François-Joseph LEFEBVRE

(1755-1804-1820)

maréchal de l'Empire
duc de Dantzig
 

Un des quatre "anciens", celui-ci exerça cependant de nombreux commandement, souvent avec talent. 

Il commanda souvent le Corps d'Armée bavarois, entre autres lors de la campagne de 1809 en Autriche et au Tyrol. Sa maîtrise de l'allemand en est bien sûr la raison.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

François-Joseph Lefebvre en capitaine du 13e Bataillon d'Infanterie légère en 1792,
par F. Waschmuth.

I. - L'HOMME ET SON CARACTÈRE1

Dans ce groupe de maréchaux, où les héros de bravoure sont nombreux, mais où l'on compte les beaux caractères, Lefebvre occupe une des places les plus brillantes et les plus dignes d'être enviées.

Sorti du peuple, élevé très haut par son étoile, il gagna la fortune et les honneurs sans jamais perdre son aspect vulgaire et son rude langage.

Il semblait mal à l'aise dans le somptueux habit de velours noir couvert de broderies d'or que portaient en apparat les maréchaux. Le manteau ducal ne lui allait guère, et l'arrangement de ses écharpes de soie était toujours sans grâce.

Son visage était massif, ses cheveux laissés au hasard, et certes il n'avait du grand seigneur que l'habit. Mais ce qu'il possédait de rare et d'admirable, c'était sa fidélité à son passé, sa modestie, son désintéressement, son humanité, vertus qui le mettent très haut dans l'histoire, et lui assurent les éternels hommages de la postérité.

Comme guerrier, ses talents ont été discutés. Il n'avait pas l'envergure des grands- capitaines, et ses combinaisons étaient souvent incohérentes. Il avait toutefois le coup d'œil juste et prompt, et connaissait à merveille l'art de se tirer d'un péril où son imprévoyance l'avait engagé. Il a d'ailleurs pris des villes, gagné des batailles, contribué puissamment aux triomphes des autres, et quelques réserves que l'on fasse, sa gloire militaire demeure incontestable.

Mais surtout ce qu'il faut vénérer en lui, c'est l'homme.

Sa probité était si réelle et si sincère sa haine du pillage, en honneur alors, qu'étant déjà général et souvent victorieux, il n'avait pas de quoi payer la pension de son fils, qui, de ce fait, fut renvoyé du collège.

Pour donner une idée de sa modestie et de sa simplicité, il suffit de reproduire la lettre digne des vieux Romains qu'il écrivit au président du Directoire, lorsque la paix de Campo-Formio lui eut enlevé son emploi.

«La conclusion définitive de la paix me met hors d'état de rendre aucun service essentiel à mon pays : je vous prie de me faire avoir une pension pour que je puisse vivre honnêtement. Pour cela, je ne demande ni chevaux, ni voitures : du pain me suffit. Vous connaissez mes faits aussi bien que moi; je ne vous compte pas mes victoires. Ma franchise cependant m'oblige à vous dire que je ne compte pas de défaites, et que les habitants des pays conquis ne vous porteront jamais d'autre témoignage de moi que ceux d'une scrupuleuse probité.

« Avant de quitter le service, je désirerais bien vivement que le civisme, la bravoure, les talents et les services de mes aides de camp et officiers d'ordonnance soient récompensés. »

On ne saurait être à la fois plus fier, plus équitable et plus modéré.

Comment parler du maréchal Lefebvre sans donner un souvenir à son incomparable femme, que la comédie de Sardou, Madame Sans-Gêne, a popularisée, assez fantaisistement du reste?

Il l'avait épousée n'étant que simple soldat, ce qui dit assez l'humble origine de l'un et de l'autre. En dépit de ses manières étranges, de ses naïvetés et de ses locutions vulgaires, qui faisaient le divertissement des salons d'alors, la maréchale Lefebvre suivit pas à pas son mari dans son ascension glorieuse vers les plus hautes charges de l'État; et ce qui fait le plus grand honneur au maréchal lui-même, c'est que celui-ci, non seulement ne rougit jamais d'elle, mais encore la fit toujours respecter, et l'entoura jusqu'au dernier jour de la plus tendre affection.

La maréchale était d'ailleurs, malgré ses anachronismes, la plus digne et la meilleure des femmes. On cite d'elle des traits de bonté et de délicatesse dont de mieux nées n'eussent pas été capables.

