Louis-Nicolas DAVOUT
(Annoux 1770-1804-1823 Paris)
maréchal de l'Empire
duc d'Auerstaedt
prince d'Eckmühl

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Davout en Lieutenant-Colonel au 3e Bataillon de l'Yonne en 1792.

   

 

Sans nul doute un des meilleurs tacticiens de l'histoire, sûrement aussi un des plus fidèles parmi les maréchaux de l'Empereur.

I. - L'HOMME ET SON CARACTÈRE1

Davout n'avait pas grand aspect. Il était de taille médiocre, chauve, myope; mais il avait au service de l'esprit le plus actif la plus robuste constitution.

Son courage était brillant et- se traduisait surtout par des coups d'audace dont la soudaineté et le succès empêchait le plus souvent de remarquer l'imprudence. On cite de lui des traits en Égypte, en Allemagne et ailleurs, qui semblent tenir de la fable, tant ils décèlent d'aventureuse témérité. S'il eût été plus bel homme et plus amoureux du panache, Davout eût été comparé .à Murat. Il était en tous cas beaucoup plus sévère et beaucoup moins aimé.

Généralement admiré, il n'en fut pas plus populaire. Son caractère dur, impérieux, despotique, éloignait de lui, et les peuples sur qui les circonstances l'ont amené à étendre son autorité n'ont pas eu à se louer de sa domination. Il était d'ailleurs d'une probité inattaquable, et l'on cite de lui des traits généreux; sa manière seulement en gâtait le bienfait, et il n'en récoltait pas beaucoup de fruits.

Il faut convenir cependant que, sous ces dehors peu attrayants, se cachait un cœur noble et sensible. On en donne pour preuve que sa mère âgée et infirme ayant été enfermée, en 1793, dans les prisons d'Auxerre, comme aristocrate, il fit les plus pressantes démarches pour obtenir sa liberté et que, n'y étant point parvenu, en dépit de ses efforts, il se fit incarcérer avec elle, afin de pouvoir à tout instant lui prodiguer ses soins.

Il semble, quoi qu'on en ait dit, que sa conduite, lors de la chute de l'Empire, fut parfaitement honorable. Bien que rallié à Louis XVIII, il ne se fit pas gloire d'insulter à l'infortune du vaincu, et cette seule constatation, étant donné ce que firent alors tant d'autres, n'est pas le moindre éloge qu'on puisse faire de son caractère.

II. — SON ORIGINE ET SA JEUNESSE

Louis-Nicolas Davout est né le 10 mai 1770 à Annoux, dans l'Yonne.

Sa maison natale existe encore et est marquée par une plaque commémorative, qui mentionne :

Dans cette maison

est né le 10 mai 1770

Louis Nicolas Davout

Duc d'Auerstaedt, Prince d'Eckmuhl

Maréchal de France

décédé le 13 juin 1823.

Le onze mai mil sept cent soixante dix a été baptisé,
par moy prêtre soussigné, Louis Nicolas Davoust
fils de Messire Jean François Davoust Écuyer Lieutenant
au Régiment de Royal Champagne Cavalerie, Seigneur
d'Anoux  et de Dame Adelaide Minard de Velard
son épouse, né de la veille, de légitime mariage.
Le parrain a été Messire Nicolas Davoust son
oncle, Capitaine Aide-Major dans le corps des
Carabiniers de Monseigneur le Comte de Provence.
La Marraine Madame Minard de Velard, veuve de
Messire Étienne Minard de Velars Lieutenant
Colonel dans le Régiment de Forest.  Le parrain
a été représenté par Jean Valar et la marraine
par Jeanne Porte, tous deux domestiques chez
Monsieur Davoust qui ne signent. Ont assisté
audit baptême Jean François Davoust père
et Marguerite Lavour tante de ....
qui ont signé avec moy.

Dans la marge :
Louis Nicolas
Davout
Maréchal de France
prince d'Eckmül
duc d'Auerstaedt

(source A.D. 89)
Merci à M. Dominique Contant.

