Jean-Ambroise BASTON, comte de LARIBOISIÈRE1

 Fougères (Ille-et-Vilaine) 18 août 1759 -  21 décembre 1812 Koenigsberg 2 (Prusse Orientale)

                                                                                                    

                                                                                                        
                                                                                                                              (Réalisation D. Bouyer)

 

 

 

 

 

 

 

Coupé : au 1er, parti à dextre des comtes militaires, et à senestre de gueules à trois tubes de canons d'or, posés en fasce l'un sur l'autre ; au 2e, d'or à un chevron de gueules accompagné en chef de deux trèfles de sinople et en pointe d'une quintefeuille du même

 


Jean-Ambroise BASTON naît le 18 août 1759 à Fougères, en Ille-et-Vilaine.

 

 

 

 

 

 

ICi naquit, le 18 aoÛt 1759
le gÉnÉral comte de LARIBOISIÈRE
premier inspecteur gÉnÉral
de l’artillerie de la Grande ArmÉe
mort À Koenisgsberg le 21 dÉcembre 1812. 

 

 

 

 

Une plaque commémorative a été placée sur sa maison natale, au 41 de la rue de la Forêt, à Fougères. (Photo Bouyer)

Le 2 août 1781, il devient lieutenant en 2nd au Régiment de La Fère-Artillerie, où il se lie avec Bonaparte, ce qui renforcera encore ultérieurement le dévouement à l'Empereur.

Lieutenant en premier à la compagnie de Vigny le 6 janvier 1785, puis capitaine en 2nd le 1er avril 1791. Capitaine commandant le 18 mai 1792. À l'armée des Vosges sous Custine en septembre 1792, puis nommé provisoirement chef de bataillon commandant le bataillon d'artillerie de Mayence et sous-directeur du parc le 16 mai 1793.

Après la capitulation de Mayence, il demeure comme otage du 23 juillet au 20 décembre 1793. Sous-directeur d'artillerie à Landau le 31 décembre 1794, il est confirmé chef de bataillon d'artillerie par le comité de salut public le 21 janvier 1795 et directeur du parc d'artillerie de l'armée du Rhin devant Mayence la même année.

Chef de brigade d'artillerie, 6 novembre 1796, membre du comité central d'artillerie, 13 novembre.  Sous-directeur d'artillerie à Caen, 1797; directeur du parc d'artillerie de l'armée d'Angleterre, 9 janvier 1798.

Aux armées d'Helvétie, 1798, du Danube, 1799, du Rhin, sous Moreau, 1800-1801; directeur d'artillerie à Strasbourg, 13 mars 1800.

Il passe général de brigade le 29 août 1803, puis commandant de l'Ecole d'artillerie de Strasbourg le 12 novembre 1804. 

Commandant l'artillerie du camp de Bruges sous Davout, 26 avril 1805; puis l'artillerie du 4e Corps de la Grande Armée sous Soult, 12 septembre.

Directeur général des parcs d'artillerie de la Grande Armée, 24 novembre.

Il combat à Austerlitz, 2 décembre 1805 et c'est son artillerie qui brise la glace sous les troupes russes en retraite, épisode connu mais infiniment moins dévastateur que la propagande impériale a bien voulu le faire croire. Puis c'est Iéna, le 14 octobre 1806, où ses canons repoussent plusieurs attaques de l'infanterie prussienne. Il est blessé légèrement à la prise de Lubeck le 6 novembre 1806. Séjourne à Varsovie en décembre 1806.

Il est nommé général de division commandant en chef l'artillerie de la Garde impériale le 3 janvier 1807. Il participe à la bataille d'Eylau le 8 février 1807, où il soutient le centre de l'armée avec une batterie de 40 pièces.  Commandant l'artillerie du 10e Corps sous Lefebvre au siège de Dantzig, fin février 1807.  Il y est blessé en mai 1807 par un boulet de canon, mais cela ne l'empêche pas de rester à son poste.  Il commande l'artillerie de la Garde impériale aux batailles de Heilsberg et de Friedland.  Notons pour la petite histoire que c'est lui qui fit construire le radeau qui servit à l'entrevue de Tilsitt, 24 juin 1807.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est en 1807 que le général de Lariboisière achète le château de Monthorin à Louvigné-du Désert.
                                                    (Photo Bouyer)

Merci à M. D. Bouyer pour son amicale collaboration.