En voici un qui, sous des dehors un peu rudes, est du plus exquis raffine- ment, et témoigne de la façon charmante dont cette « poissarde » entendait la reconnaissance. Un contemporain le rapporte ainsi : 
« Un jour, se présentant chez la veuve du marquis de Valady, fameux dans la défection des gardes en 1789, leur ancien capitaine, et à qui, tant elle que son mari, avaient, à ce temps, donné des soins domestiques, elle lui dit, moitié en français, moitié en argot, qui était son langage usité :
« - Mais savez-vous que vous n'êtes pas bons et que vous avez bien peu de cœur, entre vous autres, gens comme il faut ! Nous, tout bêtement soldats, nous agissons mieux. On vient de nous apprendre que monsieur un tel, un de nos anciens officiers et le camarade de votre mari, vient d'arriver de son émigration, et qu'on le laisse ici mourir de faim ; ce serait grande honte... Nous craindrions, nous autres, de l'offenser si nous venions à son secours ; mais vous, c'est autre chose : vous ne pouvez que lui faire plaisir. Portez-lui donc cela de notre part. »

Et elle lui remit un rouleau de cent louis.

Cet homme et cette femme, si dignes de se trouver unis, avaient dans leur château de Combaut, en Seine-et-Marne, une grande armoire où ils avaient rassemblé tous les costumes qu'ils avaient successivement portés, depuis leurs maigres débuts jusqu'à leur splendeur.

 

« Ma femme et moi, disait en les faisant voir le maréchal, nous avons été curieux de conserver tout cela. D'ailleurs, ajouta-t-il en riant, il n'y a pas de mal à revoir ces sortes de choses de temps en temps, comme nous le faisons : c'est le moyen de ne pas les oublier. »

Ainsi qu'on voit, il n'y a pas que sur les champs de bataille qu'il soit possible de se montrer grand.

 

II. - SON ORIGINE ET SA JEUNESSE

François Joseph Lefebvre est né à Rouffach (Haut-Rhin), le 25 octobre 1755.

Son père, simple meunier, mourut de bonne heure, le laissant pauvre et trop jeune pour se tirer d'affaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa maison natale, 1, rue de la Poterne.

 

DANS CETTE MAISON EST NÉ

LE 25 OCTOBRE 1755

FRANÇOIS-JOSEPH LEFEBVRE

MARÉCHAL DE FRANCE

DUC DE DANTZIG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

François-Joseph

lefebvre

 

duc de dantzig

maréchal d'empire

pair de France

 

né à rouffach 1755

mort à paris 1820

 

 

 

 

 

 

iéna - eylaU

1806

dantzig

1807

durango - espinosa

1808

tann - abensberg - landshut

eckmuhl - ratisbonne

tyrol - wagram

1809

moscou

1812

montmirail - arcis-sur-aube

champaubert - montereau

1814

 

 

  MARECHAL D'EMPIRE (sic !)

  eYLAU 1806 (re-sic !)

Sa ville natale ne l'a pas oublié et son buste orne la place devant la mairie.

médaille d'or

de la commune de paris

aux gardes françaises

 

PRÉTEUR du sénat

 

grand-croix de la

légion d'honneur

 

chef de la 5e cohorte

de la légion d'honneur

 

chevalier de la

couronne de fer

 

grand cordon de

charles iii d'Espagne

 

grand cordon de

bavière, de saxe, de baden

 

chevalier de saint-louis

 

 

 

Trèves - arlon

mayence - landau

1792-1793

 

fleurus - aldenhoven

1794

 

premier passage du rhin

à urdingen

1795

 

altenkirchen

1796

 

neuwied

1797

 

Feldkirch - ostrach

1799

 

Le maréchal Lefebvre fit ériger un monument sur la tombe de sa mère à Blois (41).  Les inscriptions ne sont plus lisibles que par bribes, mais le texte en était :

D.O.M.
ici repose une mère respectable, justement regrettée.
elle donna cinq défenseurs à la patrie,
deux sont morts au champ d'honneur et de la victoire ;
un troisième a reçu une honorable blessure à la bataille d'Eylau.
ce monument, érigé par la piété filiale, fut consacré à sa mémoire
par le maréchal Lefebvre, duc de Dantzig.

 

Si le monument est en très bon état -il a été restauré récemment- le médaillon a malheureusement disparu.

 

 

Un de ses oncles, qui était prêtre, lui donna quelque instruction dans le but de le faire entrer, comme lui, dans les ordres. Cela n'était guère du goût du futur maréchal. Aussi, entraîné par l'exemple d'un de ses frères, qui servait dans le régiment de Strasbourg, il s'enrôla en 1773 dans les gardes françaises, à l'âge de dix-huit ans.