Son père était donc lieutenant au régiment de Royal-Champagne-Cavalerie et de bonne noblesse bourguignonne, seigneur d'Annoux, la famille remontant au XIIIe siècle.  On a souvent écrit que Louis avait fait changer son nom de d'Avout en Davout pour affirmer son attachement aux idées de la révolution. Ce document permet dont de prouver que cela est faux, puisqu'il s'est toujours appelé Davou(s)t, même si la famille est apparentée aux d'Avoust.

Peu de temps après sa naissance, en 1770, ses parents déménagèrent pour aller s'établir à Étivey, à une douzaine de kilomètres au N.E. d'Annoux, dans cette maison, où naquirent ses deux frères, Alexandre, le 14 septembre 1773*, et Charles. La famille y resta jusqu'en 1779, et il y passa donc une bonne partie de son enfance.

A la fin de l'été 1785, il entre à l'Ecole militaire de Brienne-le-Château


L'école, telle qu'elle se présente de nos jours. Seule l'aile de droite est d'époque.

La plaque mentionnant les noms prestigieux des élèves de l'école se trouvait auparavant à droite de la porte d'entrée de l'ancien bâtiment.

 

La plaque se trouve maintenant à droite du bâtiment de gauche (entrée du musée).

Ecole Militaire
1776 à 1793
Sont sortis de cette école :
Bonaparte
Bourrienne
Pichegru
Davout
Nansouty
d’Hautpoul
Gudin
Sorbier
Marescot
La Bretèche
Bruneteau
Valée.

Entra comme cadet-gentil-homme à l'École militaire de Paris, 29 septembre 1785; en sortit le 19 février 1788 et fut nommé sous-lieutenant au régiment de Royal-Champagne-cavalerie (devenu en 1791 19e de cavalerie), 2 février 1788; tint garnison à Hesdin.

Le futur maréchal embrassa avec ardeur les idées de la Révolution, ce qui lui valut une mise aux arrêts après un toast lors d'un repas de corps à Hesdin, garnison de son régiment (le même que celui de son père), puis à la suite d'une mutinerie du régiment, fut emprisonné à la citadelle d'Arras; donna sa démission, 15 septembre 1791.

Elu lieutenant-colonel en premier du 3e bataillon de volontaires de l'Yonne, 22 septembre 1791; à l'armée du Nord sous O'Moran en 1792; puis à l'armée de la Belgique, au combat sur la Roer puis à Neerwinden, 18 mars 1793; chercha à arrêter Dumouriez et fit tirer sur lui par son bataillon, 4 avril 1793; chef d'une demi-brigade comprenant le 3e bataillon de l'Yonne, le 3e de l'Aube et le 2e du 104e d'infanterie, 1er mai 1793; conduisit un détachement en Vendée, 13 juin; adjudant général chef de bataillon à l'armée des Côtes de La Rochelle, 8 juillet 1793; général de brigade, 25 juillet 1793; nommé général de division à l'armée du Nord, 30 juillet 1793; refusa par lettre et démissionna pour se conformer au décret qui excluait de l'armée les ci-devant nobles, 29 août 1793; se retira chez lui à Ravières; demanda à rentrer au service, 11 octobre 1794; nommé général de brigade de cavalerie à l'armée de la Moselle, 21 septembre 1794; division Debrun au siège de Luxembourg, 16 octobre; puis à l'armée de Rhin-et-Moselle, 7 juin 1795, sous Desaix ; s'empara de Mannheim; employé à la 6e division (Ambert), septembre 1795; remplaça provisoirement Ambert; employé sous Montaigu (6e division) et fait prisonnier à la capitulation de Mannheim, 18 septembre 1795, mais renvoyé en France sur parole; échangé après avoir séjourné dans ses foyers; servit à la division Ambert à l'attaque de Kehl, puis au combat de Haslach, 14 juillet 1796; à la défense de Kehl en novembre 1796; se lia alors avec Desaix; commandant une brigade de la division Duhesme au passage du Rhin à Diersheim, 20 avril 1797; prit à Offenburg le fameux fourgon de Klinglin contenant la correspondance de Pichegru, 21 avril; désigné pour l'armée d'Angleterre, 12 janvier 1798; présenté par Desaix à Bonaparte, 22 mars; désigné pour commander une brigade de cavalerie à l'armée d'Orient, 14 avril; attaché au grand quartier général de l'armée d'Orient et embarqué pour l'Égypte, 19 mai 1798; commandant une brigade de réserve (14e dragons), division Dumas, 23 juin ; puis 18e dragons, même division, 29 juin; commanda la cavalerie de la division Desaix à la place de Mireur, 11 juillet; servit aux Pyramides, 21 juillet; puis tomba malade au Caire; rejoignit la division Desaix à Girgeh, 29 décembre; vainqueur de Mourad Bey à Souagui, 3 janvier 1799; puis à Tahtah, 8 janvier ; servit à Samanhout, 22 janvier; vainqueur à Louqsor, février 1799; à Bir el Bahr, 1er avril; à Benehadi, 18 mai ; servit à Aboukir, 25 juillet; s'empara du village de ce nom; prit part au siège du fort d'Aboukir du 25 juillet au 2 août 1799; s'embarqua muni de passeports à Alexandrie pour la France avec Desaix, 3 mars 1800; fut pris par les Anglais et retenu un mois prisonnier à Livourne par l'amiral Keith; débarqua à Toulon, 6 mai; général de division, 3 juillet 1800; commanda à l'armée d'Italie les dragons, chasseurs et hussards, let août, puis toute la cavalerie de l'armée d'Italie, 26 août; servit au combat de Molino, 17 décembre, à Pozzolo, 25 décembre, au passage du Mincio à Valeggio, 26 décembre; rentra en France, 1er juillet 1801; inspecteur général de cavalerie, 24 juillet; commandant les grenadiers à pied de la garde des consuls, 28 novembre 1801; commandant en chef le camp de Bruges, 29 août 1803.

