CAMPAGNE D'ITALIE 1796-1797

Cette page a pu être réalisée grâce à l'aimable collaboration de M. Alexandre Baury, qui a bien voulu mettre ses photos à notre disposition. Qu'il en soit grandement remercié.

1e phase : 24 mars - 31 mai 1796 : Offensive de Bonaparte

A. Élimination du Piémont

1. Combat de Voltri
2. Bataille de Montenotte
3. Bataille de Millesimo / Cosseria
4. Batailles de Dego
5. Combat de Pedaggera : attaque de la gauche du camp retranché de Ceva
6. Combats de Saint-Michel di Mondovi
7. Batailles de Mondovi
 

B. Manœuvre de Lodi
1. Combats de Guardamiglio
2. Combats de Fombio
3. Combats de Codogno
4. Bataille du pont de Lodi

C. Manœuvre de Castelnovo
 

2e phase :31 mai 1796 - 2 février 1797 : Attente stratégique sur l'Adige

1. Première offensive de Wurmser - Bataille de Castiglione
2. Deuxième offensive de Wurmser - Bataille de Bassano
3. Première offensive d'Alvinczi - Bataille d'Arcole
4. Deuxième offensive d'Alvinczi - Bataille de Rivoli
 

3e phase : 2 février - 13 avril 1797 : campagne de 1797 dans les Alpes

Traité de Campo-Formio


1e phase : 24 mars - 31 mai 1796 : Offensive de Bonaparte

26 mars - 2 avril 1796

Il réside à Nice, au 2, rue Saint-François-de-Paule, dans le Palais Hongran. Une plaque mentionne qu'il logea au dernier étage.

 

 

EN CETTE MAISON
NAPOLéON BONAPARTE
COMMANDANT EN CHEF
DE L'ARMéE D'Italie
SéJOURNA
DU 26 MARS AU 2 AVRIL 1796

 

A. Élimination du Piémont

1. Combat de Voltri


2. Bataille de Montenotte

12 avril 1796 : Bataille de Montenotte


Extrait de "Atlas der Schlachten, Treffen und Belagerungen aus der Kriege von 1792 bis 1815", Woerl et von Dürrich, Freiburg, 1860.


 

3. Bataille de Millesimo / Cosseria

13 avril 1796 : bataille de Millesimo

Le 13 avril, vers 3 heures, les Français opèrent l'encerclement des positions de Provera par un mouvement fulgurant : Banel, de Biestro, attaque les avant-postes piémontais. Il fait descendre sur Millesimo le 3e bataillon de la 39e demi-brigade qui franchit la rivière Bormida par le pont de Millesimo, coupant du même coup les communications entre les Piémontais.

 

 

 

 

13 ou 17 avril 1796

 Le général Bonaparte établit ses quartiers dans l’actuel hôtel de ville.

On y trouve cette plaque
NELLA SALA CONSILIARE, OLTRE A PREGEVOLI ARMATURE, SI TROVA L’ALTARE SU CUI CELEBRO’MESSA PAPA PIO PIE VII, PRIGIONIERO DI NAPOLEONE IL 17 AGOSTO 1809. IN UNA SALA, AL PIANO SUPERIORE, PERNOTTO’NAPOLEONE BONAPARTE AL TERMINE DELLA BATTAGLIA DI MILLESIMO DEL 13-14 APRILE 1796.

 « Dans la salle du conseil, outre les armures de valeur, se trouve l’autel sur lequel le pape Pie VII, prisonnier de Napoléon célébra la messe le 17 août 1809. Dans une salle, à l’étage supérieur, Napoléon Bonaparte passa la nuit du 13 au 14 avril 1796 au terme de la bataille de Millesimo. »

Selon le Tulard-Garros, Bonaparte logea à Carcare du 12 au soir au 17 au matin. Ce n'est que le 17 qu'il porte son QG à Millesimo. Il y est encore le 18, mais le soir de ce jour, il couche déjà à Salicete.

 

 

La chambre occupée par Bonaparte à Millesimo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13 - 14 avril 1796 : combats au château de Cosseria

Les 13 (jour de la bataille de Millesimo) et 14 avril (jour de la bataille de Dego) eurent lieu des combats au château de Cosseria.  Le général Joubert tenta de s'emparer des ruines du château de Cosseria, défendues par le général Provera et, plus particulièrement par le colonel Del Carretto commandant les régiments Montferrato, Marina et Susa. On trouve plusieurs plaques sur les ruines du château.
 