La discipline, qui y était alors fort sévère, agit vite sur son caractère indocile, et en fit un si bon soldat, qu'il attira l'attention du maréchal de Biron, colonel des gardes. Celui-ci, le 9 avril 1788, le nomma premier sergent. Ce n'était pas un mince honneur pour un pauvre paysan, à une époque où, d'après un dicton populaire, il n'y avait à Paris que trois classes d'honnêtes gens : les curés, les notaires et les sergents aux gardes.

Lefebvre se montra partisan résolu de la Révolution, sans pourtant s'associer à ses excès, et son dévouement à l'ordre établi lui fournit l'occasion de recevoir ses deux premières blessures : l'une en protégeant, avec Berthier,  le départ pour Rome de Mesdames, tantes de Louis XVI, l'autre en escortant la voiture du roi, lors du triste retour de Varennes.

Au licenciement des gardes françaises, il s'engagea dans la section des Filles-Saint-Thomas du bataillon de Paris, où il rendit des services et sauva la vie à plusieurs de ses anciens officiers, lors des premières émeutes révolutionnaires.

Versé dans l'armée active en 1793, il conquit dans cette seule année les grades de capitaine, d'adjudant général et de général de brigade à l'armée de la Moselle et du Rhin, sous les ordres de Hoche, dont il avait été, par une curieuse coïncidence, l'instructeur aux gardes françaises. Hoche, après les combats de Lambach et de Giesberg, le fit nommer général de division en 1794. Il eut alors le commandement de l'avant-garde, et prit part à l'envahissement du Palatinat. Après le départ de Hoche, il passa sous les ordres de Jourdan. Il demeura à l'avant-garde, et sa division exécuta dans les Ardennes une manœuvre qui groupa toutes nos forces sur la Sambre, arrêta l'ennemi et favorisa l'invasion de la Belgique.

A Fleurus, Lefebvre joua le principal rôle en défendant héroïquement, contre Beaulieu et le prince Charles, le poste de Lambusart. A un certain moment, une bombe mit le feu à l'un des caissons de la division. Déjà une panique se produisait et l'on préparait la retraite, quand Lefebvre s'écrie :
« Nous retirer quand nous pouvons combattre et mourir avec gloire ! Non, non, point de retraite ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La bataille de Fleurus, 26 juin 1794, tableau de H.Chartier,1898.

 

Les bataillons, électrisés, se rallièrent, et les Autrichiens furent mis en déroute.

Il eut encore des succès sur la Meuse et la Roer, et prit la ville de Linnich. Comme les habitants de cette dernière ville, chassés par l'incendie, sans abri, sans vivres et sans ressources, venaient supplier les Français d'avoir pitié de leur détresse, Lefebvre les reçut avec la plus grande bonté, et, se tournant vers ses soldats, il leur dit :
« Que devons-nous faire de ces malheureux, mes enfants? »

La réponse ne se fit point attendre. En un instant les affamés furent accueillis et prirent leur part des rations de la division.

Lefebvre gagna ensuite le Rhin jusqu'au rude hiver de la fin de 1794, qui favorisa, en gelant les cours d'eau, la conquête de la Hollande. Il obtint des succès à Mariencourt, à Nivelles, à Florival, à Tirlemont et à Aldenhoven.

En 1795, il fut chargé de passer le Rhin, dégelé cette fois, à Urdingen, et il le fit avec beaucoup d'éclat sous les yeux mêmes de l'ennemi, tandis que les autres divisions, échelonnées jusqu'à Coblence, effectuaient la même opération.

Toute l'armée gagna le Mein pour s'y concentrer, et Lefebvre eut le commandement de l'aile gauche. Toutefois, les Autrichiens ayant menacé nos derrières, il fallut rétrograder, et Lefebvre avec sa division se retira sur Düsseldorf. La trêve de 1795 lui fit poser les armes jusqu'en 1796. Placé alors sous les ordres de Kléber, il se distingua à Altenkirchen et à Wetzlar. Le 15 juin, il fut repoussé près de cette dernière ville, mais se vengea bientôt de cet échec en forçant, après un combat acharné, le général Kray à se retirer. A Altenkirchen, il avait pris quatre drapeaux, douze canons et trois mille prisonniers.

Puis il prit Koenigshoffen et marcha sur Wurtzbourg, mais, après une sanglante bataille, il fallut rétrograder jusqu'au Rhin.

