Géraud Christophe Michel DUROC, duc de FRIOUL (1772-1813)

 

DU ROC (Géraud-Christophe-Michel), duc de Frioul, général, né à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) le 25 octobre 1772, mort des suites des blessures reçues la veille à Reichenbach-Markersdorf, près de Görlitz (Silésie), le 23 mai 1813.

 

39, rue Saint-Laurent, à Pont-à-Mousson, maison natale de Géraud-Christophe-Michel Duroc.

 

DANS CETTE MAISON
EST NÉ LE 25 OCTOBRE 1772
LE GÉNÉRAL DUROC
DUC DE FRIOUL
GRAND MARÉCHAL DU PALAIS DE NAPOLÉON
TUÉ À REICHENBACH (SAXE) LE 23 MAI 1813
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À NOuS LE SOUVENIR À LUI L’IMMORTALITÉ. 

 

Cadet gentilhomme à l'École militaire de Pont-à-Mousson, février 1789; élève sous-lieutenant d'artillerie à l'École de Châlons, mars 1792; démissionnaire le 22 juillet 1792, sa démission fut acceptée le 31 juillet 1792. Il émigra, puis revint presque aussitôt en France; fut autorisé à rentrer comme élève à l'École de Châlons, 1er mars 1793; lieutenant en 2nd au 4e régiment d'artillerie à pied, 1er juin 1793; à l'armée d'Italie, 1793-1798; servit au siège de Toulon; lieutenant en premier, 18 novembre 1793; capitaine en P, 21 novembre 1794; servit dans l'équipage de pont commandé par Andréossy, mars 1796; puis aide de camp du général Lespinasse; se signala à Primolano, 4 septembre 1796, à Covolo, 12 septembre; aide de camp de Bonaparte, 26 octobre; se signala au passage de l'Isonzo et à la prise de Gradisca, 19 mars 1797; capitaine-commandant, 2 juin 1797; à l'armée d'Orient, 1798-1799; servit à Salahieh, 11 août 1798; chef de bataillon, 15 novembre 1798; monta à l'assaut à Jaffa, 8 mars 1799; chef de brigade, 13 mars 1799; blessé devant Saint-Jean d'Acre, 1" avril 1799; grièvement blessé par un éclat d'obus à Aboukir, 25 juillet 1799; rentra en France avec Bonaparte; servit au 18 brumaire; premier aide de camp de Bonaparte, 17 octobre 1799; partit de Düsseldorf en mission à la cour de Berlin, 27 novembre; en mission secrète à Bâle, 9 février 1800; chef de brigade du 3' régiment d'artillerie à cheval, 14 mars 1800; employé à l'armée de réserve, 1800; servit au passage du Tessin et faillit s'y noyer, 31 mai 1800; servit à Marengo, 14 juin; chargé de missions; passa à Stuttgart le 2 août, puis fut envoyé à Vienne pour porter un ultimatum pour la signature de la paix. En mission à Saint-Pétersbourg, y arriva le .25 mai 1801, puis passa en Danemark, à Copenhague le 12 octobre 1801; général de brigade, 13 octobre 1801; gouverneur (lu palais des Tuileries, 20 novembre; général de division, 27 août 1803; servit au camp de Boulogne, 1803-1805; grand officier du palais de l'Empereur, 10 juillet 1804; grand maréchal du palais, puis grand aigle de la Légion d'honneur, 2 février 1805; grand cordon de l'Aigle Noir, 25 mai 1805; servit à la Grande Armée, en Autriche, Prusse et Pologne, 1805- 1807; remplaça Oudinot blessé comme commandant la division des grenadiers réunis, 17 novembre 1805, et servit en cette qualité à Austerlitz, 2 décembre; négocia le traité de Schönbrunn avec la Prusse, 15 décembre; grand cordon de l'Aigle Rouge et de la Fidélité de Bade; nommé général-major par le roi de Hollande, 30 août 1806; signa à Posen, au nom de l'Empereur, le traité de paix avec le roi de Saxe, 11 décembre; blessé grièvement à l'épaule près de Kutno (Pologne), par suite d'une chute de voiture, causée par le dégel, 17 décembre 1806; porta l'armistice à l'empereur de Russie, 27 juin 1807; duc de Frioul, mai. 1808; signa, à Bayonne, le traité de renonciation du roi Charles IV au trône d'Espagne, 5 mai 1808; accompagna Napoléon à Erfurt, puis en Espagne, septembre-octobre 1808, puis en Allemagne, 1809; à Essling, 21-22 mai, à Wagram, 6 juillet; signa l'armistice de Znaïm, 12 juillet 1809; envoyé par l'Empereur au quartier général de l'archiduc Charles à Budweis, 13 juillet, chevalier de la Couronne de Fer; servit en Russie, 1812; sénateur, 5 avril 1813; suivit l'Empereur en Saxe, en 1813; servit à Lützen, 2 mai, puis à Bautzen, 20-21 mai.