 

 

 

 

 

 

 

4. Bataille de Dego

15 avril 1796 : bataille de Dego


5. Combat de Pedaggera : attaque de la gauche du camp retranché de Ceva
17 avril 1796 : bataille de Ceva


6. Combats de Saint-Michel di Mondovi
20 avril 1796 : bataille de St-Michel


7. Bataille de Mondovi
22 avril 1796 : bataille de Mondovi

B. Manœuvre de Lodi
1. Combats de Guardamiglio
2. Combats de Fombio
3. Combats de Codogno
4. Bataille du pont de Lodi

10 mai 1796 (21 floréal an IV) : bataille du pont de Lodi


Emplacement de l'ancien pont à Lodi. Le nouveau pont se trouve à 150 en aval de l'ancien.
Sur la rive gauche, en contre-bas du pont actuel, on peut encore voir les fondations en pierre, formant la culée de l’ancien pont.

En face du pont, du côté de la vieille ville, le clocher de l’église San Rocco, qui servit d’observatoire au général Bonaparte pendant la bataille.

 

 

 

 

 

 

 

 

En face de l'église, on peut voir sur une maison cette plaque qui associe les événement de  1796 et de 1859 :

IL 10 MAGGIO 1796
NAPOLEONE BONAPARTE
PORTANDO DI DUE SECOLI IL FATO
QUI
LANCIAVA LA FULMINEA COLONNA
CONTRO IL CORPO DI BEAULIEU
E LO SBARAGLIAVA
QUI
IL 10 GIUGNO 1859
LODI ESULTANTE PER LO SCOSSO SERVAGGIO
ATTRAVERSO LO NEMBO E LE FIAMME
CHE INVOLAVANO LO STORICO PONTE
VIDE IN ROTTA DILEGUARSE
L’ULTIMA FALANGE DELL’ESERCITO AUSTRIACO.

Le 10 mai 1796, Napoléon Bonaparte, secouant le joug de deux siècles, lança ici ses colonnes foudroyantes contre le corps de Beaulieu et le mit en déroute. Ici, le 10 juin 1859, Lodi, exultant de sa libération à travers le nuage et les flammes qui enveloppaient son pont historique, vit disparaître précipitamment la dernière phalange de l’armée autrichienne.
 

 

 

10 mai 1796 : Valeggio

Via Antonio Murari 27, plaque apposée sur le palais où le général Bonaparte faillit être fait prisonnier par les Autrichiens au soir du combat de Borghetto, le 30 mai 1796. C’est suite à cet événement qu’il décida de la création d’un corps de guides, chargé de son escorte et de sa protection, qui devint sous l’Empire les chasseurs à cheval de la Garde impériale :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NAPOLEONE BONAPARTE
IL 30 MAGGIO 1796
MINACCIATO DAGLI AUSTRACI
D’ESTREMO PERICOLO
ESCE NON VISTO DA QUESTO PALAZZO
CHIAMA ALL’ARMI I SOLDATI DI MASSENA
E VOLTI IN FUGA I NEMICI
QUI NOVAMENTE ALBERGO SICURO

 

Traduction : « Napoléon Bonaparte, le 30 mai 1796, menacé d’un extrême danger par les Autrichiens, sortit de ce palais sans être vu et appela aux armes les soldats de Masséna qui mirent l’ennemi en fuite, puis revint loger ici en sûreté. »

Le général Bonaparte occupait une chambre au premier étage, à gauche du grand escalier.


C. Manœuvre de Castelnovo

2e phase : 31 mai 1796 - 2 février 1797 : Attente stratégique sur l'Adige

31 mai 1796 - 2 février 1797 : Attente stratégique sur l'Adige


Extrait de "Atlas der Schlachten, Treffen und Belagerungen aus der Kriege von 1792 bis 1815", Woerl et von Dürrich, Freiburg, 1860.

1. Première offensive de Wurmser

 

3-5 août 1796 : Bataille de Castiglione/Lonato


2. Deuxième offensive de Wurmser

4 septembre 1796 : Bataille de Roveredo

8 septembre 1796 : Bataille de Bassano


Extrait de "Atlas der Schlachten, Treffen und Belagerungen aus der Kriege von 1792 bis 1815", Woerl et von Dürrich, Freiburg, 1860.

 

10-15 septembre 1796 : Bataille de Mantua, suivie du siège du 15 septembre 1796 au 2 février 1797

 

3. Première offensive d'Alvinczi - Bataille d'Arcole

 

12 novembre 1796 : bataille de Caldiero


Extrait de "Atlas der Schlachten, Treffen und Belagerungen aus der Kriege von 1792 bis 1815", Woerl et von Dürrich, Freiburg, 1860.