En 1797, Lefebvre se retrouva sous les ordres de son ami Hoche, qui lui confia son aile droite. Le jeune général se distingua si brillamment lors du passage du Rhin à Neuwied, que le Directoire l'honora d'une lettre de félicitation. Il se préparait à entrer à Francfort lorsque les préliminaires de Leoben suspendirent les hostilités.

En septembre 1797, la mort soudaine de Hoche mit provisoirement Lefebvre à la tête de l'armée, comme étant le plus ancien général de division.

Passé l'année suivante à l'armée du Danube, sous les ordres de Jourdan, il se défendit vaillamment à la tête de huit mille hommes contre toutes les forces autrichiennes, et fut blessé d'un coup de feu à la malheureuse bataille de Stokach.

Il revint aussitôt en France, où le Directoire, pour récompenser tant de services, lui fit don d'une armure complète et le nomma commandant des troupes de Paris.

Les partis politiques étaient alors en pleine fermentation. Lefebvre, bon républicain, hésita d'abord à se mêler à aucune intrigue. Pourtant, entraîné par ses amis, il consentit à se rendre chez Bonaparte lorsque fut discuté le plan du 18 brumaire. Son adhésion, étant donné la place qu'il occupait, avait la plus grande importance. Aussi ne négligea-t-on rien pour l'intéresser à la combinaison. Le fait est qu'il y adhéra complètement, et qu'ayant été appelé par le Directoire après que Bonaparte se fut démasqué, il répondit :
« Je n'ai de compte à rendre qu'au chef que le Conseil des Cinq-Cents vient de proclamer. »

Puis quand Bonaparte sortit de la salle de ce conseil, encore indécis et laissant son frère Lucien, qui présidait, dans une situation assez périlleuse, Lefebvre lui dit :
« Donnez-moi un ordre, et je vous ramène à l'instant votre frère. »

Aussitôt autorisé, Lefebvre prend vingt-cinq hommes et pénètre dans la salle. Des clameurs indignées accueillent cette entrée en armes.   
 « Que voulez-vous? crie-t-on de toutes parts. Que prétendez-vous? Que venez-vous faire ici ? »

Sans se troubler, Lefebvre, suivi de son escorte, marche vers Lucien et l'emmène au milieu des invectives des membres du conseil. Dès ce moment, les troupes ne balancèrent plus à servir la nouvelle cause.

Le consulat une fois établi, Lefebvre fut maintenu au commandement de la 17e division militaire, puis chargé de pacifier les départements de l'Eure, de la Manche, du Calvados et de l'Orne.

En 1800, sur la proposition des consuls, il fut admis au sénat, dont il devint bientôt préteur, fonction qu'il conserva jusqu'en 1814.

III - SA CARRIÈRE SOUS L'EMPIRE ET SA MORT

Compris dans la première promotion des maréchaux en 1804, il ne fut pas oublié par le nouvel empereur, dont il avait si bien servi les projets dans la fameuse journée du 18 brumaire : il devint le plus grand dignitaire de la Légion d'honneur.

1805-06

En 1805, à la rupture de la paix, il fut chargé du commandement des gardes nationales de la Roer, du Rhin-et-Moselle et du Haut-Tonnerre ; mais il ne prit pourtant de part effective qu'à la campagne suivante, dans laquelle, à la bataille d'Iéna, il commanda la Garde impériale à pied.

1807

Il eut pour tâche, en 1807, de couvrir la Grande Armée en Pologne, jusqu'après la bataille d'Eylau. Avec seize mille hommes seulement, mélange de Saxons, de Badois et de Polonais, il ne craignit pas d'aller investir Dantzig, ville très forte, bien retranchée, et que défendaient, en dehors d'une puissante milice locale, dix-huit mille Prussiens et trois mille Russes. Par surcroît, douze mille Russes accoururent au secours de la ville. La situation de Lefebvre était des plus précaires; il y fit face avec une admirable présence d'esprit. Bombardement, tranchée ouverte, brèche, tout fut pratiqué selon la meilleure méthode et dans le plus grand ordre. Le général Kalkreuth, qui commandait la place, en présence d'une situation intenable demanda à capituler.

Kalkreuth était ce même général qui avait, quatorze ans plus tôt, fait capituler Mayence, alors occupée par les Français. Lefebvre eut à cœur de lui appliquer les mêmes conditions honorables qu'il avait jadis imposées à nos troupes. Aussi le vieux Kalkreuth, qui avait fait les guerres du grand Frédéric, put sortir de Dantzig avec tous les honneurs, et fut traité par son vainqueur avec les plus grands égards.   

