'extrême droite, de faire charger les dragons sur la grande route.  Ce brave régiment, commandé alors par le général Dautancourt, part au grand trot, tombe impétueusement sur deux brigades ennemies au moment qu'elles traversaient la route, les enfonce, en fait un horrible carnage, et prend position sur la gauche,  il se reforme, coupant ainsi en deux la ligne russe.

COURMONT


La ferme de Courmont

AUX DRAGONS
DE LA VIEILLE GARDE
QUI SE COUVRIRENT
DE GLOIRE
EN CES LIEUX
LE 11 FÉVRIER 1814
ACHEVANT AINSI
LA DÉROUTE HÉROÏQUE DES COALISÉS.

APN 2005                                         

Dans ce moment le corps d'Yorck débouchait de Fontenelle et s'avançait sur la droite des Français.  Le duc de Trévise, avec six bataillons de la division Michel, prévient ce mouvement et pénètre dans Fontenelle, où il enlève la plus grande partie du parc ennemi.


Boulet incrusté dans un mur de la ferme de Tourneux à Fontenelle-en-Brie.


Environs de la ferme de Tourneux à Fontenelle-en-Brie. Vue vers le sud.
(Cliquez pour agrandir)

Malgré l'échec éprouvé par l'ennemi sur sa gauche et son centre, la division russe Bernodosow, qui tenait l'extrême droite, s'opiniâtrait au village de Marchais sur les divisions Ricard et Meunier, continuant étourdiment à vouloir gagner du terrain.  Napoléon se disposa à terminer la journée par la destruction de cette division.

Il ordonna au général Defrance, commandant la division des gardes d'honneur, de se porter sur la route de la Ferté jusqu'à hauteur de l'Épine-au-Bois, et là de faire un à gauche pour couper la retraite aux Russes', qui tenaient encore à Marchais. Au moment où les gardes d'honneur défilaient devant lui, Napoléon leur dit:  « Jeunes gens, voilà l'ennemi; il prétend aller à Paris, je vous » charge de l'en empêcher.  » Cette brave jeunesse, à qui il ne manquait que de l'expérience pour rivaliser avec l'élite de notre cavalerie, jugeant de l'avenir par son courage, s'écria par acclamation:  « Il n'ira pas!  Il n'ira pas!  » et s'élança pleine d'enthousiasme.  Au même instant deux bataillons de chasseurs delà vieille garde, conduits, l'un par le maréchal Lefebvre, duc de Danzig, l'autre par le grand - maréchal du palais Bertrand, appuyant les divisions Ricard et Meunier, marchent baïonnette croisée sur le village de Marchais, et y pénètrent.  Les Russes le défendent d'abord avec fermeté, mais enfin ils en sont chassés.  Ils effectuaient leur retraite vers la route avec assez d'ordre, lorsque notre cavalerie tombant sur eux les rompt, les disperse, en sabre un grand nombre, et poursuit le reste jusqu'à la lisière de la forêt de Nogent, dans laquelle la division Ricard pénétrant, fit un grand nombre de prisonniers.  La nuit, qui arrêta l'ardente poursuite des vainqueurs, sauva le corps de Sacken d'une destruction totale.  Ce général abandonna la route de la Ferté-sous-Jouarre, sur laquelle il craignait de rencontrer le maréchal Macdonald, et se retira pendant la nuit sur Château-Thierry avec le corps d'Yorck, auquel il se rallia.

Quinze cents prisonniers, six drapeaux, vingt-six bouches à feu, et deux cents voitures de bagages, tombèrent en notre pouvoir.  Le nombre des morts et des blessés fut considérable, car notre cavalerie avait montré un grand-acharnement et fait peu de prisonniers ; il dépassa quatre mille.  Ainsi donc, victimes des fautes du général Blücher, les corps d'Olsufiev et de Sacken venaient d'être complètement défaits.  Restait encore celui du général Yorck.  Le 12 au matin, Napoléon se mit à sa poursuite vers Château-Thierry, voulant aussi s'en défaire avant de retourner sur ses pas pour faire partager à Blücher le sort de ses lieutenants.


1

1814

11 FEVRIER

----------

MONTMIRAIL

MARCHAIS

1814

12 FEVRIER

--------

les caquerets

nesle

château-thierry

1866

15 AOÛT

 

CE MONUMENT A été

élevé par les ordres de

L'EMPEREUR

NAPOLéon III

---

C'est de cette place que

L'EMPEREUR

NAPOLEON Ier

commanda son armée le

11 février

1814

1814

10 FEVRIER

CHAMPAUBERT

-------

14 FEVRIER

VAUCHAMPS

http://extrazoom.com/image-9540.html?s=huln50x50

 

2 Une vue vers l'ouest, à partir du point de vue de l'Empereur, ce 11 février. A gauche de la route, on distingue le hameau du Tremblay, plus loin, Marchais-en-Brie.
A droite de la route, derrière le bosquet, mais plus loin, la ferme des Grénaux.
Cliquez sur l'image pour zoomer.

 


3 Vue à partir du Tremblay (parfois écrit Le Tremblet) en direction de Marchais. L'axe des attaques répétées de la Division Ricard est indiqué par la flêche.