14-18 novembre 1796 (24 - 28 Brumaire) : Ronco de l'Adige

Le général Bonaparte séjourna dans cette ville du 14 au 18 novembre 1796, pendant la bataille d’Arcole, dans une grosse ferme, via Napoleone, située à proximité du clocher de la vieille église, d'où dirigea la bataille. Une PC sur la façade de la mairie, situé à proximité, piazza Roma 1, est apposée en souvenir de son séjour.

 

 

 

XV – XVI – XVII
NOVEMBRE
1796
NAPOLEONE

 

15-17 novembre 1796 (25 - 27 Brumaire an V) : Bataille d'Arcole


Bataille d'Arcole : premier jour - 15 novembre 1796


Bataille d'Arcole : troisième jour - 17 novembre 1796


Arcole : rive droite de l'Alpone.

Face au pont, sur la rive droite de l’Alpone, obélisque érigé en 1810 qui commémore la victoire française sur l’armée autrichienne. Restauré par le Souvenir français en 1992.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Via Nuova, à proximité de l’église, le musée consacré à la bataille d’Arcole a été installé dans une petite chapelle désaffectée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MUSEO
CHE ASSICURA E CUSTODICE
IN ARCOLE
LE MEMORIE DELL’EPOPEA NAPOLEONICA
RACCOLTE DALL’ARCH. GUSTAVO ALBERTO ANTONELLI
IN OPEROSI ANNI DI APPASSIONATA RICERCA
ET DA LUI DONATE
IL COMMUNE DI ARCOLE ISTITUI
NELL’ANNO MCMLXXXIV

Traduction : « Ce musée assure et conserve à Arcole la mémoire de l’épopée napoléonienne, recueillie par l’architecte Gustavo Alberto Antonelli pendant des laborieuses années de recherches passionnées. La commune d’Arcole le fonda en 1984. »

 


Extrait de "Atlas der Schlachten, Treffen und Belagerungen aus der Kriege von 1792 bis 1815", Woerl et von Dürrich, Freiburg, 1860.

 

4. Deuxième offensive d'Alvinczi - Bataille de Rivoli
14 - 15 janvier 1797 (25 Nivôse an V) : bataille de Rivoli :

 

 


Bataille de Rivoli, paysage au nord de Zoanno.

 

L’église est celle de l'époque de la bataille et a conservé son aspect. Le général Bonaparte serait monté dans le clocher pour observer l’ennemi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rivoli, face à l'église.

nelle galide notte del 14 gennaio 1797
il Generale Bonaparte giunge a Rivoli
atteso nella chiesa del Generale Joubert
il quale le informa della situazione prima
delle battaglia


cipp0 posto a perenne memoria                      

 

 

 

 

 

Traduction :
"Dans la nuit glaciale du 14 Janvier, 1797
le général Bonaparte vint à Rivoli
attendu dans l'église par le général Joubert
qui l'informa de la situation avant
de bataille
stèle posée pour le souvenir pérenne."

 

Sur le sommet d’un petit tertre entouré de grands cyprès, se trouvent quelques ruines d’un monument abattu par les Autrichiens en 1814 et primitivement érigé sur l’ordre de Napoléon en 1806.

Un monument en pierre blanche a été érigé par le Souvenir français en 1967, au même endroit.
Ce monument a été érigé à l’emplacement d’un point de lutte acharnée entre les soldats de Joubert et ceux de la réserve autrichienne du général Alvinczy.

 

 

MONUMENT ÉLEVÉ EN 1806, À LA MÉMOIRE
DES COMBATTANTS DE RIVOLI
DÉTRUIT PAR LES AUTRICHIENS EN 1814
LES SOLDATS DE L’ARMÉE FRANÇAISE D’ITALIE
1917-1918
À LEURS GLORIEUX AÎNÉS DE 1797

 



3e phase : 2 février - 13 avril 1797 : campagne de 1797 dans les Alpes

16 mars 1797 : bataille de Tagliamento

29-30 avril 1796 : Trieste

Via Pozzo di Mare 2,  le général Bonaparte s’établit ici les 29 et 30 avril 1797, dans le palais Brigido, chez le gouverneur militaire de la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IN QUESTO PALAZZO DEI CONTI BRIGIDO
SOGGIORNO IL 29 E 30 APRILE 1797
NAPOLEONE BONAPARTE
COMMANDANTE IN CAPO DELL’ARMATA D’ITALIA

 

 

Traduction : "Dans ce palais des comtes de Brigido  Napoléon Bonaparte, commandant en chef de l’armée d’Italie séjourna les 29 et 30 avril 1797."