 

Le 22 mai 1813. COMBAT DE REICHENBACH-Markersdorf.

Battus le 21 à Würschen (Bautzen), les alliés se retiraient sur Görlitz, défendant opiniâtrement le terrain toutes les fois qu'ils en trouvaient la possibilité. Napoléon les suivait à l'avant-garde, et les attaquait vivement, dirigeant lui-même les moindres mouvements des troupes. Arrivé sur les hauteurs de Reichenbach, l'ennemi déploya de nombreux bataillons, et garnit son front d'une artillerie formidable. Notre avant-garde l'attaqua d'abord, mais ne put l'entamer avant l'arrivée de nouvelles troupes. Les généraux Lefebvre-Desnouettes et Colbert, commandant les lanciers polonais et les lanciers rouges de la Garde, exécutèrent d'heureuses et de brillantes charges sur la cavalerie de l'ennemi. Le général Latour-Maubourg, avec la cavalerie de l'armée, décida la retraite des alliés, qui, après avoir encore résisté en arrière de Reichenbach sur les hauteurs de Markersdorf, se replièrent sur Görlitz, et la nuit mit fin, de part et d'autre, à un combat meurtrier.

Dans une charge de cavalerie, le général de division Bruguière, dit Bruyère, officier de mérite, eut la jambe emportée, et mourut peu de temps après. 

Le 22 mai, qui avait vu périr le maréchal Lannes, enleva à Napoléon un ami plus cher encore que ne lui avait été le duc de Montebello. Vers les sept heures du soir, un des derniers boulets tirés par l'ennemi rasa de près le duc de Trévise, ouvrit le bas-ventre au général Duroc, et jeta roide mort le général du génie Kirgener. Le général Duroc ne survécut que douze heures à sa blessure. Napoléon fut le voir dans la maison où on l'avait porté, et lui fit ses derniers adieux.[1]

Le général Duroc, duc de Frioul, grand-maréchal du palais de Napoléon, naquit à Pont-à-Mousson, département de la Meurthe, en 1772. Élève sous-lieutenant d'artillerie en 1792 et capitaine en 1795, il était aide-de-camp du général d'artillerie Lespinasse, en 1796, à l'armée d'Italie, lorsque Bonaparte, ayant reconnu en lui d'heureuses qualités, se l'attacha en qualité d'aide-de-camp. Duroc fut cité aux gorges de la Brenta, au passage de l'Isonzo et à la prise de Gradisca. Il suivit Bonaparte en Égypte, fut blessé au siège de Saint-Jean d'Acre, et revint en France avant le 18 brumaire. Ce fut à la suite de cette journée qu'il commença sa carrière diplomatique, dans laquelle il se distingua par une prudence' et une sagacité, qui, chez lui, devançaient l'âge. Le premier consul venait de renverser la république, il avait besoin de la paix pour consolider sa puissance nouvelle. Duroc fut envoyé à Berlin pour entretenir la cour de Prusse dans des sentiments d'amitié envers la France. Il était à Marengo, et peu de temps après il partit pour Vienne chargé de négociations; elles ne réussirent qu'après la bataille de Hohenlinden, qui amena la paix de Lunéville. A la même époque, il fut envoyé à Pétersbourg, pour renouer avec l'empereur Alexandre les liens d'amitié qui avaient uni son père, Paul Ier, au premier consul, et depuis il se montra négociateur habile dans plus d'une circonstance importante.

