Antoine-François Andréossy

Castelnaudary (Aude) 1761 – 1828 Castelnaudary (Aude)

Comte de l'Empire - général de division

 

D'or au chêne à quatre branches d'azur, surmonté d'une étoile de gueules ;
au franc-quartier des comtes militaires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Descendant d'un écuyer originaire du duché de Lucques, qui s'établit au XVIIème siècle à Castelnaudary, Antoine-François ANDREOSSY y naquit le 6 mars 1761, au numéro 2 de ce qui est maintenant la rue Andréossy.

 

 

Il entra au service, en qualité de lieutenant d'artillerie, en 1781; fit la guerre de Hollande, en 1787, et y fut fait prisonnier par les Prussiens, puis échangé. Sa naissance, sa position, ses connaissances, ne lui procurèrent pas un avancement très rapide.  L'an 1795, il fut employé dans son arme, en Italie, en qualité de chef de bataillon, sous le général en chef Kellermann, et il fut l'un des 4 officiers chargés, au mois de juillet, de faire une reconnaissance générale dans ces montagnes escarpées; opération dont le succès fut loué publiquement, pour les difficultés sans nombre qu'elle présentait à chaque pas.

Il concourut aux opérations de l'armée d'Italie, sous le général en chef Bonaparte et, le 6 mai 1796, il contribua à arrêter sur le Pô, près de Plaisance, un convoi chargé de riz, d'officiers, de 500 malades, et de toute la pharmacie de l'armée autrichienne. Employé au siège de Mantoue, Bonaparte le choisit, le 30 messidor an IV (le 18 juillet 1796) pour commander cinq chaloupes canonnières (1) qui, simulant une fausse attaque contre Mantoue, devaient attirer sur elles tout le feu de la place, pendant que Murat et Dallemagne dirigeraient la véritable attaque sur d'autres points. Tout réussit comme on l'avait prévu.  Andréossy resta immobile sous le feu de toutes les batteries, et la place fut emportée d'un autre côté.


La bataille du Pont d’Arcole, les 15-17 novembre 1796, par le général (alors capitaine) baron Louis Albert Guislain Bacler d'Albe.
De droite à gauche : Bonaparte recevant la nouvelle du succès de l’assaut de la 32e demi-brigade (corps d’Augereau), Berthier chef d’état-major ordonnant de faire soigner les blessés, le général Robert, ancien de la prise de la Bastille, blessé à mort et, à gauche sur la jetée, Masséna repartant à l’assaut. Au centre, le pont de bateaux construit par les pontonniers d’Andréossy, écroulé à plusieurs reprises. Dans le lointain, Arcole en flammes, avec le fameux pont si durement défendu par les Croates de l’armée autrichienne, ainsi que les troupes d’Augereau achevant de repousser l’ennemi. Dans le fond, la retraite autrichienne. D'après le livret du Salon de 1804.

L'an 1797, il se distingua, le 19 mars, lors du passage de l'Isonzo, et dans toutes les opérations qui suivirent ce passage.

Nommé chef de brigade, il continua à se distinguer de telle manière, que Bonaparte, frappé de son intelligence et de son courage, se l'attacha particulièrement. Andréossy vint à Paris, au mois de décembre, accompagné du général Joubert, conjointement avec lequel il était chargé de présenter au directoire exécutif le drapeau que le corps législatif avait décerné à l'armée d'Italie, et sur lequel des inscriptions rappelaient les principaux exploits de cette armée; il prononça un discours éloquent, auquel le président répondit en louant d'une manière honorable les talents et la conduite militaire de cet officier (2) Lorsque le directoire ordonna les préparatifs d'une descente en Angleterre, il fut choisi, le 14 mars 1798, pour être l'un des 4 membres de la commission do marine destinée à l'organisation et à l'armement des troupes.

Le 24 ventôse an VI, il fit partie de la commission de la marine chargée d'organiser une descente en Angleterre.

Ce projet ayant avorté, il suivit Bonaparte en Égypte, en qualité de général de brigade; dirigea avec succès la flottille française opposée à celle des Arabes, sur le Nil, en face de Chebreiss ; y soutint un combat meurtrier, le 15 juillet ; et avec les équipages de quelques-uns de ses bâtiments coulés bas ou dégréés, il se porta sur Chebreiss, et s'en rendit maître. Il fut nommé membre de l'institut (classe de mathématiques), que Bonaparte créa, le 21 août, au Caire; et eu cette qualité, il fut chargé de plusieurs missions importantes, entre autres de reconnaître et de sonder les rades de Damiette, de Bougasie, du cap Bouger, l'embouchure du Nil , le lac de Menzaleh et la vallée de Natron.   La relation qu'il fit de cette expédition est une des plus curieuses des mémoires de l'Institut. Le 16 septembre, il prit part au combat de Schouara, et la prise de ce village, qui fut livré aux flammes. Le 4 septembre, poursuivant le cours de ses observations sur le bogaz de Dibeb, avec une flottille de 16 djermes, dont trois armées chacune d'un canon, il fut atteint par une flottille ennemie de plus de 100 barques, qui l'attaqua par une vive fusillade; mais les bonnes dispositions qu'il sut prendre, et la résistance vigoureuse qu'il opposa aux Arabes, les étonnèrent, et ils disparurent pendant la nuit.  Bonaparte étant parti du Caire, le 18 août 1799 Andréossy le suivit en France, où il arriva le 9 octobre, et le seconda efficacement dans la journée du 18 brumaire  et le général Bonaparte le nomma, le 15 nivôse an VIIIl (5 janvier 1800), général de division, chef de la 3e division du ministère, commandant de l'artillerie de Strasbourg, et plus tard de celle de Mayence.