Le 18 octobre 1797 : Traité de Campo-Formio

Piazza Trattato 4, maison où fut signé le traité de Campoformio, le 18 octobre 1797.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NAPOLEO. MAGNUS.
PIUS.FELIXINVICTUS
AUGUSTUS.FOEDERIS
CAMPOFORMIDENTII
PACIFICUS
XVI.KAL.NOX. AN.
MDCCXCVII.

 

 

Traduction : « Napoléon le Grand, le Pieux, l’Heureux, l’Invaincu, L’Auguste, le Pacifique par le traité de Campoformio, le seizième jour avant les calendes de novembre 1797. »

 

Traité de Campo-Formio

 

S.M. l'Empereur des Romains, roi de Hongrie et de Bohême, et la République française, voulant consolider la paix dont les bases ont été posées par les préliminaires signés au château d'Eckenwal, près de Leoben en Styrie, le 18 avril 1797, ou 20 germinal an III de la République française, une et indivisible, ont nommé pour leurs plénipotentiaires, savoir:
S.M. l'Empereur et roi, le sieur D. Martins Mastrili, noble patricien napolitain, marquis de Gallo, chevalier de l'ordre de Saint-Janvier, gentilhomme de la chambre de S.M. le roi des Deux-Siciles, et son ambassadeur extraordinaire à la cour de Vienne; le sieur Louis de Cobentzel, comte du Saint-Empire romain, Grand-Croix de l'ordre royal de Saint-Étienne, chambellan, conseiller d'état intime actuel de S.M.I. et R.A., et son ambassadeur extraordinaire près S.M. L'Empereur de toutes les Russies; le sieur Maximilien, comte de Meerfeldt, chevalier de l'ordre teutonique et de l'ordre militaire de Marie-Thérèse, chambellan et général-major de cavalerie dans les armées de sadite majesté l'Empereur et roi; et le sieur Ignace, baron de Degelmann, ministre plénipotentiaire de sadite majesté près la République helvétique;
Et la République française, Bonaparte, général en chef de l'armée française en Italie, lesquels, après l'échange de leurs pleins pouvoirs respectifs, ont arrêté les articles suivants:

Article 1er.
Il y aura à l'avenir et pour toujours une paix solide et invariable entre sa majesté l'Empereur des Romains, roi de Hongrie et de Bohême, ses héritiers et successeurs, et la République française. Les parties contractantes apporteront la plus grande attention à maintenir entre elles et leurs États une parfaite intelligence, sans permettre dorénavant que, de part ni d'autre, on commette aucune sorte d'hostilités par terre ou par mer, pour quelque cause ou quelque prétexte que ce puisse être, et on évitera soigneusement tout ce qui pourrait altérer à l'avenir l'union heureusement établie. Il ne sera donné aucun secours ou protection, soit directement, soit indirectement, à ceux qui voudraient porter quelque préjudice à l'une ou l'autre des parties contractantes.

Article 2.
Aussitôt après l'échange des ratifications du présent traité, les parties contractantes feront lever tout séquestre mis sur les biens, droits et revenus des particuliers résidant sur les territoires respectifs et les pays qui y sont réunis, ainsi que des établissements publics qui y sont situés; elles s'obligent à acquitter tout ce qu'elles peuvent devoir pour fonds à elles prêtés par lesdits particuliers et établissements publics, et à payer ou rembourser toutes rentes constituées à leur profit sur chacune d'elles.
Le présent article est déclaré commun à la République cisalpine.

Article 3.
S.M. l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême, renonce pour elle et ses successeurs, en faveur de la République française, à tous ses droits et titres sur les ci-devant provinces de la Belgique connues sous le nom de Pays-Bas autrichiens. La République française possédera ce pays à perpétuité, en toute souveraineté et propriété, et avec tous les biens territoriaux qui en dépendent.

Article 4.
Toutes les dettes hypothéquées avant la guerre sur le sol des pays énoncés dans les articles précédents, et dont les contrats seront revêtus des formalités d'usage, seront à la charge de la République française; les plénipotentiaires de S.M. l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême, en remettront l'état le plus tôt possible aux plénipotentiaires de la République française, et avant l'échange des ratifications, afin que, lors de l'échange, les plénipotentiaires des deux puissances puissent convenir de tous les articles explicatifs ou additionnels au présent article et les signer.

