Jean-Baptiste Breton, dit BERTON

Euilly (Ardennes)  1767 – Poitiers 1822

général de Brigade
Baron de l'Empire

Parti : d'or à cinq bandes d'azur et d'argent à neuf points d'échiquier de sable placés en sautoir surmontés d'une quintefeuille de gueules ;
à la champagne de gueules chargée du signe des chevaliers légionnaires brochant sur le parti.

 

Jean-Baptiste Breton, dit BERTON, général de cavalerie, est né à Euilly (maintenant Euilly et Lombut, Ardennes), à 20 km au SE de Sedan le 15 juin 1767.  Élève à l'École de Brienne, puis de Châlons; entra comme sous-lieutenant dans les  hussards de la légion des Ardennes (plus tard 23e Chasseurs à Cheval) le 1er octobre 1792; à l'armée du Nord, 1793-1794; servit à Neerwinden, 18 mars 1793;

Lieutenant, 24 juin 1794; à l'armée de Sambre-et-Meuse, 2 juillet 1794-1797; capitaine le 8 octobre 1795; surnuméraire, 26 février 17796; chargé de l'habillement le 25 décembre 1797; à l'armée du Rhin, 1799; puis d'Allemagne, 1800-1801; admis au traitement de réforme, 26 février 1801; capitaine adjoint provisoire à l'état-major général de l'armée de Hanovre, 9 juin 1803; confirmé dans ses fonctions le 21 septembre 1803;

On lit dans un de ses états de service, délivré à Hanovre le 27 floréal an XII de la République  (17 mai 1804)  :

" ... A eu un cheval tué sous lui à Ne(e)rwinde(n). Il fit 30 prisonniers dans une escarmouche, à Avesnes, avec un détachement de 25 hommes ; eut un second cheval tué sous lui, le 28 fructidor an IV, en chargeant sur deux pièces d'artillerie ennemies, sur les hauteurs de Nassau.  Le 30 floréal an V, il chargea l'ennemi à la tète d'une compagnie, dans la plaine de Wi(e)sbaden, fit 50 prisonniers, prit une pièce de canon et deux caissons, et fit mettre bas les armes à trois compagnies de Croates.  Il a fait toutes les cam­pagnes de la Révolution et les campagnes de Hanovre avec zèle, bravoure et distinction.

                                                                                                                                                                                                                                            Signé:  le général chef d'état-major.
                                                                                                                                                                                                                                                                   BERTHIER

 

Adjoint à l'état-major du 1er Corps de la Grande Armée (maréchal Bernadotte), le 29 août 1805, il le suivit à Austerlitz, à Iéna, etc..

Il se signala à Halle, 17 octobre 1806.  Par sa brillante conduite à Lubeck (6 novembre 1806), où fut traqué et pris le général Blücher, il enleva le grade de chef d'escadrons, "le plus difficile de tous à obtenir" le 14 février 1807.

 

 

Il servit à Friedland, 14 juin; adjoint à l'état-major du 1er Corps de l'armée d'Espagne sous Victor, 27 septembre 1808; Le maréchal Victor, qui eut occasion d'apprécier Berton à la bataille de Friedland et d'Espinosa, le proposa à l'Empereur, dans une revue, pour le grade de colonel.  L'Empereur, n'ayant pas de régiment libre, fit Berton adjudant-commandant, puis baron de l'Empire, par lettres patentes du 22 novembre 1808, donataire (r. 500) sur le Mont-de-Milan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Berton se distingue à Talavera, le 28 juillet 1809.

