Jean-Baptiste JOURDAN

(1772-1804-1833)

maréchal de l'Empire

comte de l'Empire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jourdan en Lieutenant-Colonel du 2e Bataillon de la Haute-Vienne en 1792,

   

I. - L'HOMME ET SON CARACTÈRE1

Au milieu de cette phalange fougueuse et décorative, Jourdan est une figure à part. Sans faire tache au point de vue des dehors, il est fort loin du grand aspect que nous présentent la plupart des autres. Il avait peu ou pas de prestance, une taille médiocre, un air las et languissant, que justifiait d'ailleurs l'état toujours précaire de sa santé. Pourtant il était plus maladif que malade, car après de multiples fatigues il ne mourut qu'à soixante et onze ans.

Il avait le visage rond, les yeux placides, la bouche dédaigneuse. Ses joues étaient épaisses, son front moyen et ses cheveux rejetés en arrière, mais non frisés et sans grande grâce. Au résumé, un extérieur banal, d'accord avec ses manières.

Au moral, il manquait d'élan, malgré son incontestable bravoure. Faute d'un coup d'œil prompt, d'une initiative audacieuse, il subit quelques échecs que d'autres eussent évité ; mais il excellait aux manœuvres qui demandent de la méthode et de la réflexion. Ses retraites apparaissent plus belles et plus méritoires que certaines victoires, et si l'on peut lui reprocher de n'avoir pas toujours anéanti les armées ennemies aussi complètement qu’il eût fallu pour le succès de ses campagnes, du moins doit-on reconnaître qu'il a su bien sou- vent sauver et conserver les siennes, ce qui n'est pas assurément un moindre mérite.

Au surplus, lui aussi a remporté des victoires : Fleurus eût suffi à illustrer un général dans tout autre temps. Mais un triomphe alors comptait à peine, et c'est pourquoi, en dépit de ses talents avérés, Jourdan se trouve au second plan parmi ses héroïques collègues.

La justice ordonne aussi d'ajouter que ses sentiments républicains ne le mirent pas en faveur auprès de Napoléon. Il fut fait maréchal grâce à ses titres passés, mais sa fortune s'arrêta là. Il n'y eut pour lui ni duché ni princerie, et il fallut la Restauration pour en faire un comte.

Sa probité, vertu qui dans aucun temps n'a été une vertu banale, est demeurée intacte.

 

II. - SON ORIGINE ET SA JEUNESSE

Jourdan est né à Limoges, fils d'un maître chirurgien juré, le 29 avril 1762 au 37 de la rue Pont-St-Étienne. La belle maison à colombages existe encore et porte une plaque commémorative.

ICI est né

le 29 avril 1762

jean-baptiste

comte jourdan

vainqueur de fleurus, maréchal de France

Érigé en 1851

sous l'administration de

MM. de mentque préfet & louis ardant maire

 

Photos aimablement communiquées par M. Dominique Contant.

Sa vocation fut fort précoce. A seize ans il s'engagea dans le régiment Auxerrois, et fit la campagne de l'indépendance des États-Unis sous les ordres de Rochambeau et du comte d'Estaing. Il revint d'Amérique si malade, qu'il fut réformé en 1784. Il se rendit alors à Limoges, son pays natal, et entra dans une maison de commerce.

Il est mercier dans sa ville natale lorsque la Révolution survient.


Ayant épousé la belle-sœur de son patron, M. Avanturier, il ouvrit dans la rue des Taules un magasin de mercerie. Mais lorsque les premières alarmes de la Révolution obligèrent les citoyens à se lever en masse, ses premiers instincts se réveillèrent, et il partit avec le 2e bataillon de volontaires de la Haute- Vienne, qui l'avait pris pour chef. Il débuta par la campagne de Belgique, sous Dumouriez, et figura bravement aux combats de Jemmapes, de Neerwinden, de Famars et du camp de César.

Le coq trône tristement sur le monument de Jemappes.

Un témoin de temps disparus : le coq de Jemappes, longtemps avant que les lotissements ne viennent entièrement dénaturer le site...


Il apparut alors chef énergique, très soucieux de la discipline, ce qui n'était pas, parmi ces armées recrutées un peu au hasard, la tendance dominante ; aussi fut-il nommé général de brigade en 1793.