Article 5.
S.M. l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême, consent à ce que la République française possède en toute souveraineté les îles ci-devant vénitiennes du Levant, savoir: Corfou, Zante, Céphalonie, Sainte-Maure, Cérigo, et autres îles en dépendant, ainsi que Butrinto, Arla, Vonizza, et en général tous les établissements ci-devant vénitiens et albanais, qui sont situés plus bas que le golfe de Lodrino.

Article 6.
La République française consent à ce que S.M. l'Empereur et roi possède en toute souveraineté et propriété les pays ci-dessous désignés, savoir: l'Istrie, la Dalmatie, les îles ci-devant vénitiennes de l'Adriatique, les bouches du Cattaro, la ville de Venise, les lagunes et les pays compris entre les états héréditaires de S.M. l'Empereur et roi, la mer Adriatique; et une ligne qui partira du Tyrol, suivra le torrent en avant de Gardala, traversera le lac de Garda jusqu'à Lazice; de là une ligne militaire jusqu'à San-Giacomo, offrant un avantage égal aux deux parties, laquelle sera désignée par des officiers du génie nommés de part et d'autre avant l'échange des ratifications du présent traité. La ligne de limite passera ensuite l'Adige à San-Giacomo, suivra la rive gauche de cette rivière jusqu'à l'embouchure du canal Bianco, y compris la partie de Porto-Legnago qui se trouve sur la rive droite de l'Adige, avec l'arrondissement d'un rayon de trois mille toises. La ligne se continuera par la rive gauche du canal Bianco, la rive gauche du Tartaro, la rive gauche du canal dit la Polisella, jusqu'à son embouchure dans le Pô, et la rive gauche du grand Pô jusqu'à la mer.

Article 7.
S.M. l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême, renonce à perpétuité, pour elle, ses successeurs et ayants-cause, en faveur de la République cisalpine, à tous les droits et titres provenant de ces droits, que sadite majesté pourrait prétendre sur les pays qu'elle possédait avant la guerre, et qui font maintenant partie de la République cisalpine, laquelle les possédera en toute souveraineté et propriété, avec tous les biens et propriétés qui en dépendent.

Article 8.
S.M. l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême, reconnaît la République cisalpine comme puissance indépendante.
Cette République comprend la ci-devant Lombardie autrichienne, le Bergamasque, le Bressan, le Crémasque, la ville et forteresse de Mantoue, le Mantouan, Peschiera, la partie des états ci-devant vénitiens à l'ouest et au sud de la ligne désignée dans l'article 6 pour la frontière des états de S.M. l'Empereur en Italie, le Modenais, la principauté de Massa et Carrara, et les trois légations de Bologne, Ferrare et la Romagne.

Article 9.
Dans tous les pays cédés, acquis ou échangés par le présent traité, il sera accordé à tous les habitants et propriétaires quelconques, main-levée du séquestre mis sur leurs biens, effets et revenus, à cause de la guerre qui a eu lieu entre S.M.I et R. et la République français, sans qu'à cet égard ils puissent être inquiétés dans leurs biens et personnes. Ceux qui à l'avenir voudront cesser d'habiter lesdits pays, seront tenus d'en faire la déclaration trois mois après la publication du traité définitif; ils auront le terme de trois ans pour vendre leurs biens, meubles, immeubles, ou en disposer à leur volonté.

Article 10.
Les pays cédés, acquis ou échangés par le présent traité porteront à ceux auxquels ils demeureront les dettes hypothéquées sur leur sol.

Article 11.
La navigation de la partie des rivières et canaux servent de limites entre les possessions de sa majesté l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême, et celles de la République cisalpine sera libre, sans que ni l'une ni l'autre puissance puissent y établir aucun péage, ni tenir aucun bâtiment armé en guerre, ce qui n'exclut pas les précautions nécessaires à la sûreté de la forteresse de Porto-Legnago.

Article 12.
Toutes rentes ou aliénations faites, tous engagements contractés, soit par les villes, ou par les gouvernements ou autorités civiles et administratives des pays ci-devant vénitiens, pour l'entretien des armées allemandes et françaises, jusqu'à la date du présent traité, seront confirmés et regardés comme valides.