Une si noble conduite valut à Lefebvre cette lettre flatteuse, marque de reconnaissance du général prussien :
« Je n'oublierai jamais les bontés que vous m'avez témoignées, et j'attache un grand prix à votre amitié. Je suis bien aise de ne vous avoir connu avant le siège ; il m'en aurait trop coûté de vous faire du mal.
« Jouissez, monsieur le maréchal, partout où se tourneront vos pas, de vos succès, de votre gloire bien méritée.
« C'est ainsi, mon respectable adversaire, que je vous fais mes adieux. »

Lefebvre fut récompensé de ce fait d'armes par le titre de duc de Dantzig. En 1808, il fut mis à la tête d'un des corps d'armée chargés d'envahir l'Espagne ; mais il ne dépassa point Valladolid et Ségovie.

1809

Il fut rappelé pour la campagne de 1809, où il commanda les Bavarois aux batailles de Thann, d'Abensberg et d'Eckmühl.

Le 19 avril 1809 : BATAILLE DE Teugn-Hausen

La plaque commémorative posée pour le bicentenaire de la bataille :

ZUM GEDENKEN
HIER KÄMPFTEN AM 19. APRIL 1809
FRANKREICH GEGEN ÖSTERREICH.
TAUSENDE SOLDATEN VERLOREN IHR
LEBEN. DIE BEVÖLKERUNG ERLEBTE
SCHRECKLICHE ZEITEN.
DIE GEMEINDEN
HAUSEN UND TEUGN
2009

En souvenir. Ici le 19 avril 1809 la France et l’Autriche s’affrontèrent. Des milliers de soldats perdirent la vie. (sic !) La population civile vécut des temps horribles. Les communes d’Hausen et de Teugn.

Il y eut sans doute environ un millier de morts, sûrement pas "des milliers".

 

 

 

Teugn vu du Buchberg du côté autrichien : du S vers le N

Le 20 avril 1809 : BATAILLE D'ABENSBERG

 
Seul et modeste monument de la bataille, la Napoleonsteil, érigée sur le tetre où l'Empereur se tint pendant la bataille.
Dans la Straubingerstrasse, où celle-ci passe au-dessus de la voie rapide. C'est ici que l'Empereur, accompagné du prince royal de Bavière, harangua les troupes bavaroises et wurtembergeoises.

 

Le 22 avril 1809 : BATAILLE D'ECKMÜHL

Le superbe lion (bavarois) d'Eggmühl, sculpté par F.V. Miller. Il fut érigé en 1909, pour le centenaire de la bataille, à l'endroit le général Cervoni fut décapité par un boulet, au moment où il se trouvait aux côtés de l'Empereur. Cervoni était alors chef d'état-major du 2ème Corps, sous Lannes.

Il repoussa du Tyrol Chasteler et Jellachich, puis revint à Paris après la paix de Vienne,

3-4 mai 1809 : Pass Strub

 le Pass Strub (entre Salzbourg et le Tyrol)


Vue panoramique sur le Pass Strub.

 


Le panneau de gauche mentionne que la forteresse tomba le 11 mai 1809 après 5 importantes attaques françaises sous Wrede (en fait des Bavarois) et Lefebvre, suite à une trahison.
Ensuite, les Français firent sauter la forteresse.

En 1984, les ruines furent dégagées et restaurées. Malheureusement, en 1872, une grande partie des pierres avait été emmenées pour ériger un Bierkeller, maintenant l'hôtel Salzbuger Hof à Lofer.

11 mai 1809 : Pass Strub

Le 11 mai 1 809, le maréchal Lefebvre, duc de Dantzig, après les batailles d'Eckmülh et de Ratisbonne, poursuivit les colonnes autrichiennes qui s'étaient retirées dans le Tyrol: les ayant atteintes dans au col de Strub, il les culbuta, leur prit sept pièces de canon et fit six cents prisonniers.

 

 

 

 

 

 

 

13 mai 1809 Wörgl

Le maréchal Lefebvre, poursuivant toujours le général autrichien Chasteler vers Insbruck, l'atteint dans la position de Wörgl, et lui enlève onze pièces d'artillerie et sept cents hommes.

Devant l’église, monument aux morts avec œuvre de Christian Plattner représentant un patriote tyrolien agenouillé. Il a été élevé à l'occasion du centenaire à la mémoire des morts du combat de Wörgl du 13 mai 1809.