Sa conduite à Hondschoote, qui décida de la victoire, lui valut le commandement en chef de l'armée des Ardennes, où il remplaça le général Houchard.

Revenu à l'armée du Nord, il engagea, un peu à contrecœur, la bataille de Wattignies contre le prince de Cobourg. C'était Carnot qui l'y avait contraint, et l'action, très disputée, aboutit enfin à la déroute du prince allemand, qui fut dans l'obligation de lever précipitamment le siège de Maubeuge.

Le nom de Jourdan figure en bonne place sur le monument commémorant la victoire de Wattignies (1ère ligne, à droite).

Et il est lui-même représenté en général triomphateur sur le monument célébrant cette même victoire à Maubeuge. Le monument fut inauguré en 1893, pour le centenaire, sur la grand-place de Maubeuge, pour être ensuite transféré place Vauban, où il se trouve encore. La belle sculpture est de Léon Fagel.
 

Jourdan est entouré de Carnot (à gauche) et Duquesnoy (à droite)


Rendant justice à la valeur du général, Carnot, dont les avis imprudents avaient failli amener un désastre, écrivit à la Convention : « Il est impossible de se conduire avec plus d'intrépidité et de sagesse que le général Jourdan. Son coup d'essai est d'avoir battu Cobourg. »

Ce succès, qui le mettait en vue, le fit mander à Paris, et il fut invité à donner son avis sur le meilleur emploi à faire des quatorze armées que la République venait d'organiser en hâte. Le gouvernement était pour l'offensive, et voulait lancer toutes ces masses en dehors des frontières afin d'épouvanter l'ennemi. Circonspect et clairvoyant, Jourdan jugea ce projet insensé à cause de l'inexpérience de telles troupes et de l'hiver, qui allait rendre leurs débuts d'autant plus pénibles.

Dans l'état de surexcitation où étaient alors les esprits, sa prudence parut de la tiédeur, presque de la trahison. On fut sur le point de l'arrêter; mais un rapport de Barrère le sauva, et il fut seulement mis à la retraite et remplacé par Pichegru.

Toutefois, comme il n'existait pas beaucoup d'hommes de sa valeur, on dut recourir de nouveau à ses services, et un mois plus tard il reçut le commandement de l'armée de la Moselle, après qu'on eût été le chercher dans sa boutique de mercier à Limoges, au fond de laquelle il avait, pour toute vengeance, pendu son habit de général et l'épée qui avait vaincu Cobourg.

Bien évidemment, son nom ne pouvait manquer sur le "monument des 3 victoires françaises de Fleurus".

La mise en déroute d'un corps autrichien et la prise de Dinant lui valurent de réunir sous ses ordres l'armée des Ardennes et trois divisions de l’Armée du Nord. Ce groupement fut la célèbre armée de Sambre-et-Meuse, avec laquelle il livra, le 26 juin 1794, la grande bataille de Fleurus, où soixante- dix mille conscrits volontaires mirent en fuite cent mille vétérans coalisés, sous les ordres du prince de Cobourg.

Un tel événement stupéfia les monarques étrangers, et ce fut bien une autre panique lorsque Jourdan, lancé à la poursuite de Cobourg, le délogea de la forêt de Soignies, prit Mons et Namur, et fit une entrée triomphale à Bruxelles. Au cours de ces divers mouvements, il avait été fort vivement poussé, gravement gêné aussi par les injonctions de Saint-Just, envoyé par le Comité de salut public, moins pour le guider que pour le surveiller. On peut même s'étonner que Jourdan ait de nouveau échappé à une arrestation, c'est-à-dire à un arrêt de mort. Mais nombre de soldats et d'officiers, envoyés en « fournée » à Paris sous diverses inculpations assez fantaisistes, payèrent pour lui, en dépit de ses sincères efforts pour les sauver.

La prise du camp de la Chartreuse et le passage de l'Ourthe désarmèrent la Convention, qui décréta enfin que Jourdan et son armée avaient bien mérité de la patrie.