 

 

 

 

 

 

 




 




On y conserve l'épée du général, dont la garde est cassée, ainsi que le sabre de son fils Ferdinand, lieutenant à la 3ème compagnie du 1er régiment de carabiniers, mort le 12 septembre 1812 à la suite des blessures reçues à la bataille de la Moskowa le 7.
Au centre, les originaux des lettres de Napoléon adressées au général.
 
                                                   (Photo Bouyer)

 

Gouverneur du Hanovre en 1807, grand officier de la Légion d'honneur le 4 juin 1807. Chevalier de l'ordre de Saint-Henri de Saxe (autorisation du 29 juin 1807) ; commandeur de l'ordre militaire de Bade, 3 février 1808.

Commandant en chef l'artillerie du 2e Corps d'observation de la Gironde, 18 février 1808,  puis celle de l'armée d'Espagne, le 20 février.

Comte de l'Empire en  octobre 1808 il sert à Somosierra le 30 novembre 1808, puis à la prise de Madrid le 3 décembre suivant.

Grand-croix de la Couronne de Fer en 1809; rappelé à Paris le 8 mars 1809.  Directeur général des parcs à l'armée d'Allemagne le lendemain. Commandant l'artillerie de la Garde pendant l'absence de Lauriston, mai 1809; commandant en chef l'artillerie de la Grande Armée en l'absence de Songis, 15 juin 1809; rappelé à Paris, 25 novembre, et reprit ses fonctions de commandant en chef de l'artillerie de la Garde; premier inspecteur général de l'artillerie à la place de Songis, 20 février 1811.

Commandant en chef l'artillerie de la Grande Armée le 9 janvier 1812, il participe à la campagne de Russie, qui lui sera fatale, ainsi qu'à son fils.

 

Jean-Amboise-Baston de Lariboisière et son fils Ferdinand, lieutenant au 1er Carabiniers-à-cheval à la bataille de Borodino en 1812, par Antoine-Jean Gros. Ferdinand salue son père avant de charger avec son régiment. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant cette campagne, il démontre ses talents d'organisateur, e. a. pour maintenir l'approvisionnement de l'artillerie. Il put ainsi p.ex. faire rapidement remplacer les 70.000 boulets tirés pendant la bataille de la Moskowa. Il sert à Smolensk le 17 août, puis à la Moskowa le 7 septembre. C'est la que son fils Ferdinand est tué dans les rangs des carabiniers.

Il met Smolensk en état de défense en novembre 1812 et sert à Krasnoé. Épuisé par l'expédition, il tombe malade à Vilnius et meurt à Koenigsberg (Prusse Orientale- maintenant enclave de Kaliningrad, Russie) le 21 décembre 1812, à l'âge de 53 ans.  Son nom est inscrit au côté Est de l'Arc de Triomphe de l'Etoile.  L'Empereur disait de lui :" La Riboisière est instruit, actif, et d'une bravoure remarquable".

Le Général de la Riboisière repose dans le caveau des Gouverneurs des Invalides (à la 6ème arcade), son cœur, ainsi que celui de son fils Ferdinand, dans le chapelle du château de Monthorin à Louvigné-du-Désert (35).

