André-Joseph BOUSSART
Binche (Hainaut) 1758-1813 Bagnères-de-bigorre
Général de Division
Baron de l'Empire
Commandant de la légion d'honneur

D'azur à un chevron d'argent accompagné, en chef à dextre d'une tête de cheval d'argent, bridée de sable, et en pointe d'un palmier d'or, terrassé du même et fruité d'argent ; au franc-quartier des barons militaires.

 

André-Joseph BOUSSART, parfois mentionné sous le prénom d'Auguste, naquit à Binche, en Hainaut, le 13 novembre 1758.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le monument de Binche "à ceux qui ont lutté et souffert pour la Liberté et l'Indépendance de la Patrie", devant la gare, comprend la statue d'un révolutionnaire belge de 1789.  C'est donc également un hommage aux frères Boussart.
Il n'est pas sûr que l'uniforme corresponde avec celui porté par André-Joseph à l'époque, mais on peut voir une certaine ressemblance...  Peut-être le sculpteur s'est-il inspiré de ses traits ?

Il avait servi, en qualité d'officier, dans les troupes autrichiennes, lorsqu'en 1789 il prit parti dans les troupes belges, où il fut employé comme capitaine jusqu'eu 1791, époque il laquelle il passa en France.

Il y fut fait lieutenant, le 28 juillet de la même année; devint capitaine d'une des compagnies du régiment de dragons du Hainaut, le 1er octobre 1792, et fit la campagne de cette année. Dans cette compagnie servent également son frère Félix et son beau-frère Isaac. Il fut fait lieutenant-colonel de ce régiment, le 1er  mars 1793; se trouva, le 7 du même mois, au combat de la Roche; soutint avec beaucoup de valeur l'attaque des Autrichiens; mais, se trouvant accablé par le nombre, il fit sa retraite en bon ordre.

 Ayant quitté, dans la même année, le régiment des dragons du Hainaut, il passa chef d'escadron au 20e régiment de dragons, et fut employé à l'armée d'Italie. A l'affaire de Mondovi, le 16 avril 1796, il chargea, avec 2 escadrons, la cavalerie piémontaise; la mit en déroute, et reçut 3 coups de sabre eu se frayant un passage à travers l'armée ennemie, Au passage de l'Adda, le 10 mai, il traversa la rivière il la nage à la tête de 2 escadrons, atteignit l'autre rive et poursuivit l'ennemi. Aux combats de Castiglione, du 29 juin au 5 juillet, il se conduisit avec beaucoup de bravoure; et, avec un détachement de son Régiment, il enleva un parti de hussards. 

Nommé chef de brigade du même régiment de dragons, le 7 janvier 1797, il fit partie de l'armée d'expédition d'Égypte, et se signala aux glorieuses journées d'Alexandrie, de Cheybreiss, des Pyramides et d'Aboukir.  Sa valeur et sa conduite distinguée lui valurent le grade de général de brigade provisoire, qui  lui fut conféré en Égypte par le général en chef Menou, le 25 septembre 1800. A la bataille d'Alexandrie, le 21 mars de celle dernière année, il avait chargé à la tête de sa brigade, avait culbuté la première ligne des Anglais, et reçut 5 blessures. Il revint en France après la capitulation arrêtée avec les Anglo-Turcs, et fut confirmé dans son grade de général de brigade par arrêté des consuls, en date du 14 décembre 1801.

Il fut employé à l'armée des Côtes dans la 2e division de dragons.  Nommé commandant de la Légion d'Honneur, le 14 juin 1804. Boussart reçoit un commandement dans la 11e division militaire en 1805. En 1806, il fit la campagne coutre les Prussiens. A la tête d'une division de dragons, il se distingua à la prise de Lubeck, le 6 novembre; contribua à la destruction de la colonne ennemie commandée par le général Bila, et en poursuivit les débris jusque dans Anklam. Il fut légèrement blessé à l'attaque des retranchements des Russes à Czarnowo, le 22 décembre1 de la même année.  En 1807, il fut encore blessé au combat de Pultusk contre les Prussiens.

Baron de l'Empire par lettres patentes du 10 février 1809, donataire (r. 14000) en Westphalie, 17 mars 1810 et en Hanovre, 6 août 1811.