 

 

 

 

 

DEN
BEI WÖRGL AM 13. MAY 1809
HELDENMUTIG GEFALLENEN.

 

 

À tous ceux qui sont tombés héroïquement à Wörgl, le 13 mai 1809. »    

 

 

 

 

 

1812

Il ne repartit que pour la campagne de Russie, en 1812.

 

La Garde impériale, qu'il commandait, n'eut guère d'occasion de combattre.

« Dans la désastreuse retraite, dit Michaud junior, on vit un de ses plus braves chefs, le maréchal Lefebvre, à l'âge de près de soixante ans, marcher à pied au milieu de ses soldats avec un bâton à la main, et une barbe de plusieurs semaines. »

Il eut l'énergie de surmonter ces terribles épreuves, et ne rentra à Paris qu'avec sa troupe.

1813


Par besopha — Hotel de Ville, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12607896
Hôtel de Ville de Pontault-Combault, dont le maréchal Lefebvre fut d'ailleurs maire de 1813 à 1820.

1814

Il la commanda encore dans toute la campagne de France, à Champaubert, à Montmirail, à Reims.

10 février 1814 : Bataille de CHAMPAUBERT

 

Champ de bataille de Champaubert, d'ouest en est en passant par le nord.
Photo prise à la sortie ouest de Champaubert.
Si la photo n'apparaît pas bien, cliquez sur "affichage de compatibilité" ou suivez le lien vers extrazoom.

Les Gardes d'Honneur saluant l'Empereur à Champaubert.

http://extrazoom.com/image-9482.html?s=huln50x50
 
Sortie nord de Champaubert, d'ouest en est, en passant par le nord.

CHAMPAUBERT

            


Fin des années 80.

                                                                                                                


En 2008.

de Bordesoulle,
de Nansouty.



 
Généraux :
Ricard, Lagrange,
Pelleport, Doumerc,
de Girardin,
Piquet.
 
bataille
de Champaubert
commandée par
l'Empereur
Napoléon
 

10
février
1814

À la
mémoire
des braves
morts
à Champaubert
 

MONTMIRAIL
ET MARCHAIS
11 FÉVRIER 1814.
VAUCHAMPS
14 FÉVRIER
 

Monument
élevé

par
souscription
nationale
 

 

Au carrefour de la D933 et de la D951, Maison bleue ou maison au boulet, où Napoléon établit ses quartiers le soir de la bataille de Champaubert, le 10 février 1814. Il y invita à sa table le général russe Olsoufiev et son état-major, qui venaient d'être faits prisonniers. Le boulet incrusté dans la façade est entouré d'un cercle.

Contrairement à ce qui est souvent dit ou écrit, les boulet incrustés dans les façades des maison ne sont pas arrivés là par l'action de la bataille.  Il y ont été placés ultérieurement en souvenir -parfois, il est vrai, à un endroit où un boulet avait frappé.  D'habitude, les boulets tiennent grâce à un arceau métallique.

 

Le 7 février 2010, un plaque commémorative y a été inaugurée par les APN. Elle porte l'inscription suivante :

 


Le soir du 10 février 1814

NAPOLEON 1er

coucha dans cette maison

après y avoir convié à dîner

le général russe

Olsufiev

et les généraux coalisés

qu'il venait de vaincre.

Les Amis du Patrimoine Napoléonien - 2010

 

 

11 février 1814 : Bataille de MONTMIRAIL

1

1814

11 FEVRIER

----------

MONTMIRAIL

MARCHAIS

1814

12 FEVRIER

--------

les caquerets

nesle

château-thierry

1866

15 AOÛT

 

CE MONUMENT A été

élevé par les ordres de

L'EMPEREUR

NAPOLéon III

---

C'est de cette place que

L'EMPEREUR

NAPOLEON Ier

commanda son armée le

11 février

1814

1814

10 FEVRIER

CHAMPAUBERT

-------

14 FEVRIER

VAUCHAMPS

 

http://extrazoom.com/image-9540.html?s=huln50x50

 

2 Une vue vers l'ouest, à partir du point de vue de l'Empereur, ce 11 février. A gauche de la route, on distingue le hameau du Tremblay, plus loin, Marchais-en-Brie.
A droite de la route, derrière le bosquet, mais plus loin, la ferme des Grénaux.
Cliquez sur l'image pour zoomer.

 

 


3 Vue à partir du Tremblay (parfois écrit Le Tremblet) en direction de Marchais. L'axe des attaques répétées de la Division Ricard est indiqué par la flêche.