 

III. — SA CARRIÈRE SOUS L'EMPIRE

1804
Maréchal de l'Empire, 19 mai 1804; devint un des 4 colonels généraux de la Garde impériale; grand officier et chef de la 6e cohorte de la Légion d'honneur, 14 juin 1804;

1805
Grand Aigle de la Légion d'honneur, 2 février 1805; commandant le corps de droite de l'armée des Côtes de l'Océan, 20 juin; commandant en chef le 3. Corps de la Grande Armée, 23 septembre; passa le Rhin à Mannheim, 26 septembre; entra à Steyer, 4 novembre; vainqueur à Marienzell, 8 novembre, à Amstetten, 14 novembre; prit une part décisive à la bataille d'Austerlitz où il commandait la droite, 2 décembre;

1806-1808
Servit en Prusse et Pologne, 1806-1807; vainqueur du roi de Prusse et du duc de Brunswick à Auerstaedt, 14 octobre 1806; fut en récompense, chargé par l'Empereur d'entrer le premier à Berlin avec son corps d'armée; y entra le 25 octobre; s'empara de Custrin; entra à Posen, 10 novembre;. à Varsovie; vainqueur à Nasielsk, à Golymin, 26 décembre; servit à Ziegelhoff, 7 février 1807; commanda la droite à Eylau, 8 février ; s'empara de Königsberg; gouverneur général du grand duché de Varsovie, 15 juillet 1807; duc d'Auerstaedt, 28 mars 1808; confirmé par lettres patentes du 2 juillet 1808; Obtint 910.840 francs de rente annuelle par :
- 1° une dotation sur le grand duché de Varsovie, 30 juin 1807;
- 2° une dotation sur le Grand Livre de la Dette Publique, 23 septembre 1807;
- 3° une dotation sur la Westphalie et le Hanovre, 10 mars 1808; et
- 4° la cession du château de Brühl et une dotation sur les salines de Nauheim et le Mont de Milan, 15 août 1809.
Commandant en chef de l’Armée du Rhin, 12 octobre 1808

1809
Commandant le 3e Corps de l'armée d'Allemagne, 30 mars 1809; vainqueur à
TEugn-Hausen, 19 avril.

La plaque commémorative posée pour le bicentenaire de la bataille :

ZUM GEDENKEN
HIER KÄMPFTEN AM 19. APRIL 1809
FRANKREICH GEGEN ÖSTERREICH.
TAUSENDE SOLDATEN VERLOREN IHR
LEBEN. DIE BEVÖLKERUNG ERLEBTE
SCHRECKLICHE ZEITEN.
DIE GEMEINDEN
HAUSEN UND TEUGN
2009

En souvenir. Ici le 19 avril 1809 la France et l’Autriche s’affrontèrent. Des milliers de soldats perdirent la vie. (sic !) La population civile vécut des temps horribles. Les communes d’Hausen et de Teugn.

