Auguste-Frédéric-Louis VIESSE de MARMONT

(1774-1809-1852)

maréchal de l'Empire
duc de Raguse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marmont en Lieutenant d'Etat-Major d'Artillerie en 1792,
par Rouget

   

Peu de noms de la période de l'Empire sont autant frappés d'opprobre que celui de Marmont (pour ceux qui s'en souviennent). Raguser, ragusade* sont des mots devenus désuets, mais qui ont eu longtemps un terrible sens.  Comme le disait Napoléon à Ste-Hélène : "Tout le monde regarde Marmont comme un traître, mais il y a des gens plus coupables que lui [...] Marmont sera un objet d'horreur pour la postérité. Tant que la France existera, on ne pourra entendre le nom de Marmont sans frissonner d'horreur. Il le sent; et c'est sans doute maintenant l'homme le plus misérable qui soit au monde. Il ne saurait se pardonner à lui-même et il terminera sa vie comme Judas."

En effet, Marmont passera le reste de sa vie à essayer de justifier sa trahison de 1814, d'autant plus inexcusable qu'il était un ami intime de longue date de Napoléon.

Marmont sera un des trois maréchaux de la campagne d'Autriche de 1809 (celui nommé "par l'amitié").

Le plus jeune de maréchaux de l'Empire est né à Châtillon-sur-Seine le 20 juillet 1774.

Voici son acte de naissance (A.D. 21) : (merci à D. Contant)

L'an mil sept cent soixante quatorze le vingt juillet je soussigné
chanoine régulier prieur Curé de Châtillon sur Seine vue
la position accordée par Monsieur Baudac de .....
grand vicaire du Diocèse de Langres en date du quatorze
juillet de la présente année ai ondoyé en la maison de Messire
Nicolas Edmé Viesse de Marmont ancien Capitaine au
Régiment d'Haynault, Chevalier de l'Ordre Royal et
Militaire de Saint Louis, Lieutenant du Roi en la ville de
Châtillon sur Seine Seigneur de Ste Colombe, un fils né aujourd'huy
du légitime mariage de Messire Viesse, et Dame Clotilde
Hélène Victoire Chappron son épouse, en présence dudit Messire
de Marmont, et autres témoins requis à sous-signer (avec moi ?)
Viesse de Marmont           Charles                        Viton .... curé
Baille (?)

 

 

Le château de la famille Marmont, où Bonaparte fut reçu les 12 et 13 mars 1796, alors qu'il se rendait à Nice prendre le commandement de l'armée d'Italie. Ce château joua un autre rôle dans l'histoire, car c'est ici que le maréchal Joffre séjourna du 6 au 25 septembre 1914 et qu'il rédigea le célèbre ordre du jour du 6 septembre.  C'est cet événement que rappellent les deux plaques commémoratives de part et d'autre de la grille.

Le musée de Châtillon-sur-Seine possède dans ses collections deux bâtons de maréchal de Marmont, un de l'Empire et un de la Restauration.  Ils ne sont malheureusement pas exposés "par manque de place" (!) (Vous m'expliquerez quelle énorme place un bâton peut prendre dans un musée!)

Pas vraiment des monuments à sa gloire, mais signalons l'existence de 2 "Apelsteine" à Leipzig, rappelant sa participation à la bataille des Nations.

16- 18 OCTOBRE 1813 : BATAILLE DE LEIPZIG

Apelstein 25 Marmont (Möckern, Schumann Strasse/ Seelenbinderstrasse 206)

L'Apelstein 25 indique les positions du VIème Corps de Marmont (20ème Division de Compans (Apelstein 15), 21ème Division de Lagrange (Apelstein 17) et  22ème Division de Friederichs (Apelstein 19), dans la défense de Möckern le 16 octobre. Cf. aussi l'Apelstein 29.

L'Apelstein numéro 25 indique l'emplacement des 18.000 hommes du VIème Corps de Marmont, défendant Möckern contre les Prussiens, le 16 octobre 1813.

 

 

 

N

 

MARMONT

Herz. v. Ragusa

VI. Corps

18.000 M.

 

 

25.

 

 

 

 

 

 

N. Schlacht bei MÖCKERN am 16. Oktober 1813.   25.

 

Le 18 octobre, Marmont disposait encore de 15 000 hommes pour la défense de Schönefeld. Dans le courant de l'après-midi, ils durent céder devant les attaques du corps de Langeron (Apelstein 30). Pour Marmont, cf. aussi l'Apelstein 25.

 

N

 

Marschall

Marmont

VI. Corps

15000 M.

 

 

29.

 

 

La seconde stèle à Marmont, la numéro 29, se trouve à l'emplacement des 15.000 hommes qui lui restaient au matin du 18 octobre. Dans l'après-midi, les unités durent abandonner Schönefefeld et céder devant la pression des troupes de Langeron (stèle 30), deux fois plus nombreuses.

 

N

Kampf

um

Schönefeld

am

18. October

1813

 

 

29.

 

 

Reims, Mont-Saint-Pierre.

Napoléon
dirigea
de ce lieu
la reprise
de
Reims
13 Mars 1814

 

Le commandant Lachouque, qui devait avoir de meilleurs yeux que moi, a réussi à discerner sur les autres côtés du monument les noms de :
Marmont, Ney, Berthier, Lefebvre, Bertrand, Drouot, Friant. Lagrange, Ricard, Exelmans, Krasinski, Defrance, Arrighi, Bordessoulle, Pierre Boyer. Sébastiani, Colbert, Letort, de Ségur, Merlin, Pelleport, Piquet.

En fait, la carte postale ancienne montre que les noms étaient bien plus lisibles à l'époque... sur l'ancien monument.

En effet, un examen attentif nous montre que, malgré des similitudes, il ne s'agit pas du même obélisque !

 

 

Reims, Parc de la Haubette

Etat-Major entourant Napoléon 1er
dans la nuit du 13 mars 1814 :

Marmont             Berthier

Ney                    Lefèvre

Drouot                 Bertrand

 

 

 

 

 

 

L'opinion négative sur Marmont a même traversé la Deuxième Restauration.  Le comble vient du duc d'Angoulême lui-même, qui a dit de Marmont, incapable de réprimer la Révolution de 1830 pour le Roi : "Vous aller voir, il va nous trahir comme il a trahi "l'autre"!" Sans commentaires...

Le maréchal Marmont, dont on trouvera les mémoires sur Gallica, est décédé à Venise en 1852, et est enterré au cimetière St-Vorles à Châtillon-sur-Seine.

Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont

Duc de Raguse,

Pair et Maréchal de France

membre de l'institut Académie des sciences,

Grand cordon de la Légion d'honneur, Chevalier

du St-Esprit, grand-croix de l'ordre de St-Louis,

Chevalier de st André, St-Alexandre et Ste-Anne de Russie, & &.

Né à Châtillon S.S. le XX juillet M.D.C.C.L.X.X.I.V.

est décédé à Venise le iii mars M.D.C.C.C.L.II.

 

Non loin de là repose le colonel Testot-Ferry, premier aide de camp de Marmont.  Il arrive encore souvent que, même après leur mort, des aides-de-camp continuent à assister leur commandant (!).


Collection Hachette : Maréchaux d'Empire, Généraux et figures historiques (Collection de l'auteur)

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