Article 13.
Les titres domaniaux et archives des différents pays cédés ou échangés par le présent traité seront remis, dans l'espace de trois mois à dater de l'échange des ratifications, aux puissances qui en auront acquis la propriété. Les plans et cartes des forteresses, villes et pays que les puissances contractantes acquièrent par le présent traité, leur seront fidèlement remis.
Les papiers militaires et registres pris, dans la guerre actuelle, aux états-majors des armées respectives, seront pareillement rendus.

Article 14.
Les deux parties contractantes, également animées du désir d'écarter tout ce qui pourrait nuire à la bonne intelligence heureusement établie entre elles, s'engagent de la manière la plus solennelle à contribuer de tout leur pouvoir au maintien de la tranquillité intérieure de leurs États respectifs.

Article 15.
Il sera conclu incessamment un traité de commerce, établi sur des bases équitables, et telles qu'elles assurent à sa majesté l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême et à la République française, des avantages égaux à ceux dont jouissent, dans tous les États respectifs, les nations les plus favorisées.
En attendant, toutes les communications et relations commerciales seront rétablies dans l'état où elles étaient avant la guerre.

Article 16. Aucun habitant de tous les pays occupés par les armées autrichiennes et françaises ne pourra être poursuivi ni recherché, soit dans sa personne, soit dans ses propriétés, en raison de ses opinions politiques, ou actions civiles, militaires et commerciales, pendant la guerre qui a eu lieu entre les deux puissances.

Article 17.
Sa majesté l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême, ne pourra, conformément aux principes de neutralité, recevoir dans chacun de ses ports pendant le cours de la présente guerre plus de six bâtiments armés en guerre, appartenant à chacune des puissances belligérantes.

Article 18.
Sa majesté l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême, s'oblige à céder au duc de Modène en indemnité des pays que ce prince et ses héritiers avaient en Italie, le Brisgau, qu'il possédera aux mêmes conditions que celles en vertu desquelles il possédait le Modénois.

Article 19.
Les biens fonciers et personnels non aliénés de LL. AA. RR. l'archiduc Charles et l'archiduchesse Christine, qui sont situés dans les pays cédés à la République française, leur seront restitués, à la charge de les vendre dans l'espace de trois ans.
Il en sera de même des biens fonciers et personnels de S.A.R. l'archiduc Ferdinand dans le territoire de la République cisalpine.

Article 20.
Il sera tenu à Rastadt un congrès uniquement composé des plénipotentiaires de l'empire germanique et de ceux de la République française, pour la pacification entre ces deux puissances. Ce congrès sera ouvert un mois après la signature du présent traité, ou plus tôt, s'il est possible.

Article 21.
Tous les prisonniers de guerre faits de part et d'autre, et les otages enlevés ou donnés pendant la guerre, qui n'auraient pas encore été restitués, le seront dans quarante jours, à dater de celui de la signature du présent traité.

Article 22.
Les contributions, livraisons, fournitures et prestations quelconques de guerre, qui ont eu lieu dans les États respectifs des puissances contractantes, cesseront à dater du jour de l'échange des ratifications du présent traité.

Article 23.
Sa majesté l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême, et la République française conserveront entre elles le même cérémonial, quant au rang et autres étiquettes, que ce qui a été constamment observé avant la guerre.
Sadite majesté et la République cisalpine auront entre elles le même cérémonial d'étiquette que celui qui était d'usage entre sadite majesté et la République de Venise.

Article 24.
Le présent traité de paix est déclaré commun à la République batave.

Article 25.
Le présent traité sera ratifié par sa majesté l'Empereur, roi de Hongrie et de Bohême, et la République française, dans l'espace de trente jours, à dater d'aujourd'hui, ou plus tôt, si faire se peut, et les actes de ratification en due forme seront échangés à Rastadt."
Quatorze articles secrets non moins importants que ce traité lui-même, spécifiaient les limites de la France et les concessions qui devaient en résulter. L'Empereur promettait de ne point soutenir l'empire germanique, si la diète se refusait aux cessions de territoire sur la rive gauche du Rhin. La libre navigation du Rhin et de la Meuse était assurée. La France consentait à ce que l'Autriche acquît le pays de Salzbourg, et reçût de la Bavière l'Innwirtel et la ville de Wasterbourg sur l'Inn. L'Autriche cédait le Frickthal, pour être réuni à la Suisse. La France consentait à rendre les états prussiens entre la Meuse et le Rhin. Des indemnités étaient promises en Allemagne aux princes qui perdaient leurs possessions sur la rive gauche de ce fleuve.

 

 

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