 

AUX GLORIEUX
2e, 4e, 6e, 9e et 16e
REGIMENTS
D'INFANTERIE LEGERE
- DIVISION RICARD-
11 FEVRIER 1814

AMIS DU PATRIMOINE NAPOLEONIEN
COMMUNE DE MARCHAIS-EN-BRIE
2006

4 Il ne faut pas oublier non plus les autres unités de la division Ricard, qui n'était pas exclusivement composée d'unités d'infanterie légère. Attention aussi : ces "régiments" comptent souvent... moins de 200 hommes et sont donc en fait des compagnies.

Le hameau du Tremblay, qui, comme on peut le constater ici, commence à être défiguré par les nouvelles constriuctions.


Division Ricard
(selon 1814, la Campagne de France, de Hourtoulle) effectifs au début de la campagne :
 

    - Brigade Boudin
            - 6e Léger (197 h.)
            - 9e Léger (130 h.)
            - 16e Léger (199 h.)
            - 138e de Ligne (le 3e Bon, 108 h.)
            - 142e de Ligne ( 95 h.)
            - 145e de Ligne (261 h.)
 
    - Brigade Fournier
             - 2e Léger (112 h.)
             - 4e Léger (136 h.)
             - 22e de Ligne (281 h.)
             - 40e de Ligne (223 h.)
             - 50e de Ligne (190 h.)
             -  69e de Ligne (le 3e Bon, 97 h.)
             - 136e de Ligne (582 h.)
             - 144e de Ligne (306 h.)
 - Brigade Clavel
            - 2e Régiment d'Artillerie de Marine (29 Offr et 205 h.)
            - 4e Régiment d'Artillerie de Marine (19 Offr et 153 h.)
            - 132e de Ligne (380 h.)
            - 142e de Ligne ( 95 h.)

 

 

Elle subit d'énormes pertes durant la bataille, 50 % de ses effectif, soit 800 sur 1600. Huit cents hommes pour cette seule division, alors que les pertes de toute l'armée françaises s'élevèrent, pour cette bataille, à 2000.

 

5' L'entrée est de Marchais en Brie. C'est ce combat qui a été immortalisé par Horace Vernet.

13-14 mars 1814 : bataille de REIMS "Dernier sourire de la Fortune"

Reims, Mont-Saint-Pierre.

Napoléon
dirigea
de ce lieu
la reprise
de
Reims
13 Mars 1814

 

Le commandant Lachouque, qui devait avoir de meilleurs yeux que moi, a réussi à discerner sur les autres côtés du monument les noms de :
Marmont, Ney, Berthier, Lefebvre, Bertrand, Drouot, Friant. Lagrange, Ricard, Exelmans, Krasinski, Defrance, Arrighi, Bordessoulle, Pierre Boyer. Sébastiani, Colbert, Letort, de Ségur, Merlin, Pelleport, Piquet.

En fait, la carte postale ancienne montre que les noms étaient bien plus lisibles à l'époque... sur l'ancien monument.

En effet, un examen attentif nous montre que, malgré des similitudes, il ne s'agit pas du même obélisque !

Reims, Parc de la Haubette

Etat-Major entourant Napoléon 1er
dans la nuit du 13 mars 1814 :

Marmont             Berthier

Ney                    Lefèvre

Drouot                 Bertrand

 

A la chute de Napoléon, las, vieilli, affamé de repos, il alla porter sa soumission à Louis XVIII jusqu'à Compiègne, et fut très bien accueilli. La Restauration, pour prix de ce suffrage, lui donna la croix de Saint-Louis et le titre de pair de France.

Au retour de Napoléon, il voulut d'abord demeurer fidèle au roi ; mais l'étonnant succès de l'Empereur l'attira de nouveau. Il le reconnut et fut confirmé par lui dans sa dignité de pair.

 Il ne prit d'ailleurs aucune part à la campagne de 1815.

Quand Louis XVIII revint, le duc de Dantzig fut privé de sa pairie ; mais l'ordonnance de 1819 l'y rétablit

Lefebvre mourut, le 14 septembre 1820, d'une hydropisie de poitrine, c'est-à-dire d'un œdème pulmonaire, le lendemain de la mort de son collègue Kellermann. Il avait eu douze enfants, dont pas un n'a survécu. On retiendra son fils Marie Xavier Joseph Lefebvre, comte de Dantzig, général de brigade, mort le 15 décembre 1812 à Vilnius (Lituanie).

