Mikhaïl Illarionovitch Golenichtchev-Koutouzov
(1745-1813)

PRINCE
GENERAL


Koutouzov est né le 16 septembre 1745 à Saint-Pétersbourg[i], d'une ancienne famille noble. Son père était lieutenant-général dans l'armée russe et sénateur.  Après des études à l'école combinée de l'artillerie et du génie, il fut nommé enseigne le 12 janvier 1761. En 1762, il est transféré, en tant que capitaine, au Régiment d'infanterie d'Astrakhan commandé à l'époque par le général Souvorov. Il combat en Pologne en 1764- 69, puis combat les Turcs en 1770-74.  Lieutenant-colonel, il est gravement blessé à Schumy en 1774.  Cette blessure à la tête lui coûte l'œil droit. Il est sauvé par le médecin français Jean Massot. (Un article intéressant à ce sujet : http://www.thehindu.com/sci-tech/health/brain-surgery-saved-russian-general-mikhail-kutuzov-who-helped-defeat-napoleon-bonaparte/article7481030.ece )  Il reçoit l'Ordre de Saint-Georges de 4ème classe en 1775. En 1776-77, il voyage en bureau pour récupérer, et à son retour, il est nommé colonel, commandant le régiment de Lugansk.

Il sert en Crimée en 1778-83. À la tête du régiment de cavalerie légère de Mariupol.

Général-major en 1784, il assista en 1788 au siège d'Ochakov, où il est à nouveau gravement blessé à la tête lors d'une une sortie vigoureuse de la garnison turque. Il eut ensuite une grande part à la prise d'Is­mailov, en 1790, et fut nommé l'année suivante lieutenant-général, puis chargé du commandement d'un corps d'armée placé entre le Pruth, le Dniestr et le Danube. Il se distingue encore en 1790 et 91. Il sert brièvement en Pologne en 1792, puis devient ambassadeur en Turquie en 1793.

Il a différentes missions diplomatiques, tant sous le règne de Catherine que sous celui de Paul, et convainc entre autres Frédéric-Guillaume III de Prusse de signer un traité avec la Russie.  Il est nommé général d'infanterie de 15 janvier 1798.

En octobre 1799, il prend le commandement du corps expéditionnaire en Hollande, mais, ayant atteint Hambourg, il y apprend la fin des hostilités. Il devient un proche du tsar Paul, avec qui il dîne même le soir de son assassinat, sans qu'il y soit impliqué.  Ce refus d'y participer est sans doute la raison de son écartement des postes importants par le nouveau tsar. Il devient pourtant gouverneur militaire de Saint-Pétersbourg.

 

En 1805, il est appelé au commandement de l'armée qui se réunit aux Autrichiens en 1805. Il affronte Mortier à Dürrenstein en novembre 1805.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le monument de la bataille de Dürrenstein (plus d'infos ici)

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La face russe du monument.

 

 

 

Il est bien connu que le désastre russe d'Austerlitz est en partie du haut refus d'Alexandre d'écouter ses conseils. Mais il a tort d'avoir eu raison est tombé nouvelle fois en défaveur.

La veille de la bataille d'Austerlitz, Koutousov établit son quartier général à Krenovice (Krenowitz).  Le 4 décembre 2005, à l'occasion du bicentenaire, cette statue du maréchal y fut inaugurée.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Buste de Koutousov à Friedland (maintenant Pravdinsk).

Après la paix de Presbourg, Koutousov prend le commandement de l'armée destinée contre les Turcs, remporte sur eux plusieurs comabts et dicte les conditions de la paix conclue  à Bucarest le 16 mars 1812.  A cette époque, il est élevé aux dignités de prince, de président du conseil d'État et de feld-maréchal.

La guerre ayant bientôt éclaté entre la France et la Russie, Koutousov, après avoir évité quelque temps un engagement décisif avec Napoléon, se décide (est décidé ?) enfin à livrer la célèbre bataille de Borodino ou de la Moskowa, après laquelle l'armée russe, en se retirant, ouvre aux Français la route de l'ancienne capitale des Moscovites.

 
Bataille de Malojaroslavetz le 24 octobre 1812  : le monument et le buste de Koutousov

Lors de la retraite de Moscou, les combats du Dorogobon et de Krasnoë, où le nombre écrasa la valeur, valurent à Koutousov le surnom de Smolenskoï et le grand cordon de Saint-Georges.  Il commande encore l'armée russe au commencement de 1813, même s'il juge que sa tâche est accomplie et qu'il n'est plus nécessaire de combattre Napoléon. 