Employé à l'armée d'Espagne, il fut envoyé en 1810, par le général Suchet, pour disperser un rassemblement considérable de paysans insurgés, qui s'était formé à Castellon de la Plana. S'étant porté sur ce point à la tête  de deux escadrons de cuirassiers et de hussards, il attaqua les rebelles et emporta le pont de Castellon, que ceux-ci avaient barricadé, et qu'ils  défendirent avec beaucoup d'opiniâtreté. Pendant le siége de Lérida, il marcha, sous les ordres du général de division Musnier, à l'attaque des troupes du général O'Donell, qui cherchait à secourir la place. Ayant abordé impétueusement l'infanterie et l'artillerie ennemie, il ne leur donna pas le temps de se mettre en ligne, les déborda, et les força à une prompte fuite, qu'elles n'exécutèrent qu'en laissant le terrain jonché de leurs morts. La victoire remportée par suite de cette charge de cavalerie, l'une des plus belles el des plus vigoureuse qui aient eu fieu, mit au pouvoir des vainqueurs 8 colonels, 271 officiers, 5600 soldats, 1000 chevaux, 2 caissons, 3  étendards, 1 drapeau et 500.000 cartouches. Elle mérita au général Boussart les témoignages les plus honorables de la satisfaction du général en chef, Suchet. Boussart concourut à repousser l'attaque nocturne que le chef des Valenciens, Bassecourt, fit, le 26 novembre, contre le camp français à Vinaros, près d'Uldecona. S'étant mis à la tête des cuirassiers et des hussards, il chargea les assaillants, les mit dans le plus grand désordre, et les poursuivit l'épée aux reins jusqu'à Benicarlos. L'ennemi perdit dans cette occasion un grand nombre d'hommes qui furent tués ou blessés, ou qui, pour éviter d'être sabrés, se précipitèrent dans la mer et s'y noyèrent.

A la bataille de Sagonte, le 25 octobre 1811, les Espagnols, ayant enlevé une position avantageuse, entouraient les canonniers français et les sabraient, lorsque le général Boussart vint avec sa brigade au secours de ces canonniers en chargeant 1.500 cavaliers ennemis qui venaient de s'emparer de l'artillerie française. La mêlée fut longue et meurtrière; mais enfin l'ennemi, obligé de prendre la fuite, abandonna cette artillerie, et laissa 6 de ses propres canons au pouvoir du vainqueur. Il concourut ensuite à chasser l'ennemi au-delà de Belara, et à l'obliger de chercher son salut sur la rive droite du Guadalquivir. Il montra un zèle infatigable et beaucoup d'énergie dans plusieurs affaires qui eurent lieu aux approches de Valence et pendant l'investissement de celte place.

Ayant rencontré près de Torrente, le 26 décembre, 20 escadrons espagnols rangés en bataille, il fondit sur eux avec un seul escadron du 4e de hussards qui lui servait d'escorte; mais cette inexcusable témérité mit sa vie en danger. Entouré par les cavaliers ennemis, il tomba en leur pouvoir, après avoir été couvert de coups de sabre,  ses épaulettes, ses décorations et ses armes lui furent arrachées, et il eût infailliblement péri, ou du moins il serait resté prisonnier, si le général Delort, s'avançant avec le gros de la cavalerie française, n'eût forcé les Espagnols de prendre la fuite et d'abandonner le baron Boussart et ceux des hussards de son escorte qui n'avaient pas été massacrés. En récompense de ses services, et sur la demande du maréchal Suchet, il fut nommé général de division, le 16 mars 1812. 

Il mourut le 11 août 1813 à Bagnères de Bigorre (Hautes-Pyrénées), où il s'était rendu pour rétablir sa santé.

D'après le "DICTIONNAIRE HISTORIQUE ET BIOGRAPHIQUE DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS, DEPUIS LE 11e SIECLE JUSQU'EN 1821" , par LE CHEVALIER DE COURCELLES (qui écrit cependant BOUSSARD, avec D ! Il confond sans doute avec le général Jean-Baptiste Boussard)

 

Dans le parc communal de Binche, stèle au général André Boussart, mort le 10 août 1813 à Bagnères-de-Bigorre, des blessures reçues au combat en Espagne.

Le verso du monument  est dédié à son frère, le lieutenant-colonel Félix Boussart, et à leurs frères d'arme binchois.

Sa tombe au cimetière de Bagnères-de-Bigorre a malheureusement été détruite.

1. Sans doute le 23 décembre.

Bibliographie :

« André-Joseph Boussart, de Binche à Bagnère-de-Bigorre, itinéraire d’un général d’Empire » par Etienne Duriau, If Editions, 2003.

"DICTIONNAIRE HISTORIQUE ET BIOGRAPHIQUE DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS, DEPUIS LE 11e SIECLE JUSQU'EN 1821" , par LE CHEVALIER DE COURCELLES, 1821.

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