Panorama du champ de bataille de Talavera
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Adjudant commandant chef d'état-major de la division polonaise Valence au 4e Corps de l'armée d'Espagne, 22 novembre 1808. Il se fait à nouveau remarquer à Talavera, 28 juillet 1809 et à Almonacid, le 9 août, où il enleva la haute position de ce double piton sur lequel s'élève la ville; à Osana (Osuna?), où il conduisit à l'ennemi les lanciers polonais avec habileté, sang-froid et intrépidité; à Ocaňa, 18 novembre 1809 ;  au passage de la Sierra-Morena où, à la tète d'un détachement de mille hommes, il se rendit maître de Malaga, vigoureusement défendue par 7 à 8.000 Espagnols, 5 février 1810.  Il s'empara de Ronda, juin 1811, devint gouverneur de Malaga en août 1811.  Chef d'état-major de Maransin à Malaga, 1er octobre 1811; commandant à Antequera. 5 novembre 1811 ; commandant à Osuna, 7 février 1812; servit à Cartama, 16 février  1812

Le 5 novembre 1811, Berton est nommé commandant d'Antequera.
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En 1813, lorsque l'armée dut évacuer l'Andalousie à la suite de la bataille des Arapiles, Berton rendit de grands services par sa valeur et par son sang-froid.  Enfin, le 30 mai 1813, Napoléon lui conféra le titre de général de brigade.  Commandant une brigade d'infanterie à l'armée d'Espagne, 30 juin 1813.  Mais il est officier de cavalerie et devient chef de la 2e brigade de cavalerie légère de la 1ère division de cavalerie (P. Soult) à l'armée des Pyrénées, 16 juillet; servit à Orthez, 27 février 1814, au combat de Cazères, 2 mars, à Maubourguet, 19 mars.  Il se couvrit de gloire à la bataille de Toulouse, le 10 avril 1814.

L'obélisque de la bataille de Toulouse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chevalier de Saint-Louis, 13 août 1814, mais mis en non-activité le 1er septembre 1814.  La première Restauration le mit donc à la retraite.  Au retour de l'Empereur, il accepta une mission dans le Midi, 4 avril 1815.  Berton est employé à la 6e division de cavalerie au corps d'observation de la Moselle, 23 avril 1815.  Chef d'une brigade de dragons au 2e Corps de cavalerie sous Exelmans à l'armée de Belgique, juin 1815; combattit devant Wavre, 18 juin 1815.

Inspecteur provisoire de cavalerie en août 1815; mis en non-activité, 1er novembre 1815.  Arrêté et détenu à l'Abbaye pour sa mission dans le Midi, 26 décembre 1815; mis en liberté, 15 mai 1816; disponible, 30 décembre 1818; admis à la retraite, 13 septembre 1820; admis au traitement de réforme, 1er août 1821.  Mis une deuxième fois à la demi-solde à la seconde Restauration, il employa ses loisirs à des travaux littéraires.  On lui doit un Précis historique de la bataille de Waterloo, Paris, 1818.

Jean-Baptiste Berton habita le numéro 13 de la rue de La-Tour-d’Auvergne à Paris, dans le 9e Arrondissement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 24 février 1822, trompé par des agents provocateurs, il se mit à la tête de 450 hommes, établit un gouvernement provisoire à Thouars, arbora le drapeau tricolore et marcha sur Saumur.  Mais bientôt les insurgés se débandèrent et Berton se réfugia à Laleu chez un de ses amis.  Rayé des contrôles de l'armée, le 6 mars 1822.  Trahi par un nommé Wolfel qui feignait de partager ses projets, il fut arrêté par celui-ci pour complot contre la  sûreté de l'État, 17 juin 1822.

Le général Berton est condamné à mort par la Cour royale de Poitiers, le 11 septembre 1822, et exécuté à Poitiers le 5 octobre 1822 (le 6 selon Mullié) sur la place appelée depuis, pour ce fait, place de la Liberté, où un monument (une statue de la Liberté) fut élevé en 1906.

Le général Berton fut inhumé au cimetière de l'Hôpital des Champs à Poitiers.

LE Général Berton

MORT POUR LA LIBERTÉ

octobre 1822

La tombe du général Berton aurait besoin de plus qu'un simple nettoyage...

 

Un peu d'histoire...

1822.. bien sinistre année.

C'est le 21 septembre 1822 que les 4 Sergents de la Rochelle sont guillotinés en place de Grève et rappelons que c'est 1er octobre, 4 jours avant Berton, que le Lieutenant-Colonel Caron est exécuté à Strasbourg.

Ceux qui croient que la Terreur Blanche s'arrête en 1816 se trompent...

 

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