AUX GLORIEUX
2e, 4e, 6e, 9e et 16e
REGIMENTS
D'INFANTERIE LEGERE
- DIVISION RICARD-
11 FEVRIER 1814

AMIS DU PATRIMOINE NAPOLEONIEN
COMMUNE DE MARCHAIS-EN-BRIE
2006

4 Il ne faut pas oublier non plus les autres unités de la division Ricard, qui n'était pas exclusivement composée d'unités d'infanterie légère. Attention aussi : ces "régiments" comptent souvent... moins de 200 hommes et sont donc en fait des compagnies.

Le hameau du Tremblay, qui, comme on peut le constater ici, commence à être défiguré par les nouvelles constriuctions.


Division Ricard
(selon 1814, la Campagne de France, de Hourtoulle) effectifs au début de la campagne :
 

    - Brigade Boudin
            - 6e Léger (197 h.)
            - 9e Léger (130 h.)
            - 16e Léger (199 h.)
            - 138e de Ligne (le 3e Bon, 108 h.)
            - 142e de Ligne ( 95 h.)
            - 145e de Ligne (261 h.)
 
    - Brigade Fournier
             - 2e Léger (112 h.)
             - 4e Léger (136 h.)
             - 22e de Ligne (281 h.)
             - 40e de Ligne (223 h.)
             - 50e de Ligne (190 h.)
             -  69e de Ligne (le 3e Bon, 97 h.)
             - 136e de Ligne (582 h.)
             - 144e de Ligne (306 h.)
 - Brigade Clavel
            - 2e Régiment d'Artillerie de Marine (29 Offr et 205 h.)
            - 4e Régiment d'Artillerie de Marine (19 Offr et 153 h.)
            - 132e de Ligne (380 h.)
            - 142e de Ligne ( 95 h.)

 

 

Elle subit d'énormes pertes durant la bataille, 50 % de ses effectif, soit 800 sur 1600. Huit cents hommes pour cette seule division, alors que les pertes de toute l'armée françaises s'élevèrent, pour cette bataille, à 2000.

5 L'entrée est de Marchais en Brie. C'est ce combat qui a été immortalisé par Horace Vernet.

 

BATAILLE DE MARCHAIS
MONTMIRAIL
----------------------

CETTE FERME JADIS NOMMÉE
FERME DE LA COUR D’AIRAIN
FUT APRÈS DE DURS COMBATS
REPRISE AUX PUISSANCES COALISÉES
PAR LA GARDE IMPÉRIALE ET
LES CONSCRITS DE LA DIVISION
RICARD LE 11 FÉVRIER 1814.

 

La ferme vue du nord. La plaque est entourée d'un cercle. Les témoins de l'époque disent que l'on retira, après la bataille, 400 corps de ce lieu.


L'église de Marchais fut également le théâtre de durs combats. Le clocher fut criblé d'obus durant la bataille. C'est peut-être pourquoi il n'y en a plus !  Des soldats russes s'y étaient réfugiés.

 

 

5 Vue panoramique à plus de 180° du nord vers le sud, à partir de la sortie sud de Marchais (l'entrée sud du village est visible à gauche sur la photo), avec vue sur le ravin de Coulgis.  
De nombreux morts des combats furent, paraît-il, enterrés en ces lieux. Aucun monument ne marque leur tombe.
Cliquez sur l'image pour agrandir.

http://extrazoom.com/image-9541.html?s=huln50x50

 

La même vue, un peu plus au sud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 La ferme des Gren(e)aux, théâtre de durs combats, vue de nos jours.

 

La même, il y un siècle. Le Guide Napoléon - et d'autres sources- semblent dire que le bâtiment d'époque - où l'Empereur a logé- n'existe plus. Or, la carte postale ancienne ci-contre, qui date de la Première Guerre mondiale, semble démontrer le contraire : l'Empereur n'aurait pas logé dans l'aile de droite, détruite, mais au deuxième étage, dans la partie centrale, sui existe encore. La plaque commémorative mentionnant le boulet a été intégrée dans le nouveau monument 7, à l'extérieur de la ferme. Le boulet serait conservé à la ferme et - paraît-il- "visible sur demande".

 


 




BATAILLE DE
MARCHAIS                            
                        - MONTMIRAIL

C'est ici que NAPOLEON 1er
passa la nuit
du 11 au 12 février 1814

Ce boulet a été lancé
par les Russes en retraite
le 11 février 1814
-----------------
Le même jour et au même
instant NAPOLEON était
couché dans cette maison
-----------------

Jadis cette plaque
apposée sur la ferme
commémorait l'événement





8 Vue sur la ferme des Grénaux, à partir du nord. Les attaques françaises venaient de la gauche de la photo. A gauche, route menant plein nord à Chateau-Thierry.
A droite, chemin des Grénaux à la ferme de Plénois. Cliquez sur l'image pour agrandir.


9 Un autre panorama, cette fois à partir de la ferme des Grénaux. L'ouest et le sud sont indiqués. La route de Montmirail à Vieils-Maisons va de gauche à droite de l'image.
Cliquez sur l'image pour agrandir.


10 L'entrée de la ferme de Plénois. C'était ici l’aile droite de l'armée française pendant la bataille de Montmirail. Il fallait à tout prix préserver l'armée d'une arrivée offensive de York.




11 Panorama de la route de la ferme de Plénois vers la ferme des Grénaux : une des parties les plus disputées du champ de bataille.
Cliquez sur l'image pour agrandir.
 

