Emmanuel de Grouchy

(1766-1815-1847)

marquis (ancien régime)

maréchal de l'Empire

comte de l'Empire - Pair de France

 

S'il est un mal-aimé parmi les maréchaux de Napoléon, c'est bien Grouchy. "Petit dernier" d'une longue lignée de maréchaux de l'Empire, seul le maréchal de la promotion de 1815, Grouchy souffre encore de nos jours des accusations portées contre lui par Napoléon à Sainte-Hélène et par les historiens qui ont accepté sans esprit critique ces accusations.  Cela a une conséquence directe : aucun monument n'a été érigé à sa gloire, et sa ville natale n'a même pas daigné apposer une plaque sur sa maison natale.

Authentique marquis de l'ancien régime, Grouchy entre à l'armée comme aspirant au Corps Royal de l'Artillerie en 1779. Celui qui deviendra célèbre comme commandant de cavalerie commence donc sa carrière dans l'artillerie. C'est en 1784 qu'il devient capitaine au Royal-Étranger-Cavalerie.  Au moment où survient la Révolution, il est déjà commandant au 12e Régiment de Chasseurs à Cheval. Il commande ce régiment en 1792 et passe général de brigade la même année.

Tout au long de l'Empire, Grouchy a été un excellent général de cavalerie qui s'est illustré e. a. à Eylau, Friedland et Wagram.

Il fit également une superbe campagne de France en 1814.

À côté de tels états de service, c'est finalement pour une "campagne" qui n'en mérite même pas le nom, qu'il fut nommé maréchal : la capture du duc d'Angoulême à Pont-Saint-Esprit.

On ne répétera pas tout ce qui a été dit à propos de Waterloo, mais signalons tout de même sa magistrale retraite après la demi-victoire de Wavre, au cours de laquelle il ne perdit ni une aigle, ni un canon.

 

 

 

 

 

Grouchy en Colonel du 2e Dragons en 1792, par G. Rouget.

20 juin 1815

Il faut encore mentionner la plaque apposée à l'emplacement de la porte de Bruxelles à Namur (actuellement place d'Omalius) par l'ACMN en 1986. C'est le seule monument commémorant le combats du 20 juin 1815, le monument funéraire érigé en 1857 au cimetière de Namur (Saint-Servais) ayant été détruit.

 

 

ici s'élevait

la porte de bruxelles

le 20 juin 1815, cette porte

fut témoin des combats

opposant l'Arrière-garde

du maréchal grouchy

à l'armée prussienne.

                     a.c.m.n.  1986

 

 

Proscrit à la deuxième Restauration, il doit s'enfuir, à Guernesey d'abord, à Philadelphie ensuite. La Restauration ne reconnaissant pas les nominations faites au cours des Cent-Jours, il dut attendre jusqu'en 1831 (1835, selon d'autres sources) pour que sa nomination soit enfin reconnue et son traitement versé !

Il décède le 29 mai 1847 à Saint-Étienne, en revenant d'un voyage en Italie.

Notons qu'il était le beau-frère de Condorcet, celui-ci ayant épousé sa sœur Sophie, et également de Pierre-Jean Cabanis, célèbre médecin et académicien qui avait épousé sa sœur Charlotte-Félicité.  Dans les deux cas, cela n'a certainement pas aidé sa carrière : le salon de Sophie était le point de rencontre d'opposants à l'Empire, et Cabanis, bien que sénateur de l'Empire, était hostile à l'Empereur. Un autre facteur explique peut-être son maréchalat tardif : Grouchy avait été un proche de Moreau.

Même après sa mort, le malheureux semble encore être la victime d'un ostracisme de la part de ses concitoyens et collègues.  Si, comme la plupart de ses collègues maréchaux, il est enterré au Père-Lachaise, c'est cependant loin d'eux, dans la 57e division (avenue latérale du Nord, première ligne).

Restauration prévue en 2006

Financement Souvenir Français

(toujours en attente, depuis 2006, d'une autorisation pour effectuer les travaux de restauration !)

 

La plaque pour laquelle l'ACMN espère obtenir un jour l'autorisation...

 

EMMANUEL

MARQUIS DE GROUCHY

MARÉCHAL DE FRANCE

... 1766

... 1847

 

 

JOSEPHINE FANNY HUA

MARÉCHALE

MARQUISE DE GROUCHY

NÉE À MANTES

LE 20 Xbre 1802

DÉCÉDÉE À PAU

LE 20 JUIN 1889.

 

Le nom de la première des trois couronnes n'est pas lisible, peut-être s'agit-il de sa première épouse, Cécile le Doulcet de Pontécoulant, morte en 1827. Fanny Hua, sa seconde épouse, est la seule des maréchales de l'Empire à être née au XIXe siècle; elle est décédée sous la 3ème République.

Aucune inscription ne rappelle les nombreux titres du Maréchal, aussi nous permettons-nous de le faire ici :

- Pair de France,

- Grand-Croix de l'Ordre militaire de Bavière,

- Grand-Aigle de la Légion d'Honneur,

- Commandant de la Couronne de Fer.


Le maréchal de Grouchy a tout de même un honneur particulier, bien mérité : celui d'avoir son cœur dans une urne dans le caveau des gouverneurs aux Invalides. Cependant, aucune plaque ne le mentionne dans l'église.

 

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© D. Timmermans