 
En arrivant au gué de Studianka. A droite sur la photo, on discerne à droite le monument à Koutousov.
C'est ici que le génie construisit, sous le commandement du général Éblé, le premier pont, parfois appelé « pont d’aval », à l’artillerie, au train et à la cavalerie.

 

Panorama du gué et du village de Studianka, toujours à hauteur du pont d'aval. On distingue le puits devant le monument Koutousov, à gauche du sentier.

 

Le monument russe de 1962, près de l’endroit du pont d'aval, réservé à l’artillerie, au train et à la cavalerie. Un premier monument avait été érigé ici en 1901.

« Ici, sur la Bérézina, les 14-16 / 26-28 novembre 1812, l’armée russe, commandée par M. I. Koutouzov, anéantit les troupes napoléoniennes. Que vive à jamais la mémoire des exploits des peuples de Russie qui ont sauvé l’honneur et l’indépendance de leur pays. »

 

Mais sa santé continue à se détériorer - il souffre d'une septicémie, suite à ses nombreuses blessures- et il meurt le 16/28 avril 1813 à Bunzlau en Silésie (maintenant Boleslawiec, en Pologne), laissant la réputation d'un des généraux les plus distingués de l'armée russe.  S'il avait vécu, peut-être le sort de l'Empire et de l'Europe auraient-ils été entièrement différents !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La maison où est mort Koutousov, Ulica Kutuzowa à Boleslawiec. Elle fut longtemps un musée à son souvenir, mais à la fin de l'Union soviétique, les collections furent rapatriéés dans sa ville natale.

Son corps est embaumé –voilà pourquoi ses entrailles sont enterrées à Bunzlau – transféré en Russie, et enterré en grande pompe dans la cathédrale de Kazan à Saint-Pétersbourg.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'entrée ouest de Boleslawiec, avenue de la IIème Armée polonaise, monument élevé à l'endroit où furent enterrées les entrailles du Maréchal.

 

Fürst Kutusoff

Smolenskoÿ

schlummerte in ein besseres

Leben hinüber am 16/28 April

1813

 

"Le prince Koutousov de Smolensk s'endormit dans une vie meilleure le 16/28 avril 1813
Le même texte se trouve en russe sur l'autre face.

La plaque, au pied du monument.
 

 

Ce soldat russe de 1812-1814 fait face, à droite de l'entrée du cimetière, à son homologue de 1941-1945.

 

Les 2 plaques, en polonais et en russe, à l'entrée du cimetière.
 

Il n'est pas tout à fait clair si les cimetière de la 2ème Guerre Mondiale fut installé à côté du monument de Koutousov, ou si celui-ci a été déplacé dans le cimetière soviétique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


En ville à Boleslawiec, Ulica Boleslawa Rubika, monument élevé à la mémoire de Koutouzov. (le monument mentionne le 27 avril, ou un I manque-t-il, comme il manque un C ?)

FUERST MICHA

EL GOLENISCH

KUTUSOW

VON SMOLENSK

KAISERL. RUS

SISCHER FELD

MARSCHAL RIT

TER D. ST.ANDRE

AS ORDENS D. ST.

GEORGEN ORDENS

ERSTER KLASSE

D. ST. WLADIMIR

ORDENS GR. KR.

ERSTER KLASSE

RITTER D. ST.ALEX.

NEWSKI. ST. ANN.

ORDENS ERSTER

KLASSE GR. KR. DES

K.K. MARIA THE

RESIEN ORDENS

RITTER D. SCHWAR

ZEN UND ROTHEN

ADLER V. KOMTHUR
D. ORDENS VOM HEI

LIGEN IOHANNES V.

IERUSALEM INHA

BER D. BILDNISSES

SR. MAIESTAET D. KAI

 SERS AL. REUSSEN V. D.

DEGENS M. D. LORBEER.

 

 

 

 

GEBOREN DEN V. SEPTEMBER

MDCCXLV

GESTORBEN DEN XVII APRIL

MDCCCXIII

 

 

"Le prince Michael Golenisch-Koutousov de Smolensk, Feld-Maréchal impérial russe, Chevalier de l'Ordre de Saint-André, de l'Ordre de Saint-Georges de première classe, de l'Ordre de Saint-Vladimir, Grand-Croix de première classe, Chevalier de l'Ordre de Saint-Alexandre Nevski et de Sainte-Anne de première classe, Grand-Croix de l'Ordre impérial et royal de Marie-Thérèse, Chevalier de l'Ordre de l'Aigle noir et de l'Aigle rouge, Commandeur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Détenteur de l'image de sa majesté l'Empereur de tous les Russes et de l'Épée avec lauriers.
 