 
Visite du champ de bataille
Montmirail - Le Tremblay - Marchais - ravin de Coulgis - ferme des Grenaux - ferme de Plénois - ferme de Courmont.
 

 

L'ÉPINE-AUX-BOIS

http://extrazoom.com/image-9546.html?s=huln50x50
 
Vue au sud du village


Le village, vu du sud.

                          La ferme de la Meulière.

La Haute-Epine, hameau de la Meulière, stèle des APN (2008) aux cavaliers de la Division Defrance.


"Montmirail", par Henri Chartier
Les Gardes d'Honneur saluant l'Empereur.

AUX
GLORIEUX
CAVALIERS
DE LA
DIVISION
DEFRANCE
La Meulière
11 Février 1814

Amis du Patrimoine Napoléonien 2008
 

 
Extrémité occidentale du champ de bataille, au nord de la D933, entre la  Haute-Epine, à gauche, et le hameau de La  Meulière, à droite.














Le hameau de Përtibout, à 3 km au nord-ouest de Fontenelle-en-Brie. C'est de là que York dirigea ses troupes lors de la bataille de Montmirail. C'est également là que se trouvaient une partie des troupes prussiennes dans la nuit qui suivit la bataille. Elles se retirèrent ensuite au nord du Dolloir (cf. ci-dessous).

 


Couvent de Montléan, à Montmirail, hôpital de campagne après la bataille

En 1984 les délégations de l’Aisne et de la Marne du Souvenir napoléonien et de l’ACMN y posèrent cette plaque

 


 EN HOMMAGE
À
DOMINIQUE LARREY
CHIRURGIEN EN CHEF
DE LA GRANDE ARMÉE
QUI ÉTABLIT EN
CE COUVENT DE
MONTLÉAN
SON HÔPITAL DE CAMPAGNE
LORS DES BATAILLES DE
MONTMIRAIL
ET DE VAUCHAMPS

11 février 1814 : Bataille de Sens


Bas-relief représentant la bataille de Sens du 11 février 1814 sur le socle de la colonne au roi Guillaume de Wurtemberg, sur la grand-place de Stuttgart. Il commandait les troupes wurtembergeoises en 1814, alors qu'il était Prince héritier.
(Cliquez pour agrandir.)

Le 11 février 1814 : ATTAQUE DE NOGENT-SUR- SEINE

Ainsi que nous venons de le voir, en se portant sur la Marne contre l'armée aux ordres du général Blücher, Napoléon avait laissé pour défendre les passages de la Seine les maréchaux Oudinot et Victor, qui devaient retarder la marche de l'armée austro-russe.  Dès que le prince de Schwartzenberg eut appris le mouvement de Napoléon, il reprit son offensive sur Paris.

Le maréchal Victor rétrogradant lentement prit position sur la rive droite de la Seine, et laissa pour défendre Nogent le général Bourmont avec les cadres des 11e et 29e légers et ceux du 18e de ligne.  Cette ville, accessible de toutes parts, est sans défense contre une incursion; le général Bourmont prit cependant des mesures pour s'y maintenir.  On barricada toutes les rues qui aboutissent au pont, et quelques maisons furent crénelées.

Le 11 au matin, le général russe Pahlen se présenta pour entrer dans Nogent; il fut si vigoureusement accueilli qu'il rebroussa chemin; mais il reparut bientôt, soutenu de la division Hardegg. Trois attaques consécutives échouèrent, et l'ennemi fut contenu hors de la ville. A minuit, le général Bourmont fut blessé au genou; le colonel Voirol du 18e prit le commandement, et la fusillade continua toute la nuit. Au jour, l'ennemi parvint à enlever les maisons avancées, mais les mêmes obstacles l'attendaient dans l'intérieur. Ce fut vainement qu'il mit le feu dans plusieurs endroits, ses progrès n'en furent pas plus rapides et il n'avança que pied à pied.

Le colonel Voirol eût prolongé encore quelque temps sa résistance, si le maréchal Victor, ayant appris que les Bavarois passaient la Seine à Bray, dont ils s'étaient rendus maîtres, ne lui eût donné l'ordre d'évacuer Nogent. Il effectua donc sa retraite en bon ordre et fit sauter le pont, qui engloutit sous ses décombres un officier et une cinquantaine de Russes qui poursuivaient son arrière-garde avec plus d'ardeur que de prudence.

La conquête de Nogent coûta à l'ennemi plus de dix-huit cents hommes, tandis que les Français en perdirent à peine quatre cents. Le général Bourmont fut récompensé de cette belle défense par le grade de général de division. Nous ignorons si le colonel Voirol obtint aussi quelque récompense.

Le 12 février 1814 : REDDITION DE SENS.

Le même jour où les armes françaises triomphaient sur la Marne, la ville de Sens (voir ci-dessus) tombait au pouvoir de l'ennemi.

Le général Alix, après avoir défendu cette ville contre le corps allié du prince de Wurtemberg pendant douze jours, dont deux de bombardement, près d'être forcé, l'évacué et se retire derrière l'Yonne avec la poignée de braves qu'il commandait. Irrité d'avoir perdu tant de monde et de temps devant une ville ouverte et dépourvue de fortifications régulières, le prince de Wurtemberg livra la ville au pillage, et, comme à Château-Thierry, la fureur de l'ennemi ne pouvant atteindre les troupes françaises, retomba sur les innocents habitants! ! !