Après avoir ainsi planté ses drapeaux sur le Rhin, depuis Clèves jusqu'à Coblence ; après avoir conquis, en une seule campagne, les contrées qu'arrose le grand fleuve, et que la France ne devait perdre qu'en 181-11, Jourdan occupa, en 1794, le Luxembourg tout entier. Puis, passant le Rhin en présence de vingt mille Autrichiens, il força l'armée du maréchal de Clairfayt à se reployer, et courut à sa poursuite jusque sur le Mein. Mais alors déjà Pichegru préparait sa trahison. Au lieu de seconder Jourdan, de couper la retraite à Clairfayt et d'opérer sa jonction avec l'armée de Sambre-et-Meuse, il agit sans méthode et dispersa son armée comme pour la faire battre en détail : ce qui arriva en effet.

Clairfayt sut profiter de ces avantages, et groupa son armée entre le Rhin, le Mein et la Lahn. Jourdan, qui avait ainsi ses communications interceptées, sa gauche enveloppée, dut se résigner à la retraite vers la rive gauche du Rhin. Cette retraite, opérée avec un ordre et une dignité admirables, en présence et sous les coups de l'ennemi, est l'un de ses meilleurs titres de gloire. Mais enfin, quels qu'en fussent le caractère et la nécessité, c'est un échec, et ses adversaires l'accablèrent de reproches et d'épigrammes, allant jusqu'à le représenter à cheval sur une écrevisse, avec cette légende tirée des Psaumes : Vidit et fugit : Jordanus conversas est retrorsum.

Carnot, le gouvernement lui-même, l'approuvèrent et tentèrent de le consoler de ces injustes attaques, ce qui ne l'empêcha pas -de perdre son commandement et de rester sans emploi.

Son élection en 1797 comme député de la Haute-Vienne au Conseil des Cinq-Cents commence sa vie politique, où nous le retrouverons toujours l'homme droit et fidèle aux principes qu'il avait été jusque-là. Élu président de l'Assemblée à deux reprises et aussi secrétaire, il y parla peu, mais y travailla beaucoup. C'est à son initiative que l'on doit la loi du 5 septembre 1798, établissant la conscription pour le recrutement des armées, au lieu de l'enrôlement volontaire et du « racolage » utilisés jusque-là, et dont la pratique devenait de plus en plus immorale et difficile.

En octobre 1798, le Directoire le mit à la tête de l'armée du Danube; mais les armées étaient incomplètes et mal préparées, et il fallut à Jourdan beaucoup de dévouement pour engager la lutte avec l'archiduc Charles, capitaine réputé, pourvu de forces plus que doubles. Il s'en tira du moins à son honneur, et eut le grand mérite de ne pas perdre trop de terrain jusqu'au moment où, Masséna l'ayant remplacé, il revint encore à Limoges pour soigner sa santé toujours chancelante.

Ses concitoyens le renvoyèrent aux Cinq-Cents, où, moins par dépit que par conviction, il siégea dans les rangs de l'opposition. Toujours prévoyant et passionné pour la liberté, il s'évertua à prévenir le coup d'État du 18 brumaire. Mais l'anarchie et la faiblesse du pouvoir avaient donné trop de force à Bonaparte : les efforts de Jourdan demeurèrent stériles. Un instant le futur empereur lui garda rancune; grâce à l'intermédiaire de Lefebvre, le nuage se dissipa, au moins en apparence, et, le 21 janvier 1800, Jourdan fut nommé inspecteur général d'infanterie et de cavalerie, puis, le 24 juillet, ambassadeur près de la République cisalpine, enfin administrateur général du Piémont.

Il remplit si dignement cette dernière charge, il y déploya un tel esprit de conciliation et de si parfaits ménagements, qu'il obtint le suffrage de tous, au point que quinze ans plus tard le roi Charles-Emmanuel, redevenu maître de ce pays, le remercia de ce qu'il avait fait en 1800, et lui envoya son portrait enrichi de diamants.

En 1802, il est nommé par le premier consul membre du Conseil d'État, et cette nomination, haute marque de confiance et d'estime donnée par Bonaparte en dépit d'un reste vraisemblable de rancune, est aussi glorieuse pour la justice de l'un que pour les mérites de l'autre.