Né le 5 septembre 1745, mort le 27 (?) avril 1813. "

 

 

BIS HIER HER

FUEHRTE FUERST

KUTUSOV

VON SMOLENSK

DIE SIEGREICH

FORTSCHREITEN

DEN RUSSISCHEN

HEERSCHAREN

ALS DER TOD

SEINEM RUHM

VOLLEN LEBEN

EIN ZIEL SETZTE

ER WAR DES

BEFREIER SIENES

VATERLANDES

ER WAR ES DER

DEN WEG BAHNTE ZUR BEFREIUNG

DER VOELKER GE

SEGNET SEI DAS AN

DENKENDEN DES HELDEN

 

 

IHM WIDMETE DIES EINFACHE DENKMAL FRIEDRICH WILHELM DER DRITTE

 


" Jusqu'ici, le prince Koutousov de Smolensk a commandé la progression victorieuse des armées russes, jusqu'à ce que la mort mette fin à sa vie glorieuse. Il a été le libérateur de sa patrie. C'est lui qui a tracé la voie pour la libération des peuples. Bénie soit la mémoire du héros.
 

Frédéric-Guillaume III lui a dédié ce simple monument."

 

Son corps est ramené au pays, pour y être enterré dans la cathédrale Notre-Dame de Kazan à Saint-Petersbourg.


Dessin Wikipedia.

 Sa statue, devant N.D. de Kazan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Photo Wikipedia

 

Mikhail Illarionovitch Golenischev Koutouzov
Prince de Smolensk
né en 1745
mort en 1813
dans la ville de Bunzlau

 

La tombe de Koutousov dans la cathédrale Notre-Dame de Kazan en 1909. On distingue deux groupes de drapeaux, 8 bavarois et 2 saxons capturés en 1812.

(Hekkel - Trophäen in der Kathedrale von Kasen, 1909.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Guide Napoléon nous apprend que le tombeau est entouré de drapeaux pris aux Français (18e de Ligne, 9e et 14e Cuirassiers, 3e Chasseurs).

En 1815, la cathédrale Notre-Dame de Kazan est transformée en musée de la victoire sur Napoléon. 105 drapeaux et étendards y sont alors exposés. On y dépose également d'autres trophées, dont le bâton du maréchal Davout capturé le 24 mai 1807 entre Guttstadt and Allenstein. Sur la tombe de Koutousov (ou selon certaines sources à la sacristie), on dépose les clés de 17 villes conquises par les armées russes (dont celle de la ville de Nancy) et de 8 forteresses. Après les pillages bolchéviques et la transformation de la cathédrale en musée des religions et de l'athéisme, beaucoup doit avoir disparu, mais certaines choses ont été remises en place après que la cathédrale ait été rendue au culte en 1990. Une des premières cérémonies est justement une cérémonie d'action de grâces et un te deum sur la tombe de Koutousov !


Les drapeaux du 18e de Ligne et du 14e Cuirassiers sont toujours sur place. Vous voyez le premier ci-contre.

Ce drapeau (modèle 1812) a été capturé avec son aigle à 2e bataille de Krasnoë, le 18 novembre 1812, par les Uhlans de la Garde russe. Ce brave régiment reçut une nouvelle aigle par ordre impérial du 15 juin 1813.

 

Le drapeau (modèle 1812) et l'aigle du 14e Cuirassiers ont été capturés à la Bérézina par le régiment des Dragons de St-Pétersbourg. Le Régiment perdit à cette bataille 5 officiers tués, 1 blessé mortellement et 11 officiers blessés. On se rappellera que ce régiment était l'ancien 2de Kurassiers du Royaume de Hollande, devenu 14e Cuirassiers en juin 1810.

 

Quelques-unes des clés d'une ou de plusieurs citadelles conquises en 1813-1815.
"Avena" désigne la ville d'Avesnes, conquise facilement le 9 février 1814 par une centaine de Cosaques.2

 

CLAVES
ARCIS GALLICAE
AVENARUM

Clés de la citadelle française d'Avesnes.

 

 

 

 

 

 

Photo Wikipedia.

On trouve également les "Clés de la ville française de Nancy".

CLAVES
URBIS GALLICAE
NANCEJI

 

CLAVES
URB. GAL. MONTIS
HANNONIAE

 

 

 

"Clés de la ville française de Mons en Hainaut". (sic)

CLAVES
URBIS
LUBECAE

"Clés de la ville de Lübeck"

Le bâton de maréchal de Davout.
(Hekkel - Trophäen in der Kathedrale von Kasen,
1909.)

(Voir aussi notre page Davout)

[i] On notera le lapsus de Mullié, qui affirme que Koutousov fut élevé à... Strasbourg, au lieu de Saint-Pétersbourg !

2. A. Arcq et Ph. Gaillard, Les Années cosaques, Historic'One, 2010, p.65.