 


12 février 1814 : Bataille de CHÂTEAU-THIERRY

Les journées de Champaubert et de Montmirail (10 et 11 février), si funestes pour l'armée alliée, dite de Silésie, devaient être suivies de journées plus rudes encore. Nous avons dit à Champaubert par quelles fautes le général Blücher se fit entamer, et à Montmirail comment fut battu le corps du général Sacken. L'empereur Napoléon, voyant après ce dernier combat que Sacken s'était rallié au corps d'Yorck, et que ces deux corps opéraient leur retraite sur Château-Thierry, résolut de les poursuivre. Son intention était de revenir sur Blücher resté à Vertus ; mais il lui parut possible, en faisant diligence, d'entamer ces deux corps au passage de la Marne, dont il supposait que les habitants de Château-Thierry pouvaient bien avoir détruit le pont. Le 12, au matin, il se mit donc en mouvement avec les mêmes troupes qui avaient combattu à Montmirail, excepté la division Ricard, qui, fort affaiblie, fut laissée dans cette petite ville à la garde des prisonniers, et la division Friant, qui resta à Vieux-Maisons avec la cavalerie du général Saint-Germain, arrivant de Meaux, dans le but d'observer le débouché de Sézanne.

La Couture (lieu-dit sur la route de Château-Thierry à Montfaucon), pont sur le Dolloir

Le pont sur le Dolloir vu du sud vers le nord, en direction de l'attaque des troupes de Mortier.

Bataille

de

Château-Thierry

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Lors des combats du

12 février 1814

ce pont et ce ru appelé

le Dolloir

défendus par des Tirailleurs

des puissances coalisées

furent les premières

positions ennemies

enlevées par l'infanterie

française

du maréchal

MORTIER

Duc de Trévise

Toute la route était couverte de débris que l'ennemi laissait après lui pour hâter sa retraite :  des pièces d'artillerie, des caissons, des voitures de bagages, une grande quantité de havresacs, furent recueillis par nos éclaireurs. A moitié chemin de Montmirail à Château-Thierry, nos colonnes atteignirent l'ennemi, qui prenait position sur le plateau en arrière du ruisseau des Caquerets, couvert par un défilé ; la canonnade s'engagea aussitôt, L'infanterie du maréchal Mortier, duc de Trévise, franchit le défilé sous le feu des Prussiens et se déploie à cheval sur la chaussée. Les divisions de cavalerie Laferrière, Lefebvre-Desnouettes, Colbert et Defrance arrivent également sur le plateau; le maréchal Ney, prince de la Moskowa, en prend le commandement et manœuvre pour tourner la gauche de l'ennemi. Le général Yorck, pour s'opposer à ce mouvement, fait avancer sa cavalerie de réserve encore intacte et forte de trois mille chevaux. Les deux partis se rencontrent entre les fermes du Petit-Bulloy et de la Motte. La première ligne des Prussiens est enfoncée et culbutée sur la seconde, qu'elle entraîne dans sa déroute. L'une et l'autre sont dissipées en un clin d'œil.

viffort


Vue sur Viffort, d'ouest vers l'est.

BATAILLE DE CHÂTEAU-THIERRY
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C’EST SUR CETTE COMMUNE
QUE S’ILLUSTRÈRENT LE
12 FÉVIER 1814
LES GARDES D’HONNEUR
DU 3ème RÉGIMENT
EN S’EMPARANT
DE PLUSIEURS
PIÈCES D’ARTILLERIE DES
FORCES COALISÉS
 

Le capitaine Carabène, avec 50 gardes du 3ème Régiment, traverse Viffort au grand galop et s'empare un peu plus loin de plusieurs pièces d'artillerie fortement défendues.

MONTFAUCON


L'Empereur passa à Montfaucon le 12 février 1814, et il y eut des combats ce jour-là. Pourtant, le monument commémore un fait d'armes du 4 mars 1814.
 

ESSISES (à 10 km au sud de Château-Thierry)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 L'église d'Essises, témoin de la bataille.

Vous trouverez également sur le site Internet d'Essises de belles photos aériennes qui vous permettront de situer l'endroit et les combats, ainsi qu'un résumé des batailles :  La bataille de Montmirail

Ne manquez pas de visiter le musée de la bataille !  Vous trouverez un avant-goût ici : Musée d'Essises.

Et pour visiter le champ de bataille : Randonnées


Les CAQUERETS
(hameau dominant le village d'Essises, au nord de celui-ci)


Le monument se trouve sur la place Napoléon. Au moins une supériorité de ce hameau sur Paris...

BATAILLE DE
CHÂTEAU-THIERRY
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LE 12 FÉVRIER 1814
CE VILLAGE FUT REPRIS
AUX PUISSANCES COALISÉES
PAR LES GRENADIERS
DE LA VIEILLE GARDE

 

Ce petit hameau se trouvait au centre du dispositif de von Katzler, couvrant la retraite alliée vers Château-Thierry.  Profitant d'une faille dans le dispositif allié, les grenadiers de la Vielle Garde franchissent le Dolloir, escaladent les hauteurs et en chassent les Prussiens. Le hameau fut le théâtre de furieux corps-à-corps.  Un diorama au musée d'Essises montre cette phase de la bataille.  
 