Il y eut sans doute environ un millier de morts, sûrement pas "des milliers".

 

 

 

Teugn vu du Buchberg du côté autrichien : du S vers le N

Schierling, 21 avril; servit sous les ordres de Napoléon à Eckmühl, 22 avril.

 

2e bataille de Ratisbonne, 23 avril;  commandant la droite de l'armée à Wagram, 6 juillet; prince d'Eckmühl, 15 août 1809 ; confirmé dans cette dignité par lettres patentes du 28 novembre 1809; commandant les 2e, 3e et 4e Corps de l'armée d'Allemagne, la réserve de cavalerie et les troupes alliées, 7 novembre;

1810-1811
Commandant en chef l'armée d'Allemagne, 1er janvier 1810; se rendit en congé à Paris, 4 février; établit son quartier général à Hambourg, 15 septembre; gouverneur général des villes hanséatiques, 1er décembre 1810; commandant en chef le corps d'observation de l'Elbe, 19 avril 1811;

1812
Commandant en chef le le 1er Corps d'observation de l'Elbe, 15 février 1812 (devenu 1er Corps de la Grande Armée, 1er avril 1812) ; servit en Russie, 1812; occupa, Minsk, 8 juillet; prit Borisow, 9 juillet; vainqueur du prince Bagration à Mohilew, 23 juillet; servit à l'attaque de Smolensk, 17 août; blessé par un boulet à la Moskowa, 7 septembre 1812 ; quitta Moscou, 9 octobre; servit à Malojaroslavetz, 24 octobre; puis commanda l'arrière-garde du 26 octobre au 3 novembre; livra des combats à Kolotskoï, 31 octobre, puis à Wiazma, 3 novembre; se vit retirer le commandement de l'arrière-garde par Napoléon parce que la lenteur de sa marche avait fait courir à l'armée le risque d'être coupée en deux, 3 novembre; rejoignit Napoléon après un violent combat à Krasnoïe, 17 novembre.

 

C'est également au cours de la bataille de Krasnoïe, plus précisément à Dobroye, à l'ouest de Krasnoïe, que le maréchal Davout perdit tous ses bagages, dont son uniforme, son chapeau et surtout son bâton de maréchal. On affirme parfois que ce bâton est à l'Hermitage à Saint-Pétersbourg, mais c'est une erreur.  Ce bâton de Davout conservé à l'Hermitage, qui se trouvait avant 1903 (date du transfert) à la cathédrale Notre-Dame de Kazan à Saint-Pétersbourg, est en fait le bâton capturé le 24 mai 1807 entre Guttstadt and Allenstein. http://www.napoleon-series.org/cgi-bin/forum/archive2005_config.pl?md=read;id=47915

Celui conservé au musée historique de Moscou est bien celui pris à la bataille de Krasnoïe, mais, paraît-il, c'est habituellement une copie qui est exposée. Nous vous présentons ici l'original.

Le bâton de maréchal de Davout en 1909, sur la tombe de Koutousov.
(Hekkel - Trophäen in der Kathedrale von Kasen,
1909.)

1813-1814
commandant le 1er Corps de la Grande Armée en Allemagne; 12 mars 1813; défendit Dresde du 9 au 19 mars, et en fit sauter le pont; occupa Stade en avril 1813; commandant la 32e division militaire, ayant sous ses ordres le 1er Corps commandé par Vandamme, avril 1813; occupa Hambourg, 30 mai; commandant le 13e Corps de la Grande Armée en Allemagne, 1er juillet; vainqueur à Lauenbourg, 18 août; organisa et dirigea la défense de Hambourg qu'il n'évacua que le 27 mai 1814, sur l'ordre formel de Louis XVIII; reçut l'ordre de ne pas paraître à Paris parce qu'il avait fait tirer sur le drapeau blanc ; se retira dans sa terre de Savigny-sur-Orge;

1815
Ministre de la Guerre à la rentrée de Napoléon aux Cents-Jours à la place de Clarke du 20 mars au 8 juillet 1815; pair de France, 2 juin 1815; chargé de la défense de Paris, 24 juin; signa à Saint-Cloud la convention dite de Paris du 3 juillet par laquelle Paris devait être occupé par les alliés et l'armée française pouvait se retirer derrière la Loire; commandant en chef l'armée de la Loire, 5 juillet; fit sa soumission au roi Louis XVIII, 14 juillet; fit reprendre la cocarde blanche, 16 juillet 1815.