 

III - SA CARRIÈRE SOUS L'EMPIRE

De nouveau Bonaparte, devenu Napoléon, affirma ses sentiments en faisant de son ancien adversaire un des maréchaux de 1804 et un grand-aigle de la Légion d'honneur. Jourdan fut même fait général en chef de l'armée d'Italie (1804-1805) et commandant des troupes cantonnées en Lombardie, lorsque Napoléon alla à Milan recevoir la couronne des rois lombards. Mais la guerre ayant éclaté en 1805, l'empereur, plus confiant dans les talents de Masséna, confia à celui-ci l'armée d'Italie, au grand mécontentement de Jourdan, qui en éprouva non sans raison une douloureuse humiliation.

On lui promit, pour le dédommager, un commandement à l'armée du Rhin, qu'on ne lui donna pas du reste, et en 1806 seulement on l'envoya à Naples comme gouverneur, sous le roi Joseph Bonaparte.

Il suivit son nouveau maître, devenu roi d'Espagne, et en reçut le titre de major-général de l'armée espagnole. Ces fonctions et les responsabilités qu'elles impliquaient ne convenant pas, il demanda son rappel en 1809. On voulut le dissuader; il persista, obtint d'être remplacé et mena la vie de famille jusqu'en 1812, ulcéré au fond par le regret d'avoir quitté le roi Joseph, auquel il était fort attaché, par les interprétations malveillantes qu'il entendait faire de sa conduite, pourtant très honorable en Espagne, et aussi par la froideur de Napoléon, qui négligeait de l'employer et se refusait à lui conférer un titre comme i tant d'autres, plus heureux petit-être, mais non plus dignes.

Quand éclata la funeste guerre de Russie, Jourdan fut renvoyé en Espagne auprès du roi Joseph. Mais de nouveau sa mauvaise étoile l'y mit aux prises avec les pires difficultés. Soult et Marmont ne le soutenaient en rien et l'embarrassaient de leur mauvais vouloir évident. Une telle attitude provoqua la défaite des Arapiles, puis, en 1813, le désastre de Vittoria, qui entraîna pour nous la perte de l'Espagne.

21/06/1813 Bataille de Vitoria


Le monument de la victoire alliée dans le centre de Vitoria, sur Plaza de la Virgen Blanca.
Les différents belligérants y sont représentés et un côté est consacré à chacun des Alliés.
Les Français sont représentés dans la partie inférieure, en déroute.
Wellington est accueilli par la population civile.
(A lire en HD!)


Une petite visite au musée militaire de Vitoria, qui contient des trésors comme le tapis de selle du roi Joseph, celui du maréchal Jourdan, les boutons de l'uniforme et le chapeau de ce dernier.
Tous ces objets ont été capturés à l'issue de la bataille.
Quelques autres pièces intéressantes et des dioramas de la bataille. Une très belle maquette du Santa Ana de 112 canons, qui participa à la bataille de Trafalgar.
Une visite qui vaut sans nul doute le déplacement !

Nommé en 1814 chef de la 15e division militaire, il se soumit à Louis XVIII lors de la première déchéance de Napoléon; il le fit sans bassesse, sans servilité, bien plutôt pour céder à une nécessité inéluctable que pour satisfaire à de trop naturels ressentiments. Ll est confirmé par Louis XVIII dans le commandement de la 15e division militaire.

Le roi lui sut gré de son attitude, le confirma dans sa dignité, et le fit comte en 1814.

Mirant les Cent-Jours, il se retira dans ses propriétés. Pendant les Cent-Jours, il reçoit le commandement de Besançon (4 juin 1815). Un ordre de Napoléon vint lui donner le commandement de l'armée du Rhin. Waterloo rendit son intervention inutile.

 

IV - SA CARRIÈRE après L'EMPIRE ET SA MORT

Lors de la seconde Restauration, la triste prérogative de présider le conseil de guerre chargé de juger le maréchal Ney, prérogative qu'avait si magnifiquement déclinée Moncey, échut à Jourdan. Le tribunal, en se déclarant incompétent, le sauva d'une infamie de laquelle il s'était, par faiblesse, imprudemment exposé à porter le poids.

Il obtient le titre de comte.  1816 le vit gouverneur de la 7e division militaire, puis membre de la Chambre des Pairs. (6 mars 1819).