Pendant ce temps l'infanterie française, soutenue des escadrons de service, poussait l'infanterie ennemie, qui se repliait rapidement dans le vallon de Château-Thierry. Une seule brigade, qui tenait l'extrême droite, résistait encore; le général  Belliard, aide-major-général de la cavalerie de l'armée, se met à la tête des escadrons de service, tourne cette troupe qui, voyant le danger qui la menace, se forme en carré, et la charge de front et en flanc. Malgré leur vive fusillade, les Prussiens ne résistent point à ce double choc, les carrés sont enfoncés, et tout ce qui n'est pas sabré ou pris ne parvient à s'échapper qu'en se jetant à travers un bois, dans une déroute complète.

Dès ce moment l'armée française continua, sans obstacle, son mouvement sur Château-Thierry. En arrivant sur la côte de Nesle, elle aperçut tout le désordre et la confusion de l'armée ennemie, à laquelle il ne restait de salut que de l'autre côté de la Marne ; car la route d'Épernay lui était coupée par les dragons de la garde, qui menaçaient de l'acculer au pont de Château-Thierry, si elle ne se hâtait de le passer.

Cependant, comme en descendant la côte de Nesle, il n'y a de praticable qu'une chaussée étroite à travers des marais, nos troupes ne purent pousser vivement l'ennemi et l'encombrer sur le pont. Le prince Guillaume de Prusse, qui depuis plusieurs jours était à Château- Thierry, sortit de la ville avec deux bataillons pour protéger les fuyards. Napoléon envoya contre eux le général Petit avec deux bataillons des grenadiers de la Vieille Garde, qui les rompit et les poursuivit jusqu'au pont. Le prince ne s'échappa qu'en y faisant mettre le feu. Quatre cents hommes de cette réserve furent faits prisonniers. L'ennemi démasqua alors une batterie de douze pièces placée sur la rive droite, et le feu, de part et d'autre, ne fut éteint qu'à huit heures.

Napoléon établit son quartier-général au château de Nesle, au milieu de la garde. Pendant la nuit les corps d'Yorck et de Sacken continuèrent leur retraite sur la route de Soissons.

12-13 février 1814 :

Nesles-la-montagne (au SE de Château-Thierry)

Au soir de la bataille de Château-Thierry, le Quartier-Général Impérial s'établit au château de Nesles. L'Empereur lui-même préféra la ferme du Lumeron.


BATAILLE DE
CHÂTEAU-THIERRY
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C’EST ICI QUE
NAPOLÉON SE REPOSA
APRÈS SA VICTOIRE
SUR LES COALISÉS
 LE SOIR DU 12 FÉVRIER 1814

Mais avant d'évacuer Château-Thierry, ces barbares étrangers se vengèrent de leur défaite sur les paisibles habitants. Cette malheureuse ville, depuis huit jours était en proie à tous les maux qu'enfante la guerre. Au moment du départ de l'ennemi, elle fut traitée comme une place prise d'assaut, et saccagée. Beaucoup d'habitants périrent ; les femmes qui ne purent se cacher, furent livrées à toute la brutalité d'une soldatesque effrénée, plusieurs succombèrent aux excès dont elles avaient été victimes. L'incendie seul manqua à cette atroce et lâche vengeance qu'aucun acte des infortunés citoyens n'avait provoquée. S'il faut en croire le rapport de plusieurs habitants dignes de foi, de telles horreurs ne furent pas seulement le fait de l'indiscipline des soldats ; les chefs les ordonnèrent !! !

Soi-disant coalisés de la France, vantez-vous ensuite de votre modération, de votre loyauté ! Si dans l'histoire des guerres qui depuis vingt cinq ans ont désolé l'Europe, on veut trouver la violation des conventions les plus sacrées, des promesses les plus solennelles ; le meurtre, la dévastation et l'incendie, sans provocation comme sans nécessité ; c'est dans vos rangs qu'il faut les chercher. La seule campagne de 1814 n'en offre que trop d'exemples. La générosité française a souvent atténué les calamités de la guerre, votre barbarie les a presque toujours aggravées.

Le lendemain, le pont ayant été rétabli, le maréchal Mortier passa la Marne et se mit à la poursuite de l'ennemi, auquel il fit encore quatre à cinq cents prisonniers. Les fuyards qui s'étaient jetés dans les bois tombèrent entre les mains des habitants du pays qui, exaspérés de tous les maux qu'ils souffraient, les immolèrent sans pitié. Il périt ainsi plus de deux mille hommes.

Ces deux journées, qui ne coûtèrent pas quatre cents hommes aux Français, causèrent aux coalisés une perte de plus de neuf mille hommes, dont quatre mille prisonniers. Elles eussent été plus décisives encore si le maréchal Macdonald, marchant directement de Meaux à Château-Thierry, ainsi qu'il en avait reçu l'ordre, eût tombé sur les vaincus par la rive droite de la Marne, pendant qu'ils étaient poussés sur la rive gauche; mais ce maréchal n'arriva point à temps, et ne put atteindre que l'arrière-garde de Sacken, à laquelle il fit une cinquantaine de prisonniers.

 Ainsi débarrassé d'Yorck et de Sacken, Napoléon retourna sur ses pas le 14 février pour compléter la défaite de l'armée de Silésie en traitant le général Blücher lui-même comme ses lieutenants. Ce fut ce même jour, à Vauchamps, que le général français exécuta pleinement ses projets.




