Campagne de 1809

 

Le 03 mai 1809 : COMBAT d'Ebelsberg [1]

Après les batailles d'Eckmühl et de Ratisbonne, l'armée française avait passé l'Inn, et, se dirigeant sur Vienne, était déjà au cœur de l'Autriche. Un corps autrichien de trente cinq mille hommes, commandé par l'archiduc Louis et le général Hiller, menacé d'être tourné dans sa position en avant de la Traun par le duc de Montebello, qui avait passé à Wels, se retira en toute hâte sur la rive droite de cette rivière et prit position au château et sur les hauteurs d'Ebelsberg, qui dominent la ville de ce nom et le cours de la Traun. Mais son arrière garde, atteinte par sept cents hommes, formant l'avant-garde du général Claparède, fut culbutée sur le pont même, qu'elle n'eut pas le temps de détruire: canons, voitures, hommes, chevaux, tout fut précipité dans la rivière par l'intrépide avant-garde, qui pénètre dans Ebelsberg et fait prisonniers quatre mille Autrichiens qui la défendaient. La division Claparède passe tout entière, et se porte à l'attaque du château.

Les trente mille Autrichiens qui garnissent les hauteurs sont instruits que les ducs d'Istrie, de Rivoli et le général Oudinot vont arriver sur Ebelsberg ; ils sont perdus si ces nouvelles troupes passent le pont: pour les en empêcher, ils mettent le feu à la ville, qui, bâtie en bois, est bientôt la proie des flammes; l'incendie gagne les approches du pont, déjà même il l'embrase, et, pour prévenir son entière destruction, les troupes qui arrivent par la rive gauche sont obligées d'en couper les premières travées.

Resté avec sept mille hommes et quatre pièces de canons sur la rive droite, l'intrépide général Claparède[2] résiste avec succès aux attaques réitérées de trente mille Autrichiens : trois fois il les repousse à la baïonnette et se maintient inébranlable, jusqu'à ce qu'enfin le pont rétabli, permette aux troupes de la rive gauche de venir à son secours. Le général Legrand, avec les 25e légère et 18e de ligne, passe le premier, et se porte aussitôt sur le château, que défendaient huit cents Autrichiens. L'incendie le devance, il atteint le château, et ces huit cents hommes périssent dans les flammes. Pendant que le général Legrand dégageait le général Claparède, Napoléon arrivait par la rive droite, avec la cavalerie, que précédait le général Durosnel, à la tête de mille chevaux. L'ennemi, menacé d'une entière destruction s'il reste plus longtemps dans sa position, se retire en toute hâte sur Ems, dont il brûle le pont, ayant perdu à Ebelsberg douze mille hommes, dont sept mille cinq cents prisonniers.

La courageuse défense du général Claparède est un des plus brillants faits d'armes de nos annales militaires; elle soutint noblement la réputation que ce général s'était déjà acquise, et qu'il a conservée jusqu'à ce jour.  


[1] Très souvent et erronément appelé Ebersberg dans les documents français

[2] En 1818 lieutenant-général, inspecteur de la 1ère division militaire.

 

Extrait de Éphémérides militaires depuis 1792 jusqu'en 1815, ou Anniversaires de la valeur française. Mai. par une société de militaires et de gens de lettres, 1818 Pillet aîné (Paris) 1818-1820.
Nous avons modernisé l'orthographe et les noms des lieux, ainsi que quelques autres éléments trop datés de l'époque. Nous avons également fait quelques ajouts.

 

Le pont sur la Traun à Ebelsberg.

Suite Les 21-22 mai 1809 : Bataille d'Aspern-Essling

La bande sonore de ma conférence consacrée à la campagne de 1809 est en ligne : vous pouvez la télécharger au format MP3 : Conférence1809

Sachez aussi que je suis prêt à rééditer la conférence pour les associations qui seraient intéressées. Il suffit de me contacter.

 

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