Devenu ministre des affaires étrangères après la révolution de 1830, qu'il avait accueillie avec joie, il se démit presque aussitôt pour succéder au général de Latour-Maubourg comme dix-neuvième gouverneur de l'hôtel des Invalides. (11 août 1830) 

Il y mourut le 23 novembre 1833, sans doute dans l'épidémie de choléra qui touchait l'Europe à l'époque, et fut inhumé avec le plus grand éclat dans le caveau des Gouverneurs.

 

Ici reposent

les cendres

d'un bon français

d'un brave soldat

et

d'un excellent père de famille

Jn. Bte. JOURDAN

Maréchal pair de France

décédé

gouverneur des Invalides

le 23 9bre 1833

 

© D. Timmermans

IV. — JUGEMENT DE NAPOLÉON

D'une lettre envoyée par l'empereur lorsque Jourdan fut remplacé à l'armée d'Italie par Masséna, ce dont il s'était beaucoup plaint :

« Mon cousin, j'ai reçu votre lettre. J'en ai éprouvé de la peine et je partage la vôtre. Je suis on ne peut plus satisfait de voire conduite, et j'ai de vous et de vos talents la meilleure opinion. Si j'ai envoyé Masséna en Italie, c'est en cédant à ma conviction intérieure que dans une guerre chanceuse et dont le théâtre est si loin du secours du gouvernement, il fallait un homme d'une santé plus robuste que la vôtre et qui connût parfaitement la localité.

« Les événements se pressent avec tant de rapidité, qu'il a fallu de telles circonstances pour faire taire toute considération particulière. J'ai dû envoyer en Italie l'homme qui connaît le mieux l'Italie. Depuis la rivière de Gênes jus- qu'à l'Adige, il n'est aucune position que Masséna ne connaisse. S'il faut aller en avant, il a encore un autre avantage : ces contrées agrestes, dont il n'existe pas même de carte à Vienne, lui sont également familières.

« Mon cher général, je conçois que vous devez avoir de la peine, que je vous fais un tort réel ; mais restez persuadé que c'est malgré moi. Si les circonstances eussent été moins urgentes, comme je l’espérais, vous eussiez achevé cet hiver de bien connaître les localités, et ma confiance dans vos talents, dans votre vieille expérience de la guerre, m'eût complètement rassuré. Mais vous connaissez le Rhin, et vous y avez eu des succès. La campagne est aujourd'hui engagée. Dans quinze ou vingt jours les événements nécessiteront de nouvelles formations, et je pourrai vous placer sur ce théâtre que vous connaissez le mieux, et où vous pourrez déployer toute votre bonne volonté.

« Je désire d'apprendre par votre réponse que vous êtes satisfait de cette explication, et que vous ne doutez pas des sentiments que je vous porte. »

A Sainte-Hélène : « En voilà un, dit Napoléon en parlant de Jourdan, que j'ai fort maltraité assurément. J'aurais dû naturellement penser qu'il eût dû m'en vouloir beau- coup. Eh bien ! j'ai appris avec plaisir qu'après ma chute, il est demeuré constamment bien. Il a montré là cette élévation d'âme qui élève et classe les gens. Du reste, Jourdan était un vrai patriote, et c'est une réponse à bien des choses. »

 

ÉTATS DE SERVICE DE JEAN-BAPTISTE JOURDAN
NÉ LE 29 AVRIL 1762, A LIMOGES (HAUTE-VIENNE)