C’EST SUR LE PLATEAU
DE NESLES ENTRE LES
FERMES DU GRAND ET
PETIT HEURTEBISE QUE
LE 12 FÉVRIER 1814
UNE CHARGE HÉROÏQUE DU
10e RÉGIMENT DE HUSSARDS
BRISA UNE CONTRE-ATTAQUE
DE LA CAVALERIE COALISÉE
PERMETTANT LE DÉGAGEMENT DU
PLATEAU ET LA VICTOIRE DE
CHÂTEAU-THIERRY
CE FAIT D’ARMES VALUT À SON
CHEF DE CORPS, LE COLONEL
CURELY
LES ÉTOILES DE GÉNÉRAL DE BRIGADE
**


En 1990, la délégation de l’Aisne de l’ACMN fit ériger, à l'entrée du chemin qui conduit à la ferme du Lumeron, une belle stèle à la mémoire du général Curely et de ses cavaliers. La cérémonie d'inauguration eut lieu le 11 février 1990. On notera la plaque en forme de sabretache le le noeud hongrois, typique des uniformes des hussards. Le 10e Hussards de Curély dépendait, avec le 1er Régiment de Gardes d'Honneur, de la Brigade Piquet, rattachée à la Cavalerie de la Garde.


Le plateau de Nesle. A droite, la ferme du Lumeron.
Cliquez sur l'image pour agrandir.

Nogentel (La Boudinotte)



BATAILLE DE CHÂTEAU-THIERRY
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EN MÉMOIRE DE CEUX QUI SONT
TOMBÉS AU COMBAT
DE LA BOUDINOTTE
12 FÉVRIER 1814

CHÂTEAU-THIERRY (lieu-dit les Garats)

12

février
1814

 


En brûlant le pont de Château-Thierry, les Prussiens empêchent toute poursuite.

CHÂTEAU-THIERRY

Hôtel de la Poste, à Château-Thierry, où Napoléon passa la nuit du 13 au 14 février 1814, chez le maître de poste Jean Souliac.

Le 13 février 1814 : COMBAT DE CUTERELLES

Pendant que l'empereur Napoléon manœuvrait sur la Marne contre l'armée alliée dite de Silésie, l'armée austro-russe s'avançait sur la Seine. Le maréchal Oudinot, resté avec le maréchal Victor pour défendre ce fleuve, ayant appris que l'ennemi attaquait Bray, se porta en toute hâte vers cette ville, par la route de Donnemarie, avec la division Rottembourg et la brigade Gauthier, dans l'intention de disputer le passage de la Seine, s'il en était encore temps, ou du moins de combattre les troupes qui pourraient 'déjà être passées.

Ayant pris position sur les hauteurs du village de Cuterelles, lorsqu'il eut reconnu que le passage était effectué, il y fut attaqué par le corps bavarois commandé par le général de Wrede. Quoique le nombre de l'ennemi fût quintuple de celui des Français, leur position était si bonne, et leur résistance fut si opiniâtre, que de toute la journée ils ne purent être forcés. Toutefois le maréchal Oudinot, qui avait eu six cents hommes et le général Gauthier hors de combat, ne croyant pas pouvoir résister le lendemain à un nouveau choc, effectua sa retraite pendant la nuit, et se replia sur Nangis.


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Combats_de_Cuterelles_et_Luisetaines_-_Situation_entre_11h_et_12h.jpg
Auteur : Petit-Historien

14 février 1814 : Bataille de VAUCHAMPS

Nous avons vu au combat de Champaubert (10 février) comment le feld-maréchal Blücher, commandant l'armée de Silésie, causa la défaite successive de ses divers corps, maladroitement disséminés. Ce général , loin de chercher à réparer ses fautes après que la déroute de la division Olsufiev lui eut fait connaître les projets de l'empereur Napoléon, ne fit pas seulement éclairer la marche de l'armée française; et avec une imperturbable et sotte sécurité, il resta encore trois jours à son quartier-général de Vertus, de sorte que les corps de Sacken et de Yorck étaient écrasés à Montmirail et Château- Thierry (11 et 12 février), qu'il les croyait encore intacts et réunis tenant en échec le général français qui, selon lui, devait être retourné sur Sézanne , intimidé par les mouvements de l'armée austro-russe sur la Seine. Cependant le 13 février au matin, ne recevant point de nouvelles de ses lieutenants, il résolut de se porter sur Montmirail, pour savoir enfin à quoi s'en tenir.

En conséquence, il se mit en mouvement sur la route de la Ferté-sous-Jouarre, avec les corps de Kleist et de Kapzewitsch, forts de vingt-huit mille hommes. Le maréchal Marmont duc de Raguse, qui, ainsi que nous l'avons dit au 11 février, était resté à Étoges avec la cavalerie du général Grouchy, pour observer la route de Châlons, trop faible devant un corps si nombreux, se replia lentement sur Montmirail, et fit prévenir Napoléon, qui venait d'entrer à Château-Thierry. Celui-ci, qui connaissait mieux que Blücher tout le prix du temps, ne balança pas à faire volte-face, pour donner une nouvelle leçon de vigilance au général prussien. Laissant le maréchal Mortier, duc de Trévise, à Château- Thierry, avec les divisions Christiani, Defrance et Colbert, en observation devant les débris des corps de Sacken et de Yorck , il partit le 14, dans la nuit, avec la Garde impériale, le corps du maréchal Ney, prince de la Moskowa, et arriva à huit heures du matin à Montmirail, au moment où le duc de Raguse s'y retirait, poussé par l'avant-garde prussienne. Le mouvement rétrograde s'arrêta aussitôt, et l'ordre de reprendre l'offensive fut donné sur-le-champ.