Devenu chef de l'état-major de l'armée Gallo-Batave, il rendit compte d'une action meurtrière qui eut lieu, le 18 décembre 1800, entre Lauffenbourg et Marienberg, et dans laquelle l'ennemi , quoique supérieur en nombre, avait été repoussé avec perte. Lors de la paix de Lunéville, en février 1800, le général Andréossy fut chargé d'arrêter les bases du plan général de défense sur la rive gauche du Rhin, et fut nommé directeur-général du dépôt de la guerre, le 10 août; lors du traité d'Amiens, il fut nommé ambassadeur en Angleterre,

En l'an XII il fut nommé membre de la Légion d'honneur, puis grand officier de l'ordre.

A son retour d'Angleterre, il fut nommé inspecteur général de l'artillerie et commandeur de la Couronne.

Il fit la campagne de 1805, et resta à Vienne jusqu'à la paix comme ministre plénipotentiaire.

Le 1er septembre 1806, il fut nommé président du collège électoral du département de l'Aude,  et fut candidat au Sénat, qui ne l'admit pas dans son sein.  Pour le consoler de cet échec, l'Empereur le nomma comte de l'Empire par lettres patentes du 24 février 1809.

 

Au mois de novembre suivant, il fut finalement élu candidat au sénat; fut nommé ambassadeur auprès de l'empereur d'Allemagne, lors de la paix de Presbourg, et on lui conféra le gouvernement de Vienne, le 10 mai 1809, après la bataille d'Aspern-Essling.

 

Il fut créé Grand-Aigle de l'ordre de la Légion d'honneur, le 14 août de la même année. Appelé au Conseil d'état, au mois de février 1810, il fut nommé, peu de temps après, Grand-Chancelier de l'ordre des Trois-Toisons d'or, et commandeur de l'ordre de la Couronne-de-Fer, et envoyé, en 1812, ambassadeur auprès de la Porte Ottomane, où il défendit les intérêts de la France, contre les agents de la coalition de 1815. Après la restauration, il fut nommé chevalier de Saint-Louis, le 13 août 1814, et fut remplacé dans son ambassade, au mois de novembre, par le marquis de Rivière.  Il avait recueilli de nombreux mémoires qui donnèrent lieu aux mémoires communiqués à l'Institut.

Louis XVIII anoblit le comte Andréossy et le décora de la croix de Saint-Louis.

Lors des événements du mois de mars 1815, il signa, en qualité de conseiller d'Etat, la délibération du 25, et fut l'un des membres de la commission chargée de faire les rapports, sur la déclaration des plénipotentiaires, au congrès de Vienne. Nommé pair de France, le 2 juin, par l'Empereur, le 23 du même mois, la commission du gouvernement lui conféra le commandement de la 1ère division militaire. Le 25 juin, il fit partie de la commission chargée de faire un rapport sur la loi concernant les mesures de sûreté générale, et le 27, il fut nommé l'un des commissaires chargés d'aller proposer un armistice aux généraux alliés. Parvenu au quartier-général du duc de Wellington, il insista, dès la première entrevue, pour le rappel immédiat de S. M. Louis XVIII; mais M. de Flaugergues, revêtu des mêmes pouvoirs, s'y opposa fortement, et fit échouer toute négociation. Le comte d'Andréossy a publié sur l'Égypte -un grand nombre d'ouvrages et de mémoires fort estimés. (Moniteur, annales du temps.)Au 20 mars, il se rallia à Napoléon. Président du conseil de guerre, membre du conseil d'État, il signa la fameuse délibération du 25 mars, et fut chargé du rapport sur la déclaration du congrès de Vienne. L'Empereur le fit pair de France le 2 juin, et le gouvernement provisoire le nomma commandant de la première division' militaire. Le 26 juin, il fut un des commissaires chargés d'aller proposer un armistice à Wellington, et seul il demanda le rappel de Louis XVIII.

Le 23 janvier1821, le comte Andréossy fut nommé directeur général des subsistances militaires et en 1823, il fut élu académicien libre à l'Académie des Sciences. En 1827, il devint député de Castelnaudary

Il est mort le 10 - et non le 13 - septembre 1828 à Montauban, d'une fièvre cérébrale.

Son nom a été inscrit sur l'Arc de Triomphe de l'Étoile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Antoine-François ANDREOSSY habita également au 43 de la rue de l'Hôpital à Castelnaudary,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES RESTES MORTELS
D’ANTOINE-FRANÇOIS COMTE D’ANDRÉOSSY
LIEUTENANT GÉNÉRAL D’ARTILLERIE
COMMANDEUR DE L’ORDRE DE ST LOUIS
GRAND CROIX DE LA LÉGION D’HONNEUR
NÉ À CASTELNAUDARY LE 6 MARS 1761
DÉCÉDÉ LE 13 SEPTEMBRE 1828
SONT DÉPOSÉS SOUS CE MONUMENT
ÉLEVÉ PAR LA PIÉTÉ DE SA FEMME ET DE SON FILS
ET PAR L’ESTIME DE SES CONCITOYENS

 

On notera l'erreur dans la mention de la date, il est mort le 10 septembre 1828, et non le 13.

 

 

 

 1. Éloge de ses talents militaires par le général en chef, dans son rapport du 22 juillet.

.2. Moniteur du 12 décembre 1797.

D'après:

Courcelles (Chevalier de), "Dictionnaire historique et biographique des généraux français; depuis le 11e siècle jusqu'en1821", 9 tomes, 1820-1823

MULLIé, C.,  Biographie des Célébrités militaires des armées de Terre et de Mer de 1789 à 1850, Poignavant et Compie, Editeurs, Paris, s.d..

Moniteur, Annales du temps...


Collection Hachette : Maréchaux d'Empire, Généraux et figures historiques (Collection de l'auteur)

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