 

 

 

Son fils cadet Bonaventure-Ferdinand, né le 5 octobre 1791 à Fougères, devient page de l’Empereur en 1806, fait la campagne de 1808 en Espagne et celle de 1809 en Allemagne.  Lieutenant au 1er carabiniers en 1811, il est blessé mortellement à la Moskowa le 7 septembre et décède le 12 septembre, malgré les soins du chirurgien de l'Empereur, Yvan, qui réussit à extraire la balle mortelle. Il est représenté avec son père sur le célèbre tableau de Lejeune à Versailles, recevant la Légion d'honneur envoyée par l'Empereur.
Si le père et le fils mourant sont souvent identifiés, on sait moins souvent que c'est l'autre fils, Honoré-Charles qui apporte à son frère la Légion d'honneur de l'Empereur.

Concernant la blessure du Ferdinand, les témoignages sont assez divergents. Etienne Aubrée affirme que Ferdinand fut atteint au foie, à l’endroit même où il portait d’ordinaire une montre qui lui avait été volée, la veille, au bivouac. La présence de cette montre aurait pu lui sauver la vie.  Il est cependant bizarre qu'une balle ait pu l'atteindre au foie, alors qu'il portait une cuirasse de carabinier.

D'autres sources disent que la balle était passée sous la cuirasse -d’ailleurs pour éviter cela, on plaçait le manteau enroulé près des fontes, pour protéger le bas du ventre- et qu'elle avait ricoché contre la cuirasse arrière pour revenir et le blesser, mortellement cette fois.
 

 

J. A. Baston, comte de LARIBOISIÈRE, gÉnÉral de division, Premier
inspecteur gÉn.al de l’artillerie, grand-officier de l’emp.re et de la LÉgion d’honneur,
grand-cordon de l’ordre de la couronne de fer et de l’ordre militaire de bade etc., etc.,
Etc.; nÉ À FougÈres en aoÛt 1759; offi.er d’art.rie en 1780.  sa carriÈre fut remplie de glorieux
travaux :  il commandait l’art.rie À Eylau, À la prise de Dantzick, À celle de Madrid,
À Wagram, À Smolensk, À la Moskowa, etc., etc., etc. ; dÉcÉdÉ À Konigsberg le 21 Xbre 1812,
son cŒur a ÉtÉ déposÉ ici avec celui de son fils, Ferdinand de LariboisiÈre,
Officier au 1er rég
t des carabiniers, ch.er de la LÉgion d’honneur, mort À l'âge de 21 ans,
des honorables blessures qu’il reçut à la bataille de la Moskowa. 



Son fils aîné,
Honoré-Charles, est né le 21 septembre 1788 à Fougères. Élève de l'école polytechnique officier d'artillerie dans la Grande armée de 1809 à 1812, il devient ensuite chambellan de l'Empereur, puis sert pendant les Cent-Jours en tant qu'officier d'ordonnance de l'Empereur et chef d'escadron.  Maire de Louvigné-du-Désert, député, favorable à la monarchie de Juillet, pair de France, il se rallie au Prince-Président et siège au Sénat jusqu'à sa mort à Paris, le 22 mars 1868. Il repose dans la même chapelle à Louvigné-du-Désert.
 

HONORÉ CHARLES
BASTON COMTE DE LARIBOISIÈRE
SÉNATEUR PRÉSIDENT DU CONSEIL-GÉNÉRAL D'ILLE ET VILAINE
GRAND-OFFICIER DE LA LÉGION D'HONNEUR
OFFICIER DE L'ORDRE DU LION DE BELGIQUE
NÉ LE 21 SEPTEMBRE 1788 - MORT LE 20 MARS 1868.

Vous trouverez une photo de la chapelle et du monument ici : http://www.lyceendm.net/lariboisiere/p32_33.html 

Si beaucoup de Parisiens connaissent encore le nom de Lariboisière, c'est grâce à l'épouse d'Honoré-Charles, Elisa de Lariboisière, née Roy (1791-1851), qui fonda en 1846 l'hôpital qui porte le célèbre nom.

J. Ambrse. BASTON, COMTE DE LARIBOISSIERRE [sic], Gal de Divon, Com-

mandt.  en chef l'Artillerie de la Grande Armée, Gd Offr de la Lég. d'hon-

neur, né à Fougères, mort à Koeningsberg le 21 Xbre 1812.