GRADES, CORPS ET DESTINATIONS
Soldat au dépôt de l’île de Ré, 2 avril 1778; incorporé dans le régiment d'Auxerrois, 10 décembre 1778; a servi en Amérique; rentré pour cause de maladie, 1er juillet 1782 ; rentré au régiment d'Auxerrois , 12 novembre 1783 ; réformé, 26 juin 1784; chef du 2e bataillon de la Haute -Vienne , 9 octobre 1791; général de brigade , 27 mai 1793 ; général de division, 30 juillet 1793 ; général en chef de l'armée des Ardennes, 11 septembre 1793 ; général en chef de l'armée du Nord , 22 septembre 1793; général en chef de l'armée de la Moselle, 10 mars 1794 ; général en chef de l'armée de Sambre-et-Meuse, 13 juin 1795; a quitté le commandement de l'armée du Nord pour siéger au Corps législatif, 8 octobre 1796 ; général en chef de l'armée du Danube, 14 octobre 1798, jusqu'au 13 avril 1799; inspecteur général d'infanterie et de cavalerie, 21 janvier 1800 ; administrateur général du Piémont, appelé au Conseil d'État, le' décembre 1802; général en chef de l'armée d'Italie, 25 janvier 1804; maréchal de l'Empire, 19 mai 1804; gouverneur de Naples, 17 mars 1806; :major-général du roi d'Espagne, gouverneur de Madrid, 8 juillet 1811; admis à la retraite (n'a pas eu lieu) , 7 août 1813 ; admis à conserver la moitié de son traitement depuis le jour de la cessation de son service, 26 septembre 1813; commandant supérieur de la 15e division militaire, 30 janvier 1814 ; gouverneur de la 15e division militaire, 21 juin 1814 ; gouverneur de Besançon et commandant supérieur de la 6e division militaire, 3 mai 1815 ; général en chef de l'armée du Rhin , 26 juin 1815 ; privé du gouvernement de la 15e division militaire, 27 décembre 1815 ; gouverneur de la 7e division militaire, 10 janvier 1816; commissaire provisoire au département des affaires étrangères, 3 août 1830 ; gouverneur des Invalides, 11 août 1830. Mort à Paris le 23 novembre 1833.

CAMPAGNES
Amérique du Nord, de la Moselle, de Sambre-et-Meuse, sur le Rhin et de l'Ouest; à Naples et en Espagne.

BLESSURES ET ACTIONS D'ÉCLAT
ARMÉE DU NORD
Bataille de Wattignies, près Maubeuge, les 25 et 26 vendémiaire, an II.
ARMÉE DE LA MOSELLE ET DES ARDENNES
Bataille d'Arlon, le 29 germinal, an II; passage de la Sambre; prise de Charleroi.
ARMÉE DE SAMBRE-ET-MEUSE
Bataille de Fleurus ; affaire de Mont-Saint-Jean; prise de Bruxelles, Louvain, Namur et Liège; affaire de Sprimont, enlèvement du camp de la Chartreuse ; bataille d'Aldenhoven ; prise de Juliers et de Cologne; fuite de l'ennemi au delà du Rhin; passage-du Rhin; prise de Francfort, Bamberg et Rothemberg, etc.

DÉCORATIONS
ORDRE DE LA LÉGION D'HONNEUR

Chevalier, 2 octobre 1803; grand-officier, 14 juin 1804; grand-croix, 2 février 1805.

ORDRES ÉTRANGERS
-Bavière : Saint-Hubert, chevalier, 27 février 1806.

ADDITIONS AUX SERVICES ET DÉCORATIONS
Comte, 1814; pair de France, 1816

 


Texte : d'après de Beauregard, Gérard, Les Maréchaux de Napoléon, Mame, Tours, s.d. (1900).

 

 

Sa ville natale lui a fait l'honneur d'une belle statue, par le sculpteur Robert sur la place... Jourdan. (Ces 3 dernières photos sont à nouveau aimablement communiquées par M. Dominique Contant.)

 

 

AU MARECHAL JOURDAN

 

WATTIGNIES

ARLON

 

FLEURUS

ALDENHOVEN

Il existe une autre statue du Maréchal Jourdan, à Paris, rue de Rivoli, par Muller.

Toute sa vie, il aura espéré, en vain, le titre de duc de Fleurus, et ce n'est que... sous la Restauration qu'il sera officiellement fait comte, lui, le général qui avait sauvé la Révolution !  Cependant, Louis XVIII n'a fait que régulariser une situation qui existait. En effet, nommé pair de France pendant les Cent-Jours, il devenait ipso facto comte de l'Empire, même s'il n'eut les lettres patentes que sous la Restauration.

N'oubliez pas de cliquer sur les photos pour les agrandir !


Collection Hachette : Maréchaux d'Empire, Généraux et figures historiques (Collection de l'auteur)

Retour à la page MARÉCHAUX

Retour à la page d'accueil