Aux qualités qui distinguent l'homme public, le général Duroc joignait toutes celles qui font aimer l'homme privé. Officier instruit, bon ami, d'un caractère modeste, doux et affable, il emporta les regrets de tous ses anciens compagnons d'armes, que l'élévation de sa fortune ne lui firent jamais ni méconnaître, ni oublier.

 [1] Voici la conversation entre Napoléon et le général Duroc, que rapporta le Bulletin sur le combat de Reichenbach; « Le duc serra la main de l'empereur, qu'il porta sur ses lèvres. « Toute ma vie, lui dit-il, a été consacrée à votre service, et je ne la regrette que par l'utilité dont elle pouvait vous être encore. — Duroc, il est une autre vie! C'est là que vous irez m'attendre, et que nous nous retrouverons un jour! — Oui, sire, mais ce sera dans trente ans, quand vous aurez triomphé de tous vos ennemis et réalisé toutes les espérances de notre patrie. J'ai vécu en honnête homme; je ne me reproche rien. Je laisse une fille. Votre Majesté lui servira de père. L'Empereur serrant la main du grand-maréchal, resta un quart d'heure dans le plus profond silence; le grand-maréchal le rompit : « Ah ! Sire, allez-vous-en ; cet aspect vous peine ! » L'empereur quitta le duc de Frioul sans pouvoir lui dire autre chose que ces mots : « Adieu donc, mon ami. »

Extrait de Éphémérides militaires depuis 1792 jusqu'en 1815, ou Anniversaires de la valeur française. Mai. par une société de militaires et de gens de lettres, 1818 Pillet aîné (Paris) 1818-1820.
Nous avons modernisé l'orthographe et les noms des lieux, ainsi que quelques autres éléments trop datés de l'époque.

 

Il fut frappé mortellement au bas-ventre par un boulet qui ricocha dans un chemin creux, en tuant le général Kirgener, 22 mai 1813; mourut après une courte entrevue .avec l'Empereur. Avait épousé Mlle Hervas. Le nom du général Duroc est inscrit au côté Est de l'Arc de Triomphe de l'Etoile.


Markersdorf. Lieu où fut mortellement touché le général Duroc.

 

La pierre marquant l'endroit où Duroc et Kirgener furent touchés par le même boulet, aux côtés de l'Empereur, à Markersdorf, le 22 mai 1813, lors de la poursuite après la bataille de Bautzen.

Autre vue du même endroit. La pierre est sous l'arbre du fond, à gauche de la route.

Le général du génie Kirgener fut tué sur le coup, mais Duroc fut emporté dans cette ferme de Hanspach (Hanspaches Gut) toute proche, où il agonisa jusqu'au lendemain. L'Empereur vint le visiter et fut très affecté.

Voici le bâtiment où Duroc est mort le 23 mai. Il s'agit de la pièce au rez-de-chaussée, à droite. A droite, une représentation de la viste de l'Empereur à son ami mourant.  Napoléon offrit une forte somme au curé du village pour faire ériger un monument digne de son ami, mais les alliés confisquèrent la somme.

1813 N 1996

 

 

 

 

À la mémoire du Grand-Maréchal du Palais DUROC

décédé le 23 mai vers 10 heures du matin des

suites de ses blessures reçues la veille.

Ceci fit qu'on dut attendre de longues années avant qu'un monument ne commémore le tragique incident.

 

Le corps de Duroc fut emmené à Görlitz et embaumé dans cette maison,Brüderstrasse 3.

 

Le Grand-Maréchal Duroc repose maintenant aux côtés de son ami, face à Bertrand.

 

Sa statue par Perron, rue de Rivoli.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La sépulture de la famille Duroc à Pont-à-Mousson est également le carditaphe du général.

 

 

 

 


Collection Hachette : Maréchaux d'Empire, Généraux et figures historiques (Collection de l'auteur)

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