 

IV. — JUGEMENT DE NAPOLÉON

D'un message au Sénat :
« Lefebvre est celui qui nous a le plus secondé dans la première journée de notre règne. » (allusion au 18 brumaire).

 

ÉTATS DE SERVICE DE FRANÇOIS-JOSEPH LEFEBVRE
DUC DE DANTZIG, NÉ LE 15 OCTOBRE 1755, A ROUFFACH (HAUT-RHIN)

GRADES, CORPS ET DESTINATIONS
Soldat au régiment des gardes françaises, 10 septembre 1773 ; caporal, en 1777 ; sergent, 28 juin 1782 ; sergent de grenadiers, 2 juin 1/86 ; premier sergent, 9 avril 1.788 ; lieutenant dans la Garde nationale soldée, 1er septembre 1789; capitaine au 13e bataillon d'infanterie légère, 1er janvier 1792 ; chef de bataillon, adjudant général, 3 septembre 1793 ; général de brigade, 2 décembre 1793 ; général de division, 10 janvier 1794; commandant la 17e division militaire, 11 août 1794 ; commandant supérieur des 14e,15e et 17e divisions militaires , lieutenant du général en chef Bonaparte, 19 novembre 1799 ; commandant la 1ère division de l'armée de réserve , 18 mars 1800 ; admis à une pension de 6000 francs, 23 novembre 1801 ; maréchal de l'Empire, 19 mai 1804 ; commandant le 2e corps de réserve de la Grande Armée, 19 septembre 1805 ; commandant le 5e corps de la Grande Armée, 11 septembre 1806 ; commandant en chef le 10e corps de la Grande Armée, en janvier 1807 ; commandant le 4e corps de l'armée d'Espagne, en septembre 1808 ; commandant l'armée bavaroise, 7 mars 1809 ; commandant le 7e corps de l'armée d'Allemagne, en septembre 1809; commandant la Vieille Garde, en avril 1812 ; appelé au quartier général impérial , 26 janvier 1811; admis à une pension de 20.000 francs, 23 septembre 1815 ; privé de cette pension, 27 décembre 1815 ; admis au traitement entier de maréchal de France, 12 janvier 1817. Décédé à Paris, le 15 septembre 1820.

CAMPAGNES
Aux armées de la Moselle, de Mayence, de Sambre -et-Meuse et de réserve ; Grande Armée, en Espagne; en Allemagne, Grande Armée, en France.

DÉCORATIONS
ORDRE DE LA LÉGION D'HONNEUR

Chevalier, 2 octobre 1803; grand-officier, 14 juin '1804 ; grand-croix, 2 février '1805.

ORDRES ÉTRANGERS
- Espagne : Charles III, grand- croix, 24 août 1805.
- Saxe : Saint-Henri, grand-croix, 26 septembre 1809. -
Autriche : Couronne de Fer, chevalier, 8 mai 1818.

ADDITION AUX SERVICES ET DÉCORATIONS
Sénateur, 1800 ; duc de Dantzig, 1807; pair de France ; chevalier de Saint-Louis, 1814.

Lefebvre figure en bonne place,  à Paris, rue de Rivoli, sur la façade Nord du Louvre. Œuvre du sculpteur André.

Son tombeau au Père-Lachaise (27ème division, chemin Masséna). (2002)

 

On n'oubliera pas son épouse, Catherine Hubscher, erronément connue sous le sobriquet

de "Madame Sans-Gène", qui était en fait celui de Thérèse Figueur. 
Sa célébrité -toujours actuelle- doit beaucoup à l'imagination de  Victorien Sardou.
Pour en donner une idée, deux couples m'ont demandé l'emplacement de sa tombe en une après-midi !

Le monument a été récemment nettoyé et restauré.  La plaque consacrée à la duchesse de Dantzig a été déplacée et se trouve maintenant (2004) latéralement. 

 

 

 

 

 

 

 

                          

SOLDAT FLEURUS (avant-garde)
  PASSAGES DU RHIN
MARÉCHAL  
  ALTENKIRKEN
DUC DE DANTZICK  
  DANTZICK
PAIR DE FRANCE  MONTMIRAIL

                             

Cliquez pour agrandir.

Une nouvelle plaque de l'A.C.M.N. a été placée sur le monument en 2003.


Texte : d'après de Beauregard, Gérard, Les Maréchaux de Napoléon, Mame, Tours, s.d. (1900).

Le maréchal François Joseph Lefebvre, 1755-1820


Collection Hachette : Maréchaux d'Empire, Généraux et figures historiques (Collection de l'auteur)

 

 

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© D. Timmermans