Auguste-Frédéric-Louis VIESSE de MARMONT, duc de Raguse (1774-1809-1852)
Peu de noms de la période de l'Empire sont autant frappés d'opprobre que celui de Marmont (pour ceux qui s'en souviennent). Raguser, ragusade* sont des mots devenus désuets, mais qui ont eu longtemps un terrible sens. Comme le disait Napoléon à Ste-Hélène : "Tout le monde regarde Marmont comme un traître, mais il y a des gens plus coupables que lui [...] Marmont sera un objet d'horreur pour la postérité. Tant que la France existera, on ne pourra entendre le nom de Marmont sans frissonner d'horreur. Il le sent; et c'est sans doute maintenant l'homme le plus misérable qui soit au monde. Il ne saurait se pardonner à lui-même et il terminera sa vie comme Judas."
En effet, Marmont passera le reste de sa vie à essayer de justifier sa trahison de 1814, d'autant plus inexcusable qu'il était un ami intime de longue date de Napoléon.
Marmont sera un des trois maréchaux de la campagne d'Autriche de 1809 (celui nommé "par l'amitié").
Le plus jeune de maréchaux de l'Empire est né à Châtillon-sur-Seine le 20 juillet 1774.

Le château de la famille Marmont, où Bonaparte fut reçu les 12 et 13 mars 1796, alors qu'il se rendait à Nice prendre le commandement de l'armée d'Italie. Ce château joua un autre rôle dans l'histoire, car c'est ici que le maréchal Joffre séjourna du 6 au 25 septembre 1914 et qu'il rédigea le célèbre ordre du jour du 6 septembre. C'est cet événement que rappellent les deux plaques commémoratives de part et d'autre de la grille.
Le musée de Châtillon-sur-Seine possède dans ses collections deux bâtons de maréchal de Marmont, un de l'Empire et un de la Restauration. Ils ne sont malheureusement pas exposés "par manque de place" (!) (Vous m'expliquerez quelle énorme place un bâton peut prendre dans un musée!)
Pas vraiment des monuments à sa gloire, mais signalons l'existence de 2 "Apelsteine" à Leipzig, rappelant sa participation à la bataille des Nations.
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La première (la pierre numéro 25) indique l'emplacement des 18.000 hommes du VIème Corps de Marmont, défendant Möckern contre les Prussiens, le 16 octobre 1813. |
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La seconde, la stèle numéro 29, se trouve à l'emplacement des 15.000 hommes qui lui restaient au matin du 18 octobre. Dans l'après-midi, les unités durent abandonner Schönefefeld et céder devant la pression des troupes de Langeron (stèle 30), deux fois plus nombreuses. L'état de la stèle est-il censé reflèter celui des troupes aux dates respectives ? |
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Reims, Mont-Saint-Pierre.
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Napoléon |
Le commandant Lachouque, qui devait avoir
de meilleurs yeux que moi, a réussi à discerner sur les autres côtés du monument
les noms de :
Marmont, Ney, Berthier, Lefebvre, Bertrand, Drouot, Friant. Lagrange, Ricard,
Exelmans, Krasinski, Defrance, Arrighi, Bordessoulle, Pierre Boyer. Sébastiani,
Colbert, Letort, de Ségur, Merlin, Pelleport, Piquet.
En fait, la carte postale ancienne montre que les noms étaient bien plus lisibles à l'époque... sur l'ancien monument.
En effet, un examen attentif nous montre que, malgré des similitudes, il ne s'agit pas du même obélisque !
Reims, Parc de la Haubette
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Etat-Major entourant Napoléon 1er
Marmont Berthier Ney Lefèvre Drouot
Bertrand |
L'opinion négative sur Marmont a même traversé la Deuxième Restauration. Le comble vient du duc d'Angoulême lui-même, qui a dit de Marmont, incapable de réprimer la Révolution de 1830 pour le Roi : "Vous aller voir, il va nous trahir comme il a trahi "l'autre"!" Sans commentaires...
Le maréchal Marmont, dont on trouvera les mémoires sur Gallica, est décédé à Venise en 1852, et est enterré au cimetière St-Vorles à Châtillon-sur-Seine.

Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont
Duc de Raguse,
Pair et Maréchal de France
membre de l'institut Académie des sciences,
Grand cordon de la Légion d'honneur, Chevalier
du St-Esprit, grand-croix de l'ordre de St-Louis,
Chevalier de st André, St-Alexandre et Ste-Anne de Russie, & &.
Né à Châtillon S.S. le XX juillet M.D.C.C.L.X.X.I.V.
est décédé à Venise le iii mars M.D.C.C.C.L.II.
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Non loin de là repose le colonel Testot-Ferry, premier aide de camp de Marmont. Il arrive encore souvent que, même après leur mort, des aides-de-camp continuent à assister leur commandant (!).
© D. Timmermans