 

IV. — SA CARRIÈRE après L'EMPIRE ET SA MORT
Se retira dans sa terre de Savigny-sur-Orge, 19 juillet; démissionna de son commandement, 27 juillet; et perdit sa qualité de pair de France; exilé à Louviers, 27 décembre. Privé de tout traitement et mis sous la surveillance de la police, 6 janvier 1816 ; remis en activité avec traitement, 27 août 1817; de nouveau pair de France, 5 mars 1819.

La ville d'Auxerre (Yonne) a honoré la mémoire du maréchal Davout en 1866, en lui érigeant une belle statue par Dumont, boulevard Davout.

 

L. N. DAVOUT

duc d'AUERSTAEDT

Prince d'Eckmühl

Maréchal de France

Né à Annoux (Yonne)

Le X Mai MDCCLXX

à droite :

OffeMbourg

Pyramides

Samanhout

Ben a Dyn

Aboukir

HÉliopolis

Cap GrisNez

Marienzell

AUSTERLITZ

 

à gauche :

Auerstaedt

eylau

Thann

Eckmühl

wagram

mohilev

moskowa

krasnoé

hambourg

à l'arrière :

SOUSCRIPTION NATIONALE

MDCCCLXVI

 

Plus tard dans sa carrière, il acheta et habita cette maison dans son village natal.

Le maréchal Davout est mort le 1er juin (et non le 13 juin, comme l'indique la plaque sur sa maison natale) 1823 d'une phtisie pulmonaire (comme on appelait à l'époque la tuberculose), dans son hôtel de la rue Saint-Dominique à Paris, et fut enterré au cimetière de l'Est, dit du Père-Lachaise, à Paris, dans la 28ème division.

Avait épousé Louise-Aimée-Julie Leclerc, sœur du général Leclerc. Le nom du maréchal Davout est inscrit au côté Est de l'Arc de Triomphe de l'Etoile.

 

Sépulture

du

maréchal davout

 "Sa tombe mériterait bien une restauration ou, au moins, un nettoyage..." Voilà ce que j'écrivais en 2004.

C'est maintenant chose faite ! A l'occasion du bicentenaire de sa plus belle victoire, une plaque fut même apposée à l'initiative de la promotion de Saint-Cyr "Maréchal Davout" 1977-1979.

 

 

 

 

 


En commémoration du bicentenaire
de la victoire d'Auerstaedt du 14 octobre 1809
et en hommage à notre parrain de promotion,
le maréchal Louis-Nicolas Davout (1770-1823)
duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmühl,
gouverneur du grand duché de Varsovie
puis de Hambourg,
ministre de la guerre, pair de France.

Le 14 octobre 2006

La promotion de Saint-Cyr "Maréchal Davout" 1977-1979
 

 

 

 

V. — JUGEMENT DE NAPOLÉON

En marge d'un volume des mémoires de Fleury de Chaboulon, qui est à la bibliothèque de Sens, Napoléon a écrit de sa main, pour apprécier l'affirmation de l'auteur qui représentait Davout comme « dur, sévère, barbare, détesté, faible, versatile » :
« Voilà un portrait bien amer et bien injuste. »

ÉTATS DE SERVICE DE LOUIS-NICOLAS DAVOUT
DUC D'AUERSTAEDT, PRINCE D'ECKMÜHL, NÉ' LE 10 MAI 1770, A ANNOUX (YONNE)

