JEAN DANIEL BOINOD

 

Vevey (Suisse) 1756 – 1842 PARIS

Inspecteur en chef aux revues de la Garde impériale

Musée de l'Elysée, Lausanne

 

Cimetière du Sud dit du Montparnasse

13e division

1ère ligne, dans le haut de la division

 

Restauration 1997

(Avec la participation de la ville de Vevey, Suisse)

 

Photographie Bernard Got

 

Né à Vevey, le 29 octobre 1756. Mort à Paris, le 28 mai 1842.

                Je ne trouve nulle part, dans les dictionnaires, le nom de Boinod... Et pourtant, il y a bien longtemps déjà, Émile Pagès a écrit sur ce modèle d’intégrité de fort belles pages.

                Il fallut les heures terribles de Sainte-Hélène pour que Napoléon remit chaque homme à sa place ; parlant de Boinod : Si je n’avais eu que des serviteurs de cette trempe, j’aurais porté aussi haut que possible l’honneur du nom français. J’en aurais fait l’objet du respect du monde entier.

                Sa vie, mal connue, fait foi de sa haute conscience.

                Le 13 août 1792, il figure pour la première fois sur le registre des armées, en qualité de quartier-maître trésorier dans la Légion des Allobroges.

                Commissaire des guerres provisoire, détaché à l’armée du siège de Toulon, il fit la connaissance de Bonaparte. Commissaire titulaire à l’armée d’Italie, il en reçut, pour services éminents, une gratification de 100 000 francs. La scrupuleuse honnêteté de Boinod se révolta et il écrivit sur le champ ce billet à Napoléon : « Je ne te reconnais pas, citoyen, le droit de disposer ainsi des deniers de la République. L’armée souffre ; je viens d’employer cette somme à ses besoins. » Boinod est tout entier dans cette réponse. Ce qu’il vient de faire une première fois, il le refera pendant tout le cours de sa vie.

                Chevalier de la Couronne de fer, officier de la Légion d’honneur, il est présenté pour le titre de baron de l’Empire ; Napoléon le raya en disant : - Vous ne le connaissez pas, mais moi, je le connais. Il refuserait. Et, en effet, il eût refusé.

                Au jour de la crise, l’Argentier de l’Empire n’a pas un sou dans sa poche ; il rentre au pays de Vaud où il installe sa femme et ses enfants. Il se souvient alors de Toulon, et de sa jeunesse. Seul, il a protesté contre l’Empire ; pourtant, en face du malheur, il abandonne tout, compromet son avenir et s’embarque à Piombino pour rejoindre l’Aigle exilé à l’île d’Elbe.

                Au retour, il est nommé Inspecteur en chef aux revues de la Garde impériale . Les Bourbons le rayent de leurs contrôles, et pour survivre, il accepte pendant 12 ans, sans murmurer, le modeste emploi d’agent de la Manutention des vivres de Paris...

                La Révolution de Juillet rappela à l’activité un tel serviteur de la patrie. Il reprit son rang comme intendant militaire et fut promu commandeur de la Légion d’honneur.

                Cet homme, digne de l’antiquité, mourut à Paris ; on grava sur son tombeau :

Il eut l’insigne honneur de figurer

 sur le testament de Napoléon 

 

« Pour ne pas laisser niveler la terre qui couvre la dépouille mortelle de cet homme vénérable, type de droiture et de probité, ses amis se proposent de lui ériger un monument funèbre, mais simple et modeste comme sa vie, dernier acte sensible de leur estime et de leur juste admiration ; de cet homme qui, pendant environ quatre vingts ans, fut l’exemple rare et précieux d’une vertu sévère et courageuse ; d’une amitié ferme et sincère, et d’un dévouement sans réserve au service du prince et de la patrie. »    (1842)

                Sa tombe fut financée par une souscription dans le corps de l’Intendance.

 RC d’après S. Stein, Feuille d’avis de Vevey, 1949.

Documentation : J. Ibry / B. Got.

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