On se rappellera que l'armistice de Pleiswitz avait été
signé début juin et qu'il était déjà en vigueur le 17 juin. Cependant, excédé par les
actions de commando du corps de Lützow derrière les lignes françaises,
Napoléon avait décidé d'appliquer et de respecter l'armistice, mais sur
base des lignes des belligérants, mettant donc d'office le corps de Lützow
hors-la-loi. L'occasion était trop belle de se débarrasser de ce
trouble-fête. De plus, il semble que Lützow n'ait pas été au courant
de l'armistrice, et qu'il continait ses raids.
Le 17 juin, à Kleinschkorlopp, en Saxe, près de Kitzen, les cavaleries française et wurtembergeoise* tendent une
embuscade au corps de Lützow et parviennent à le détruire presque
entièrement : sur 400 hommes, seuls 60 parviendront à s'échapper, dont
Lützow lui-même et Theodor Körner, le célèbre poète, sérieusement blessé.
De nombreux monuments en témoignent dans les environs. Nous y reviendrons
sans doute un jour.
* Le monument mentionne les
troupes
françaises de Fournier et wurtembergeoises de Normann. Selon Pigeard,
dragons français et chasseurs à cheval wurtembergeois. Problème : Fournier est nommé le 25 mars
1813, la tête de la 6e division de cavalerie légère du 3e Corps
de la réserve de cavalerie sous Arrighi. Puis il passe à la 2e
division de cavalerie légère le 12 avril. Mais
dans les deux cas, il s'agit de cavalerie légère et ces unités ne comptent pas de
dragons! Notons que l'ordre de bataille donné par Camille Rousset dans
"La Grande Armée de 1813" donne Fournier en tant que commandant .. de la 6e
division au 15 août. Six n'en parle cependant pas. C'est dire à quel
point l'organigramme de la Grande Armée de 1813 est complexe.
Notons que, 4 mois et
un jour plus tard, ces mêmes cavaliers wurtembergeois passeront à l'ennemi
au cours de la bataille de Leipzig, avec l'immense majorité des Saxons
N.B. : Ce combat est parfois mentionné sous les noms, tout à fait
fantaisistes, de Deuben ou d'Ubend (Pigeard).