VAUCHAMPS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 








L'aigle de VAUCHAMPS, œuvre d'Audrey Cricco, inaugurée en 1980.

Le duc de Raguse attaqua de front le village de Vauchamps qu'occupaient les Prussiens, tandis que le général Grouchy avec sa cavalerie, à la faveur des bois de l'Échelle, de Hautefeuille et de Sarrechamp, tournait leur position par la droite; l'infanterie et la cavalerie de la garde étaient placées en réserve sur la route. La réunion de ces divers corps présentait un effectif de dix-huit mille hommes, mais notre cavalerie était plus nombreuse que celle de l'ennemi.

FERME DE SARRECHAMPS (NO de Janvilliers)


Comme on peut encore le voir, cette ferme était un véritable fortin comparable -toutes proportions gardées- au grenier d'Essling. 
Le bataillon de la 10ème brigade prussienne qui la défendait, oublié - volontairement ou non - pendant la retraite alliée, résista pendant  deux heures avant de se rendre.

AUX HÉROÏQUES
COMBATTANTS
DU BATAILLON
DE LA 10E BRIGADE
PRUSSIENNE
ET AUX GRENADIERS
DE LA GARDE
IMPÉRIALE
QUI
S’AFFRONTÈRENT EN
CE LIEU
LE 14 FÉVRIER 1814
                  APN 2004

Après deux heures d'attaques successives et simultanées sur le village et la gauche de la ligne ennemie, dans lesquelles nous fîmes un millier de prisonniers, le général Blücher céda le terrain et commença sa retraite. Elle s'exécuta en assez bon ordre jusqu'à Janvilliers. Mais à peine les colonnes prussiennes eurent-elles dépassé ce village, que dans un vaste champ à gauche de la route le général Grouchy, avec le premier corps de cavalerie, tombe sur leurs derrières, et accule de fortes masses aux bois entre Saint-Martin d'Ablois et Étoges. Dix-huit cents hommes, coupés par cette charge, mettent bas les armes; deux bataillons qui rentrent dans le village sont cernés et pris, quatre pièces sont enlevées. Dans le même temps notre infanterie, qui suivait l'ennemi, entre au pas de charge dans Fromentière et fait bon nombre de prisonniers. Profitant du désordre, le général Laferrière, à la tête des escadrons de service, charge à son tour plusieurs carrés; deux tiennent ferme, mais un est enfoncé, et cinq cents hommes sont pris.

JAnvilliers

PENDANT LA BATAILLE
DE VAUCHAMPS
LE VILLAGE ET LES FERMES
ENVIRONNANTES FURENT
LES TÉMOINS DE PLUSIEURS
 COMBATS
OÙ DEVAIT S’ILLUSTRER
LE 1erRÉGIMENT DE
 CHEVAU-LÉGERS LANCIERS
DE LA GARDE IMPÉRIALE
SOUS LE GÉNÉRAL COMTE
KRASINSKI

14
 FÉVRIER
1814

Cependant le général Blücher avait rallié ses colonnes, et faisait sa retraite en échiquier, profitant de tous les accidents du terrain, qui facilitaient les chicanes. Napoléon ordonne au général Drouot de faire avancer toute l'artillerie de la garde; ce qui fut exécuté avec un tel succès, que pendant deux heures les masses ennemies furent suivies et mitraillées par cinquante bouches à feu, sans pouvoir en mettre plus de six en action.

Quelque meurtrière que fut cette nouvelle attaque, le général Grouchy préparait une plus terrible catastrophe à l'armée de Silésie. Dès qu'il eut exécuté si heureusement sa première charge, prévoyant que l'ennemi allait continuer sa retraite sur Étoges, il partit en diligence, et faisant un circuit il vint à travers bois se placer à cheval sur la grande route en avant de Champaubert. Il avait donné l'ordre au général Coin, commandant l'artillerie, de suivre avec douze pièces légères ; malheureusement la difficulté des chemins les retarda :  si elles fussent arrivées à temps, c'en était fait de l'armée de Silésie.

Le jour tombait, et le général Blücher continuait péniblement sa marche, lorsque le général Grouchy, qui l'attendait à la tête des divisions Doumerc, Bordessoulle et Saint-Germain, se précipite comme la foudre sur ses derrières. Cette charge, poussée à fond, rompt les lignes, enfonce les carrés, et les met dans le plus affreux désordre. La cavalerie de la Garde arrive avec Napoléon et, prenant l'ennemi en queue, achève de porter dans ses rangs la terreur et la mort. Le prince Auguste de Prusse, le général Blücher, les généraux Kleist et Kapzewitsch, entraînés par les fuyards, sont foulés aux pieds des chevaux ; ils restent quelque temps au milieu des Français, mais parviennent à s'échapper à la faveur du désordre et de l'obscurité. Nos cuirassiers sabrant sans résistance au milieu des ennemis dispersés, eussent probablement passé au fil du sabre ou pris jusqu'au dernier homme d'infanterie, si le prince de la Moskowa, craignant de les voir s'égarer dans les bois, n'eût fait sonner le ralliement.

