Joachim MURAT (1767-1815), grand-duc de Berg et de Clèves, roi de Naples
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Joachim Murat est né le 25 mars 1767 à la Bastide-Fortunière, qui changera plus
tard son nom en la Bastide-Murat.
Sa maison natale existe encore est un intéressant petit musée présentant
quelques souvenirs du Maréchal et Roi (dont voici le site
Musée Murat).
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L'ancienne cure, maison achetée ultérieurement par la famille Murat et où la mère du Maréchal, Jeanne Loubières, mourut.
Statue de Murat, par Malknecht, place Aristide-Briand à Cahors.
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Murat à Heilsberg, le 10 juin 1807
Le 9 juin, Murat, à la tête de la Réserve de Cavalerie composée de la division de cavalerie légère de Lasalle, de la division de dragons de Latour-Maubourg et de la division de cuirassiers d'Espagne, reçoit l'ordre de l'Empereur de simplement garder le contact avec les troupes russes, sans rechercher le combat. Mais le 10, il oublie les ordres de l'Empereur et attaque les 80.000 Russes, bien retranchés et munis d'une forte artillerie avec ses 9000 cavaliers. Aucun plan, il fonce dans le tas avec l'ensemble de ses troupes, malgré un terrain très défavorable à la cavalerie. Les Russes sont en effet retranchés sur une hauteur qu'on peut seulement atteindre par une vallée couverte par les feux de l'artillerie ! De plus, cette vallée est très humide ("On ne put retirer les chevaux qu'avec des cordes, après la bataille." Lucas-Dubreton, op. cit., p.117.)
Murat enlève donc que toute sa cavalerie, 18 régiments (!), de manière fort peu orthodoxe et il fonce sur les 400 pièces d'artillerie russes. Au cours de la charge, son cheval est atteint par un boulet (selon Lucas-Dubreton et Parquin) ou une balle (selon Dupont) et s'écroule.
Parquin (pp. 40-41) cite le récit de son ami le maréchal-des-logis Jean Henry (et non Henri (cf. Jourquin, op. cit.)), du 20ème Chasseurs à Cheval, détaché d'ordonnance ce jour-là auprès du prince Murat.
- En un instant nous fûmes aux prises, et nous donnions les premiers coups de sabre, lorsqu'un boulet abattit le cheval du Prince. Je me jetai tout de suite à terre, et tenant la bride de mon cheval sous le bras j'aidai le prince à se retirer de dessous son cheval. Il y laissa la botte gauche dans l'étrier.
- Ce n'est rien ! Ce n'est rien ! Un cheval !" dit le Prince. J'offris le mien qui fut accepté, et le prince monta en selle, un pied chaussé et l'autre nu, comme dans la chanson. Ce n'était pas pour se tirer hors du danger que le prince avait pris mon cheval ; c'était, au contraire, pour se précipiter au milieu de l'ennemi aux cris : "En avant ! En avant ! Vive l'Empereur !" Et dans un quart d'heure, trois à quatre mille Cosaques qui s'étaient rendus maîtres du centre de la plaine en furent balayés comme la poussière."

Murat à Heilsberg, par Myrbach.
Les biographes de Murat sont plusieurs à rapporter cet événement. Tous s'accordent également à dire qu'une de ses bottes reste coincée sous le cheval et qu'il se dégage, un pied nu (selon d'autres, il garde sa chaussette !). Ce qui arrive alors est moins clair. Lucas-Dubreton dit que c'est à ce moment -donc au moment où Murat est à terre- que Lasalle le dégage. Par contre, pour Dupont, le prince saute alors sur la monture d'un brigadier de chasseurs (et non des cuirassiers) et se lance à nouveau dans la mêlée, d'où il est dégagé par Lasalle au moment où il allait être submergé par les cavaliers russes.
Les historiens s'accordent également pour dire que, à peine quelques minutes plus tard, Murat rend la pareille à Lasalle, ce qui donnera le fameux : " Nous sommes quittes, mon cher général." lancé par le Grand-Duc. Par la folie intrépide de Murat, la journée est très coûteuse pour l'armée impériale (7000 hommes, selon Dupont), sans aucun avantage réel.
La bravoure de la division Espagne a enthousiasmé Murat. A peine les cuirassiers se sont-ils arrêtés pour souffler, qu'il leur crie : "Cuirassiers, vous êtes les plus intrépides cavaliers du monde . L'Empereur saura ce que vous avez fait aujourd'hui."
Parquin raconte encore comment Henry rapporta le soir la selle de Murat au quartier général : " Je t'assure que j'en avais la charge, car l'or y dominait sur le fer. Le prince Murat me fit remettre mon cheval (Schipska) le soir, et m'ayant fait demander le numéro de mon régiment et mon nom, je fus décoré après la campagne."
Comme chacun sait, Joachim Murat n'eut pas droit à une tombe individuelle après son exécution au Pizzo. Il y a cependant une inscription à sa mémoire, ainsi que son profil, sur la tombe de la famille Murat, dans la 39e division du Père-Lachaise. Cette tombe est donc un peu son cénotaphe. Son épouse Caroline Bonaparte est également mentionné. On remarquera à l'arrière-plan l'imposante tombe d'un autre* amiral, Decrès.
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* Rappelons que Joachim Murat avait également le titre d'amiral.
À Paris, rue de Rivoli, sur la façade Nord du Louvre, on trouve une autre statue, par Peter, représentant le roi de Naples.

Bibliographie :
- Marcel Dupont, Murat, Cavalier, Maréchal de France, Prince et Roi, éditions Copernic, 1980.
- J. Lucas-Dubreton, Murat, Fayard, 1944.
- Yves Buffetaut, Collection "Les grandes Destinées" N°4, Murat, Roi de Naples : la chevauchée du meilleur cavalier de l'Empire, 1994.
- Parquin, Récits de guerre, Souvenirs de Parquin, Introduction de F. Masson, 1892
- Jacques Jourquin, Souvenirs et biographie du Commandant Parquin, Tallandier, 2003.