GRADES, CORPS ET DESTINATIONS

Rang de sous-lieutenant, cadet à l'école militaire, 27 septembre 1785; sous-lieutenant au régiment Royal-Champagne-cavalerie, 2 février 1788; sous-lieutenant de remplacement, ter mai 1788; sous-lieutenant, 15 juillet 1788 ; a quitté le corps, 15 novembre 1791; chef de bataillon, 3e bataillon de l'Yonne, 22 septembre 1791 ; chef de brigade provisoire, en mars 1793; adjudant général provisoire, en mai. 1793 ; général de brigade provisoire, en juillet 1793; divisionnaire, 29 août 1793 ; général de brigade, remis en activité, 24 septembre 1794 ; général de division, commandant la cavalerie de l'armée d'Italie, 3 juillet 1800; inspecteur général de la cavalerie, 24 juin 1801; commandant l'infanterie de la garde des consuls, 28 novembre 1801; commandant en chef le camp de Bruges, septembre 1803; maréchal de l'Empire, 19 mai 1804; commandant en chef le 3e corps de la Grande Armée, en octobre 1805; commandant en chef l'armée du Rhin, 12 octobre 1808; commandant en chef le 3e corps de l'armée d'Allemagne, 8 avril 1809; commandant en chef l'armée d'Allemagne, 1er janvier 1810; commandant en chef le corps d'observation de l'Elbe, 1er novembre 1811; ;commandant en chef le 1er corps de la Grande Armée, 10 février 1812 ; commandant en chef le 13e corps de la Grande Armée, 16 juillet 1813; ministre de la guerre, en 1815 ; général en chef de l'armée de la Loire, 5 juillet 1815; privé de ses traitements, 27 décembre 1815; rétabli dans la jouissance du traitement de maréchal de France, 27 août 1817. Décédé à Paris, le ter juin 1823.

CAMPAGNES
En Belgique, armée du Rhin et Moselle, du Rhin, d'Orient et d'Italie; camp de Bruges, Grande Armée et armée du Rhin, armée d'Allemagne, Grande Armée.

BLESSURES ET ACTIONS D'ÉCLAT
Passage du Rhin, prise de Diersheim et Honnau (?) ; expédition dans la Haute-Égypte ; bataille d'Aboukir.

DÉCORATIONS

ORDRE DE LA LÉGION D'HONNEUR
Chevalier, 11 décembre 1803 ; grand-officier, 14 juin 1804; grand-croix, 2 février 1805.

ORDRES ÉTRANGERS
- Brésil : Christ, grand-croix, 28 février 1806.
- Saxe : Saint-Henri, grand-croix, 19 avril 1808.
- Pologne : Ordre militaire, grand-croix, 17 avril 1809.
- Autriche : Saint-Étienne, grand-croix, 4 avril 1810.

ADDITIONS AUX SERVICES ET DÉCORATIONS
Duc d'Auerstaedt, en 1808; prince d'Eckmühl, en 1809; pair de France en 1819.

 


Texte : en partie d'après De  Beauregard, Gérard, Les Maréchaux de Napoléon, Mame, Tours, s.d. (1900).
Pour la carrière, SIX, Georges, Dictionnaire biographique des Généraux & Amiraux français de la Révolution et de l'Empire (1792-1814), Saffroy, éditeur, Paris,1934.

 

 

Si la sépulture du maréchal Davout est assez connue, même beaucoup de spécialistes ignorent que le Général de Cavalerie Marc Antoine Bonnin de la Bonninière de Beaumont, qui avait épousé Julie, la sœur du Maréchal, et dont il était un ami, repose dans la même tombe. Aucune inscription ne l'indique cependant. Le général de Beaumont fut comte de l'Empire et Premier Ecuyer de Madame Mère.