Trois régiments de cavalerie prussienne et quelques bataillons russes étant parvenus à se faire jour, le général Blücher espéra pouvoir rallier les débris de son armée en arrière d'Étoges, mais le duc de Raguse ne lui en donna pas le temps. Malgré l'obscurité, il culbuta l'arrière- garde, qui voulait défendre Étoges, lui fit six cents prisonniers parmi lesquels se trouva le prince Uvarow, qui la commandait, prit huit pièces de canon, et contraignit Blücher à fuir en toute hâte. Là seulement s'arrêta la poursuite; et l'armée française, exténuée de fatigue, prit enfin quelque repos. Les tristes débris de l'armée de Silésie continuèrent pendant la nuit leur fuite sur Châlons, arrosant la route de leur sang, et la jalonnant de blessés. Le lendemain, ils passèrent la Marne, et prirent des cantonnements où les corps de Sacken et d'Yorck se réunirent enfin le 16 ; mais de quelques jours Blücher, trop maltraité, ne put rien entreprendre.

Ainsi ce général malencontreux, après avoir été stupidement témoin passif du désastre de trois de ses lieutenants, accumulant faute sur faute, vint se faire écraser lui-même par une attaque étourdiment intempestive.

Tel fut le combat de Vauchamps, dans lequel, sans avoir perdu plus de six cents hommes, l'armée française prit vingt pièces de canon, dix drapeaux, cinq mille prisonniers, et mit hors de combat plus de neuf mille hommes. Cette journée fit le plus grand honneur à notre cavalerie, sur-tout au général Grouchy, dont les manœuvres serrées pour tourner deux fois la ligne ennemie décidèrent la victoire.

Le lendemain du combat de Vauchamps, Napoléon ne craignant plus rien pour le moment de l'armée de Silésie, laissa le duc de Raguse à Étoges, quelques corps volants sur la Marne, et partit avec la garde impériale et le prince de la Moskowa pour retourner sur la Seine s'opposer aux progrès que l'armée austro- russe faisait sur Paris.

Ainsi, dans le court espace de cinq jours l'empereur Napoléon avait écrasé successivement les cinq corps de l'armée de Silésie, qui marchaient sur Paris par la Marne comme à une conquête assurée. Cette armée perdit dans les quatre combats de Champaubert, Montmirail, Château - Thierry et Vauchamps, trente-deux mille hommes tués, blessés ou prisonniers, et soixante-sept pièces de canon. La perte totale des Français ne fut pas de trois mille hommes.

S'il faut en croire M. Koch (dans ses Mémoires sur la campagne de 1814), dont les assertions paraissent généralement fondées, ces succès, dus en grande partie aux savantes combinaisons du chef de l'armée française, lui furent plus funestes que favorables. Selon lui, Napoléon, après la bataille de la Rothière (1er février), envisageant avec effroi sa position, et calculant ses ressources, jugea que le destin de l'Italie était attaché à celui de la France. Il prescrivit en conséquence au prince Eugène, vice-roi, de jeter des garnisons dans les grandes places, de repasser les Alpes avec son armée, et d'entrer de suite en action sur la base d'opération des coalisés. Cette sage mesure, qui aurait eu d'importants résultats, fut contremandée après Vauchamps. Ce retour de la fortune lui donna l'espoir de la fixer encore, et il révoqua ses ordres.

 

Bilan : 10-14 février 1814
En 5 jours et 4 batailles, l’Empereur cause plus de 20 000 pertes à l’ennemi (au prix de +/- 3 400 pertes).
Cela coïncide avec l'arrivée en renfort, côté allié, du 2e Corps russe de Winzingerode : 30 000 hommes !

Le 14 février 1814 : PRISE DE SOISSONS

Pendant que les armées alliées s'avançaient sur Paris par la Seine et la Marne, le général russe Wintzingerode, avec trente mille hommes, marchait aussi sur la capitale de l'Empire français par la route de Laon.

Le 14 février, il se présente devant Soissons, défendu seulement par douze cents hommes, et tente de l'escalader. Le général Rusca, qui y commandait, repousse une première attaque, mais il est tué. L'ennemi s'empare de la porte de Laon, pénètre dans la ville et en chasse la garnison, qui y perdit six cents hommes.

- Éphémérides militaires depuis 1792 jusqu'en 1815, ou Anniversaires de la valeur française. Février. par une société de militaires et de gens de lettres, 1820 Pillet aîné (Paris), (1818-1820).

- Cartes (sauf mention contraire) :Johnston, Alex. Keith, Atlas to Alison's History of Europe, William Blackwood and Sons, Edinburgh and London,  1848.

SUITE : Campagne de France (2 b) : 15-28 février 1814

Campagne de France (1) : novembre 1813- janvier 1814
Campagne de France (2 a) : 1er- 14 février 1814
Campagne de France (2 b) : 15-28 février 1814
Campagne de France (3 a) : 1er - 15 mars 1814
Campagne de France (3 b) : 16-31 mars 1814
Campagne de France (4) : avril 1814
Campagne de France dans le Sud-Est
Campagne de France dans le Sud-Ouest

 

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