 

 


 

Au 19e siècle, sa ville natale lui érige, sur la place qui porte son nom, une belle statue équestre due au sculpteur Récipon.


Malheureusement, en 1942, l'occupant enlève la statue, il faudra attendre... fin 1999 pour qu'elle soit remplacée par une œuvre signée Louis Derbré. Celle-ci semble cependant très proche de l'original, la nouvelle statue a donc peut-être été créée à partir d'un modèle de l'original.

                                                                                                                                                          Photos droits réservés JIEM

 

GÉNÉRAL

DE LARIBOISIÈRE

FOUGÈRES 1759

KOENIGSBERG 1812

AU GÉNÉRAL
BASTON COMTE DE LARIBOISIÈRE
PREMIER INSPECTEUR GÉNÉRAL DE L’ARTILLERIE
COMMANDANT EN CHEF L'ARTILLERIE DE LA GRANDE ARMÉE
L'ARRONDISSEMENT – LA VILLE DE FOUGÈRES

 

MAYENCE - AUSTERLITZ

IÉNA - EYLAU - DANTZIG

WAGRAM - SMOLENSK - LA MOSKOWA

CAMPAGNE DE RUSSIE

 

Ces magnifiques photos ont très aimablement été communiquées par JIEM. Un très grand merci à lui.


 

Sa statue rue de Rivoli, par Roussel.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre Montbrun et Gudin, Lariboisière est bien entouré sur les tables de l'Arc de Triomphe de l'Etoile.
Bien que mort des suites de la campagne de Russie, son nom n'est cependant pas souligné, ce qui voudrait dire qu'il n'est pas considéré comme "mort à la guerre".

 

Etat des services du citoyen Lariboisière, Chef de Brigade, directeur d'Artillerie.

 

1. On voit parfois La Riboisière, mais plus souvent Lariboisière. Cette graphie est sans doute la bonne. Six utilise la première dans le titre de l'article, mais la deuxième dans l'article. Le Dictionnaire Napoléon (Tulard) écrit en un mot.
On trouve cependant parfois également "LARIBOISSIERRE " , comme sur la plaque aux Invalides, alors que lui-même signait toujours  "LARIBOISIERRE". information aimablement communiquée par M. D. Bouyer.

                                                                                            

 

2 Et non le 29 novembre 1812, comme certaines sources le disent...

On mentionnera ici pour mémoire les données de l'Armorial du Premier Empire (en notant la divergence quant au lieu de naissance et aux dates):

Jean-Ambroise BASTON DE LARIBOISIERE, comte de l'Empire par lettres patentes du 26 octobre 1808, général de Division, député ; né à Vitré (Ille-et-Vilaine), 1er septembre 1759, décédé à Königsberg, en 1813 ;
marié, à Marie-Jeanne-Victoire Le Beschu de la Rallaye, décédée 26 juin 1844, dont deux fils :

I. - Honoré-Charles Baston, comte de Lariboisière, pair de France, 4 novembre 1835, sénateur (1852), conseiller général de l'Ille-et-Vilaine ; né 21 septembre 1788, décédé 22 mars 1868;
marié : 1.le 8 janvier 1814, à Marie-Elisa Roy, fille du comte Roy, décédée 27 décembre 1851, sans postérité ;
             2.le 7 juin 1854, à Marie-Françoise-Antoinette de Robert d'Aqueria de Rochegude, décédée 7 janvier 1856, dont un fils unique : Ferdinand-Marie-Auguste, comte de Lariboisière,  conseiller général et ancien député
                d'Ille-et-Vilaine ; né le 1er janvier 1856 ; marié, décembre 1855, à Marguerite-Jenny-Herminie Ronné.

II. - Ferdinand, page de l'empereur, Chevalier de la Légion d'Honneur, décédé 1812.

 

Un grand merci à M. Dominique Bouyer pour sa collaboration amicale et pour les documents précieux mis à disposition.

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