Marc Antoine Bonnin de la Bonninière de Beaumont est né à Beaumont la Ronce (Indre-et-Loire), le 23 septembre 1763.
Issu d’une ancienne famille de la Touraine, il entre dans les pages de Louis XVI, le 31 décembre 1777. Il est premier page lorsque, le 2 juin 1784, on le nomme capitaine au 9e régiment de dragons. Pourvu d’une compagnie en mars 1788, il reçoit le brevet de lieutenant-colonel le 22 juillet 1792, et celui de colonel le 7 août suivant. Il se trouve à Lyon, avec son régiment, à l’époque où la Terreur pèse de tout son poids sur cette ville, fait des représentations hardies, devient suspect, est arrêté et condamné à mort. On le conduit au supplice mais, lorsque ses dragons, réunis et en armes, déclarent qu’ils useront de violence pour l’arracher à la mort, les représentants du peuple leur rendent leur colonel. Beaumont conduit ensuite son régiment en Italie, où il sert sous Masséna, sous Schérer et sous Bonaparte. Fait général de brigade le 25 mars 1795, il se trouve à la bataille du pont de Lodi, concourt à l’enlèvement de la redoute de Medolano, et poursuit vivement Wurmser pendant sa retraite sur le Mincio. Il reste en Italie en 1797 et 1798. En avril 1799, à la bataille de Magnano, il est frappé d’une balle qui lui traversa l’épaule droite. En 1800, il se fait remarquer à Marengo, et en 1801, au combat de Valeggio, il a un cheval tué sous lui. Le 10 juillet 1801, il épouse Julie Davout, sœur du général Davout. Beaumont est élevé au grade de général de division en 1802 et le premier Consul le nomme membre de la Légion d’honneur le 11 décembre 1803, puis commandeur le 14 juin 1804.
Il fait les campagnes de 1805, de 1806 à 1807, à la tête d’une division de dragons, et se distingue au passage du Rhin près de Kehl, aux combats de Wertingen, d’Ulm, de Ried, de Lambach, à la prise de Steger, aux batailles d’Austerlitz, d’Iéna, d’Eylau, à Zehdenich, à Prentzlow, sur la Bjura et à Cznarnowo.
L’Empereur reconnaît ses services : il le nomme grand officier de la Légion d’honneur le 10 février 1806, premier chambellan de Madame-Mère, sénateur le 14 août 1807, et comte de l’Empire au mois de mars 1808 (Lettres patentes du 26 avril).
Beaumont est encore à Wagram, en 1809, où il commande une division de cavalerie.
Alors que le général de Beaumont reste à Paris pendant la campagne de Russie, son frère et son neveu servent tous deux dans l’état-major de Davout. Le prince d’Eckmühl ne manque jamais de donner de leurs nouvelles à son beau-frère. Ainsi, de Moscou le 12 octobre 1812, le maréchal écrit à son épouse : « Excuse-moi auprès de Beaumont et de Julie ; je dois au premier une réponse ; je la ferai ces jours-ci et ce sera avec plaisir que je lui ferai l’éloge de son frère et de son neveu, ils ont été l’un et l’autre dans cette campagne bien récompensés de Sa Majesté. Ils ont été faits chefs d’escadron et reçu la décoration ».En 1814, Beaumont adhère aux actes du Sénat qui prononcent la déchéance de Napoléon Ier et le rappel des Bourbons.
Louis XVIII, â son arrivée à Paris, le fait pair de France le 4 juin, et chevalier de Saint-Louis le 27 du même mois.
Il ne sert pas pendant les Cent-Jours et reprend son siège au Luxembourg après la seconde rentrée du roi ; il commandait alors une division de l’armée de Paris.
Il vote la mort du maréchal Ney.
Le général comte Bonnin de la Bonninière de Beaumont décède le 4 février 1830.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans la même tombe que le prince d’Eckmuhl dont il avait épousé la sœur et avec lequel il était lié depuis longtemps de la plus étroite amitié.
Le couple avait eu trois enfants : une fille, Félicie, et deux fils, Louis Napoléon et Adalbert.
Le premier (1808-1887) épousera Adélaïde Dupuytren, la fille du célèbre chirurgien, le second (1811-1869) sera consul général de France à Perth en Australie. Le titre de comte de Beaumont s’est éteint mais il existe une postérité à Louis Napoléon Bonnin de la Bonninière. Le général comte de Beaumont était également Commandeur de l’Ordre de la Couronne de Fer, Grand-Croix de l’Ordre Militaire de Maximilien Joseph de Bavière, Grand-Croix de l’Ordre de la Fidélité de Bade 1808.
Son nom est inscrit sur le monument de la barrière de l’Étoile, côté est.
« Marc Antoine de Beaumont », dans Charles Mullié, "Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850" , 1852

 

Louis Alexandre Edmé François, baron Davou(s)t, est né le 14 septembre 1773 à Étivey, province de Bourgogne, fils légitime de Jean-François Davoust, écuyer, seigneur de Ravières et d'Annoux, lieutenant au régiment royal de Chartres, et d'Adélaïde Minard du Velard.
Frère cadet du maréchal, il est nommé capitaine dans le 3ème bataillon des volontaires de l'Yonne, le 26 septembre 1791 et combat à l'armée des Ardennes en 1792.
Suspendu comme noble en 1793, il est réintégré dans son grade au début de l'an III, et nommé aide-de-camp de son frère, le général de brigade Davout.
Il sert aux armées du Nord, de Rhin-et-Moselle et du Rhin jusqu'au mois de floréal an VI.
Il s‘embarque pour la campagne d'Égypte en qualité d'adjoint à l'adjudant-général Grézieux, sous-chef de l'état-major général de l'armée expéditionnaire d'Orient.
Présent lors de la prise de Malte, il prend part aussi aux batailles de Chebreiss et des Pyramides, aux sièges de Jaffa et de Saint-Jean-d'Acre.
Promu chef d'escadron à la suite du 20ème régiment de dragons le 19 frimaire an VIII, il se distingue le 29 ventôse suivant à la bataille d'Héliopolis.
Rappelé par son frère, le 21 messidor de la même année, pour remplir près de lui ses premières fonctions d'aide-de-camp, il fait la campagne de l'an IX avec l'armée d'Italie.
Au passage du Mincio, il a un cheval blessé d'un coup de feu le 5 nivôse.
Employé au camp de Bruges pendant les ans XII et XIII, il y est nommé membre et officier de la Légion d'honneur, le 25 prairial an XII, puis colonel le 17 pluviôse an XIII. (1805)
Il suit son frère à la Grande Armée en qualité d’aide-de-camp, et assiste aux batailles d'Austerlitz, d'Iéna, d'Auerstaedt et d'Eylau.
Il devient commandant de la Légion d'honneur à Tilsitt le 7 juillet 1807, puis chevalier de l'ordre de Saint-Henri de Saxe le 8 mars 1808 et 1er Baron Davout et de l'Empire par décret du 19 mars 1808 et lettres patentes du 22 novembre 1808.
Il épouse le 26 septembre de cette année Alire Parisot.
À la Grande armée d'Allemagne en 1809, il prend part à la bataille de Wagram, le 6 juillet.
Obtient un congé pour raison de santé en 1811, il se retire à Ravières, mais est pourtant nommé général de brigade le 6 août 1811.
Mais souffrant de « rhumatismes qui lui rendent depuis près de quinze ans l’existence si douloureuse » (Lettre de Davout à la maréchale, 1808), il est exclus du service actif et admis à la retraite le 25 novembre 1813.
il se retire à Ravières (Yonne).
Sa pension de général n'ayant point été liquidée, le ministre de la Guerre arrête, le 14 décembre 1814 , qu'il ne serait donné aucune suite à la décision du 25 novembre 1813 et qu'il serait rétabli sur le contrôle des officiers susceptibles d'être employés, avec le traitement de non-activité.
Resté sans emploi pendant les Cent-Jours, il conserve la même position sous la seconde Restauration.
Fait Chevalier de Saint-Louis le 19 janvier 1817 et compris dans le cadre de l'état-major général le 30 décembre 1818.

Le 3 septembre 1820, à l'âge de 47 ans, il décède dans sa residence de Ravières (Yonne), où il repose dans la chapelle Saint-Roch, à l'est de cette petite ville, près du bois des Brousses.

 


Collection Hachette : Maréchaux d'Empire, Généraux et figures historiques (Collection de l'auteur)


Collection Del Prado : Les plus grands commandants des Guerres napoléoniennes (Collection de l'auteur)

SIX, Georges, Dictionnaire biographique des Généraux & Amiraux français de la Révolution et de l'Empire (1792-1814), Saffroy, éditeur, Paris,1934

Bibliographie:

Frédéric Hulot, Le Maréchal Davout, Éditions Pygmalion, 2003.

 

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